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Magritte, Rubens, Boule et Bill… Un week-end culturel au centre de Bruxelles

  |   Atlantico Grand Large, Belgique, Europe

Qu’on y trouve Magritte, des beaux-arts ou de la bande dessinée, Bruxelles regorge de musées d’exception. Tout ce qu’il faut pour un idéal weekend culturel.

 

Article paru dans atlantico.fr le 11 octobre 2014

 

Atlantico-grand-large-bruxelles-1Jeté dans le centre de Bruxelles, on pense pendant un temps avoir perdu le sens de l’orientation. Où qu’il se pose, le regard lit le mot « musée ». Un condensé artistique très pratique. Quel luxe d’avoir tout à portée de main, pour ne pas dire à portée de pied. En arrivant depuis la Gare Centrale, on peut commencer par explorer le musée BOZAR, avant de pénétrer la façade néoclassique du Musée des instruments de musique, d’explorer les collections de peintures flamandes conservées au Musée royal des Beaux-Arts et de se diriger vers le Centre belge de la bande-dessinée, rebaptisé, la semaine du 29 septembre, le Musée de le bande dessinée. Une actu brûlante sur laquelle on se rue sans hésiter.

 

 

 

L’exposition Rubens vient tout juste d’ouvrir ses portes et elle est déjà comble. Les chaises en métal quadrillées, postées par groupes de six dans chaque salle, sont toutes occupées. On a envie de rester planté des heures entières devant certains tableaux tant ils sont beaux. Il n’y a pas d’autre mot. Bien sûr, la beauté est relative et, si l’on n’en prête aucune à la collection déployée, on ne saurait nier la vitalité émanant de la majorité des scènes de chasse présentes, un genre qu’inaugure le maître flamand à l’attention d’une clientèle aisée. Toutefois, le tour de force de « Rubens. Sensation et sensualité » réside dans la confrontation d’œuvres d’époques et d’humeurs différentes. Qui s’attendrait à trouver, au milieu de nus nordiques, une toile d’Émile Bernard, impressionniste méconnu quoique actuellement exposé à l’Orangerie ?

 

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Afin de maintenir un certain équilibre, on tâche d’alterner art moderne et art classique. Cap sur le Centre belge de la bande dessinée que Morris, le père de Lucky Luke, baptise neuvième art dans les années 1960. Avec son large escalier encadré de ferronneries, cet ancien magasin de tissus peut servir de point de départ à une visite « Art Nouveau » de la ville. Passés le « musée de l’imaginaire » dévolu à Tintin et Milou – alias Bobbie en néerlandais, le second étage découpé en autant références picturales que de quartiers bruxellois, les sculptures de Schtroumpfs, Boule, Bill et Spirou, on rejoint la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, quasiment collée à la Banque nationale. Dans la famille « Art Nouveau », l’Autrique House et l’ancienne maison de Paul Cauchie constituent une bonne pioche. Les volutes végétales de la première, marque de fabrique de Victor Horta, son créateur, contrastent avec les formes géométriques structurant la seconde demeure. Toutes deux classées monuments historiques, ces adresses représentent deux styles différents au sein d’un même courant. Le temps est au beau fixe. Idéal pour prendre quelques photos. On marche sans rechigner.

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Retour à la case départ. Reste le Musée Magritte. Un écriteau mène à une autre légende, puis à un troisième cartel, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on atterrisse dans une rue percée par une triple ou quadruple entrée. En effet, les musées ne sont pas concentrés, pour la plupart, dans un quartier mais à plus forte raison dans un même bâtiment. Entre les sculptures du XVIIIe siècle et les fresques murales, on a du mal à imaginer que s’étagent trois galeries consacrées aux œuvres du surréaliste belge le plus connu au monde. Et pourtant, la rêverie commence au bas des escalators à l’amorce tactile. L’obscurité des salles se justifie par la clarté de toiles faussement naïves. Publicitaire de formation, Magritte a l’habitude de tracer des lignes sans trembler et de colorer des fonds avec une régularité surprenante. Certains de css tableaux ressemblent à des collages tant les contrastes y sont travaillés. Quand bien même ses motifs sont nets, leur association tend à créer un univers extraordinaire. En d’autres termes, le détournement, chez Magritte, ne passe pas par la distorsion des formes mais par celle des conventions. On cherche sa toile la plus emblématique, en vain. Le « Ceci n’est pas une pipe » bruxellois -l’icône est déclinée en plusieurs versions- se trouve entre les mains de l’Art Institution de Chicago, qui dédiait cet été encore une rétrospective à ce génie de la peinture. Avis à ceux qui y ont mis les pieds, nombreux sont les emprunts à la scénographie américaine. La couleur des murs, les cloisons qui se succèdent à l’instar de clichés photographiques…

 

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Plus bas, le quartier Louise, quartier chic qui a donné son nom à plusieurs hôtels. On s’arrête devant un stand bariolé, proposant environ vingt variétés de gaufres. Sacrilège ! L’estampille « liégeoises » indique qu’elles sont caramélisées. La chasse aux véritables gaufres belges peut commencer, entre antiquaires, grandes marques et façades Art Déco. Parfait pour la digestion !