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L’art de Chicago en privé

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Visite privée de l’Art Institute de Chicago

 

Consultez notre chronique sur Chicago dans Atlantico.fr
 

Chicago est un pôle culturel très développé, surtout en été. D’un point de vue artistique, musical, ou dramatique, on reste rarement sur sa faim, au point que le vrai challenge consiste à cibler son champ d’activités. Visiter l’Art Institute, le musée des beaux-arts de la ville, par exemple, est une chose ; mais le visiter en compagnie d’un de ses conservateurs, en est une autre. On se détourne de l’aile contemporaine, située sur Monroe, pour se concentrer sur des chefs-d’œuvre dits plus « classiques », et absorber l’histoire de ce site exceptionnel. Une visite privéliégiée, point d’orgue d’un beau voyage sur mesure à Chicago. 

 

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Au Louvre, « l’entrée des lions » se trouve sous une arcade coupée du Carrousel. À l’inverse, les deux fauves de l’Art Institute trônent en évidence sur Michigan Avenue, l’une des plus grandes artères de Chicago. Sauf que ce n’est pas par-là que l’on rentre. Il faut longer le bâtiment sur la droite jusqu’au parc adjacent. On s’engouffre dans E. Jackson Street, la « petite » rue – tout est relatif aux Etats-Unis.– divisant le paisible espace vert en deux. En haut de cinq marches, enfin, l’entrée pour les visites privées, où nous attend la conservatrice. 

 

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A peine entré, on se voit rejoint par une femme d’une soixantaine d’années, la peau étonnamment lisse et surtout fendue d’un large sourire d’hôtesse de l’air. Pas de doute, on est bien en Amérique, le pays où les gens sont aussi accueillants qu’ils vouent un culte à la jeunesse. Bercé par les explications de cette Jane Fonda de l’art, on se met doucement en branle. Il est huit heures trente, le musée ouvre ses portes au public dans une heure et demi.

 

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Deux heures plus tard, on aurait pénétré un open space bruyant et désordonnée ; il n’en est rien. Par une une série de détours, on accède directement à l’étage dévolu aux XIXe et XXe siècles, le département des toiles impressionnistes. Pourquoi commencer par-là ? Parce qu’il est rare qu’il soit complet. « Nous sommes un musée « prêteur », de même qu’Orsay avec qui nous entretenons un partenariat spécial ». Un partenariat que dénonce l’exposition temporaire aujourd’hui enclose dans les murs de l’Art Institute. Ainsi que le suggère son nom, Renoir’s True Colors adopte un angle scientifique dans la mesure où il s’agit de rapporter les résultats de longues recherches menées sur Le Portrait de Madame Léon Clapisson. En ôtant le cadre, les restaurateurs du musée se sont rendu compte d’un fort contraste entre l’intensité du rouge appliqué à la périphérie de la toile et la fadeur des teintes centrales, faussant clairement l’intention originelle de l’artiste. Au-delà de cette découverte, racontée à foison dans les cartels, d’autres toiles du peintre attendent les amateurs du pointillisme.

 

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Il est dix heures. Les ailes de l’Art Institue s’emplissent doucement de visiteurs. Chacun sa route. On salue le guide devant un Berthe Morisot de toute beauté. Le regard plongée dans la nuque d’une Femme à sa toilette (1875-80), on se dit que l’on peut tout même se sentir chez soi, même de l’autre côté de l’Atlantique.