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Asie Centrale, découvrez le Kazakhstan

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Un Kazakhstan, deux capitales : Almaty et Astana. Culture, architecture, et loisirs haut de gamme

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Ses steppes furent jadis foulées par les destriers des cavaliers nomades. Visité plus tard par les marchands européens et les conquérants mongols, il a fait partie de l’Empire russe et de l’URSS. Plus grand pays de l’Asie Centrale, le Kazakhstan est indépendant depuis 1991. Une histoire encore jeune et récemment bouleversée par le déplacement de la capitale, en 1997, d’Almaty à Astana. Un pays, deux capitales, deux styles. Le parfait voyage sur-mesure.

 

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Dès le Moyen-âge, la région d’Almaty, dans le sud du Kazakhstan, est un des centres de commerce, d’artisanat et d’agriculture de la route de la soie. La ville continue de prendre de l’importance en 1854 avec la construction du fort russe de Verny. A la fin du XIXe siècle, Verny devient terre d’exil des déportés politiques, qui transforment la région en centre du mouvement social-démocrate. En 1921, elle est rebaptisée Alma-Ata et en 1929 devient capitale du Kazakhstan. Le statut lui est accordé pour la seconde fois en 1991, après la fin du bloc soviétique. C’est d’ailleurs là qu’est signé, la même année, l’acte de décès de l’URSS. Deux ans plus tard, la ville prend son patronyme actuel d’Almaty.

 

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Plus grande ville du pays, Almaty est aussi un important centre économique, scientifique et culturel, où les découvertes ne manquent pas, à commencer par l’originalité de l’architecture. Les édifices modernes sont nombreux et géométriques, emmenés par le cylindrique Palais des mariages ou le parallélépipédique Palais des sports. Dans un autre genre, l’ancienne cathédrale orthodoxe, avec sa tour de 56 mètres, est l’une des plus hautes constructions de bois du monde. Pour l’anecdote, sa construction n’a nécessité aucun clou. Ville d’histoire, Almaty compte aussi quelques musées, parmi lesquels le musée central, qui retrace toute l’histoire du pays, ou l’étonnant musée des instruments de musique. Le jardin municipal de Vierny, avec ses chameaux et ses 2 000 espèces de plantes, témoigne quant à lui de la richesse naturelle de la région. Un peu excentré de la ville, la colline de Kok Tobe, lieu de promenade d’exception accessible en funiculaire, domine majestueusement la vallée. Enfin, un passage à Almaty comprend forcément une excursion à Medeo, la patinoire la plus haute du monde (1 691 m).

 

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En 1994, le président Noursoultan Nazarbayev décide le déplacement de la capitale vers Astana, à 1 200 km au nord. Effectif dès 1997, les raisons invoquées sont autant économiques (le déplacement de la capitale est synonyme d’une politique de grands travaux), géographiques (Almaty repose sur une zone sismique et la présence de montagnes gêne son développement) que géopolitiques (le nord du Kazakhstan est sous dominante russe et un projet de rattachement de la région à la Russie commence à émerger ; Almaty, excentrée du reste du pays, est proche de la Chine et trop exposée aux troubles internationaux).  Quinze ans plus tard, la main a toujours du mal à passer, de très nombreuses entreprises et ambassades préférant rester dans le sud. Toute considération économique et politique à part, le climat n’y est pas étranger : Almaty est réputée pour sa douceur, alors qu’Astana subit six mois de gel par an.

Pour autant, la création d’une nouvelle capitale dans le nord du pays a permit a de nombreux projets architecturaux de voir le jour. Heureusement, car l’architecture de la période présoviétique est rare. Seuls l’ambassade d’Ukraine et le théâtre de Gorki témoignent d’une époque où les bâtiments ne se résumaient pas à de gros cubes uniformes et insipides. A l’inverse, l’architecture postsoviétique, bien plus folle, est devenue l’une des principales attractions de la ville.

 

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Cette transformation est due en grande partie à un architecte anglais, Norman Forster, père, entre autres, du Viaduc de Millau. À Astana, il a commencé par dessiner le Palais de la paix et de la réconciliation. Une pyramide de 62 mètres de haut, trône étonnant au cœur des steppes d’Asie Centrale, dédiée « au rassemblement des religions du monde ». Inaugurée en 2006, elle héberge quatre lieux de culte pour le judaïsme, l’islam, le christianisme et le bouddhisme, ainsi qu’un centre des groupes ethniques, une université des civilisations et un opéra.

 

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C’est également Norman Foster que l’on doit la tour de Bayterek. Un édifice haut de 97 mètres, pour 1997, année de transfert de la capitale. Surmontée d’une gigantesque boule d’or, la tour dispose d’une salle panoramique dominant la ville. Le président y a fait poser l’empreinte de sa main, donnant tout droit sur le palais présidentiel. La « maison blanche » du Kazakhstan fait justement partie des folies architecturales de la ville, au même titre que la mosquée Nur-Astana, les deux tours jumelles dorées, l’arche Kay Munay Gaz ou même le parlement.

 

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Pas de quoi effrayer Norman Foster, qui reste dans le coin et travaille sur d’autres projets inédits. Son dernier ouvrage en date,  Khan Shatyr, a ouvert en 2010. Ce centre de loisirs de 123 000 m² et 195 mètres de haut est souvent considéré comme la plus grande tente du monde. Et à côté de ces folies architecturales, shopping, restos et nightlife, font également le bonheur des visiteurs.

 

Dans un pays si ancien et nouveau à la fois, avec une ex-capitale pleine d’histoire et une nouvelle tournée vers l’avenir, visiter les villes du Kazakhstan devient un voyage de luxe passionnant et insolite.

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