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Visite privée du St. Pancras Renaissance Hotel, à Londres

  |   Angleterre, Europe

Le guide nous attend dans le hall d’entrée, autrefois appelé Hansom Road. C’était l’ancienne station de taxis de St. Pancras International. L’hôtel du même nom fait partie intégrante de la gare. Pourquoi « Renaissance » ? Parce que son histoire oscille entre menaces de fermeture et différentes phases de reconstruction. Il suffit de regarder le tourniquet (emprunt aux États-Unis) pour pouvoir apprécier la variété de matériaux utilisés. La colonne en pierre qui soutient un mur de briques est surmontée de gargouilles supportant elles-mêmes le poids d’un balcon en granite. Cette riche association de matières cache en réalité une structure en acier.

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La visite du rez-de-chaussée se poursuit dans le bar qui jouxte le restaurant gastronomique de l’hôtel. Les remarques quant à la luxuriance des fresques qui ornent le plafond s’accompagnent d’un point historique sur l’ensemble de l’établissement. Tout part de la révolution industrielle. La Midland Company cherchait à relier Londres à plusieurs grandes villes anglaises. De part et d’autre du cinq étoiles se trouvaient King’s Cross et Euston, et derrière l’actuelle réception, le Regent’s Canal. Pourquoi St. Pancras ? C’est le Saint Patron des enfants. L’actuelle gare campe sur un cimetière qui était réservé aux églises alentour. Son ouverture date de 1868. Son architecture est due à Sir George Gilbert Scott. « Son père était pasteur. C’est pourquoi on a tant l’impression d’occuper une église ». D’où la présence d’arcs gothiques aux quatre coins de l’établissement, entre autres.

 

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On passe devant l’un des premiers ascenseurs hydrauliques d’Angleterre (emprunt à la France), aujourd’hui utilisé comme monte-charge, pour rejoindre l’escalier principal. Après avoir été le numéro 1 des hôtels londoniens pendant près de vingt-cinq ans, le St. Pancras Renaissance a dû faire face à la concurrence, forte de toilettes privées (à la place de pots de chambre), sans parler de l’électricité. Au lieu d’une remise aux normes, qui était au-dessus de ses moyens, la compagnie ferroviaire propriétaire transforma le palace en bureaux. C’était en 1935. Une cinquantaine d’années plus tard, le site échappa à la démolition, grâce à quelques intellectuels anglais protestataires.

 

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Petite halte au premier où trône, dans un renfoncement circulaire, une allégorie de l’amour courtois. Tout au bout, à droite, une salle de réception autrefois dévolue aux femmes de la haute société anglaise. Nous voilà au sommet, au neuvième étage, c’est-à-dire à 82 mètres « d’altitude ». L’occasion de regarder le blason qui représente l’union des six régions reliées par la gare. Une cascade de dorures et de motifs fleuris dévalent jusqu’au sous-sol où s’ensuit la découverte du spa, de la salle de sport et… et… de la piscine chauffée de l’hôtel.

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Il est temps de regagner ses appartements. Le cinq étoiles compte 245 chambres et suites au total. On s’arrête en chemin pour regarder ce qui se trame en contrebas. La première fenêtre rend compte des allées et venues de la clientèle. Quel trafic dans ce hall d’entrée ! Avec un peu d’imagination, on on aurait vite fait de se croire dans le hall de gare adjacent. Quelques mètres plus loin, on se trouve au premier rang des arrivées et des départs. Vue sur le quai. Le bruit en moins et ce, grâce au double vitrage. Quel spectacle ! Manque le popcorn. Ou plutôt, le porc aux éclats de pommes et boudin.