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Vestiges et luxe de l’Italie

  |   Atlantico Grand Large, Europe, Iles & Littoral, Italie

 

Au sud de Naples, la côte amalfitaine. Tristement célèbre pour avoir vu le Vésuve détruire Pompéi et Herculanum, mais très prisée pour son panorama et ses hôtels de grand luxe.

 

Article publié sur Atlantico.fr le 9 mai 2015

 

Il en a causé des dégâts, le Vésuve, en 79 ap. J.-C ! C’est la date qu’a choisie ce volcan pour s’éveiller et engloutir une grappe de cités romaines, toutes concentrées autour de Naples et entrées au patrimoine mondiale de l’UNESCO, en 1997. Parmi les sites à explorer, Herculanum et Pompéi. Leur visite n’aurait jamais été possible sans les fouilles entreprises aux XVIIe et XVIIIe siècles. Cette initiative a permis d’exhumer le tandem englouti sous de nombreuses couches de lave, de cendres et de pierres. Un flash back chez les Romains qui donne aussi l’opportunité de longer la légendaire côte amalfitaine. Pourquoi s’en priver ?

 

Herculaneum

 

À une demi-heure de Naples, Herculanum s’étend sur près de 12 hectares dont environ le tiers, en bord de mer, a été exhumé. Ses vestiges donnent un aperçu de ce que pouvait être le mode de vie des Romains au Ier siècle ap. J.-C.. La visite est d’autant plus exclusive qu’en partie menée par le responsable de la conservation. Passées les présentations, par l’intermédiaire du guide, l’exploration débute dans des allées relativement dégagées. Les riverains tenaient à ce que leurs routes soient parfaitement tracées. Ce constat amène à la description générale du site, lequel se compose apparemment de huit îlots rectangulaires, numérotés dans le sens inverse des aiguilles d’une montre à partir du nord-ouest. La plupart des thermes sont peints et recouverts de marbre. Certaines chambres sont si délabrées qu’elles ne laissent pénétrer aucun rayon de lumière. Dans l’obscurité, surgit alors une statue plus ou moins bien préservée. Au milieu d’un des atriums parcourus trône un buste d’Apollon, par exemple.

 

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Au fil de la promenade, on remarque deux présences incommodantes. À la pollution engendrée par une colonie de pigeons se conjugue une terrifiante illusion. Les cavités constitutives d’Herculanum offrent un terrain propice aux niches d’oiseaux dont les excréments corrodent les murs et les œuvres d’art en cours de restauration. Une engeance pour les conservateurs ! Quid des statues jonchant les galeries ? Celles-ci ont pourtant l’air en parfait état. Erreur (errare humanum est, comme diraient les Romains) ! Ce ne sont pas des sculptures mais des moulages de cadavres, pour la plupart d’un réalisme déconcertant. À côté, des ossements encore à découvert ajoutent à l’effroi de cette vision. Le drame de 79 devient palpable. Quand on pense que les deux tiers d’Herculanum, les nécropoles, les temples, demeurent ensevelis.

 

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Non loin de là – à une vingtaine de kilomètres -, Pompéi représente un concurrent redoutable en termes de fréquentation. Deux millions de visiteurs y transitaient en 1997, tandis qu’Herculanum n’en recevait que le dixième. La queue qui s’étire depuis l’entrée accuse la pérennité de cet écart. Pompéi est l’escale nodale de maintes croisières. Si les voyagistes lui donnent toujours la priorité, c’est sûrement parce que le site est plus grand (98 ha), plus proche de Naples, et qu’il a été découvert le premier, au XVIIe siècle. Sésame : braver la foule en compagnie d’un archéologue disposé à trahir le secret de ses recherches. Ici, la végétation est plus luxuriante qu’à Herculanum. Le chant des cigales perce le brouhaha ambiant. De même, dans l’Antiquité, les rues fourmillaient de passants. Les dalles au sol ne présentent que peu de dénivellations. Des sillons marquent la plupart des chaussées. Ils auraient été creusés pour accueillir les roues de divers véhicules et, par là-même, faciliter la circulation. Clous et trottoirs sont surélevés notamment parce que les allées étaient des plus boueuses.

 

Ruins of ancient town Pompeii in Italy

 

Autre obstacle sur la route, un épais tuyau de plomb sur lequel on manque de trébucher. C’est l’un des plus long (96 km) aqueducs de la péninsule italienne. De l’eau ne serait pas de refus. La chaleur ne s’atténue guère au fil des heures. Passage au frigadarium où les Romains allaient se rafraîchir. À côté se trouvait un bassin d’eau tiède, jouxtant lui-même le caldarium (60°C), l’ancêtre de sauna-hammam. On quitte cette ancienne piscine publique pour rejoindre le palestre, gymnase où s’entraînaient les athlètes. À ne pas confondre avec l’arène circulaire où se tenaient des combats de gladiateurs. Sur une paroi écornée ressort une série de chiffres romains. C’est là que le boulanger consignait ses comptes. On passe ensuite devant une rangée de trous bordés de terre cuite, où logeaient céréales, vins, soupes… L’ensemble désigne l’emplacement d’un thermopolium, l’équivalent d’un fast food. Un peu plus loin, se tient la Maison de Ménandre, l’une des plus grandes et des plus riches à l’époque. On la surnomme la « maison argenterie » au vu des 118 pièces qu’y ont été découvertes, en 1930. Ses murs arborent des fresques rouge-orangé presque intactes. Le bassin de l’atrium recueillait pluie et lumière. Régnait à Pompéi une telle méfiance envers les voleurs que les riches propriétaires n’osaient ouvrir leurs fenêtres. De colonnade en colonnade, l’on parvient progressivement à la sortie.

 

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Il est temps de se concentrer sur le paysage. La côte amalfitaine se dévoile progressivement à travers la vitre de la voiture. Le regard perdu dans cet infini de bleu, on remarque que la ligne d’horizon séparant la mer du ciel se met progressivement à pencher. La montée jusqu’à Ravello surprend. Niché sur une falaise, à 350 m de hauteur, ce charmant village est l’oeuvre d’une colonie de nobles patriciens du VIe siècle ap. J.-C.. Avec l’altitude, le panorama a gagné en beauté. C’est ce même panorama qui prolonge la piscine à débordement du Belmond Hotel Caruso.

 

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Fréquenté par les plus grands, d’Alexandre Fleming à Humphrey Bogart, en passant par André Gide, cet ancien palais du XIe siècle dispose de 50 chambres luxueuses qui, quand elles ne donnent pas sur la mer, révèlent un jardin privé. Quoi de mieux qu’un concert en plein air pour conclure la journée ? Justement, le festival de musique annuel de Ravello vient de commencer, et court jusqu’en septembre.