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Sofitel Le Louise, Bruxelles

Un séjour surréaliste au Sofitel Le Louise, à Bruxelles

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On se croirait au Hudson de New York City. Les escalators liminaires mènent à une sorte d’ancien couloir reconverti en réception. En face, une banquette de velours violet ondule en autant de méandres propices à une impression d’espace. Au-dessus, une verrière donnant sur l’une des plus belles terrasses de Bruxelles. Voilà l’épicentre du Sofitel Brussels Le Louise, où transitent businessmen, couples et familles. « Ici les enfants sont rois non seulement parce ce sont nos futurs clients mais aussi parce que leurs parents apprécient l’attention que nous leur portons. » Cette opération « Petit Prince » – elle a un nom – s’inscrit dans la droite lignée d’initiatives engagées par un certain comité, le comité « innovation » misant tout sur la créativité de ses membres.

 

Sofitel Le Louise, Bruxelles

 

Le badge de la réceptionniste arbore la mention « voyages » ; l’étiquette de sa collègue dénonce une passion pour le « chocolat ». Heureuse coïncidence quand on cherche le meilleur confiseur de la ville ! Ainsi s’instaure naturellement un dialogue entre personnel et clientèle. Autre souvenir à rapporter de Bruxelles : de la dentelle dont un modèle médiéval brugeois a été reproduit, agrandi, et découpé au laser avant d’habiller les murs du rez-de-chaussée. À ce propos, on doit une grande partie de la déco au designer belge Antoine Pinto. La présence de chapeaux melons ornés de coquillages, par exemple, se veut un hommage à l’icône locale, le peintre surréaliste René Magritte. Les salles de réunions, rebaptisées « salons » afin d’en accentuer la convivialité, déclinent l’accessoire sous forme de suspensions ou de presse-papiers. Il arrive qu’au sortir d’une réunion, de respectables hommes d’affaires demandent à être pris en photo jetant leur couvre-chef dans les airs.

 

Sofitel Le Louise, Bruxelles

 

Le sort accordé au mobilier révèle une approche beaucoup plus sérieuse. Tables, fauteuils, et consoles datent de la construction de l’hôtel, il y a une vingtaine d’années. Difficile à croire face à tant de brillances. D’aspect XVIIIe, tous les meubles ont été repeints dans des tons argent, passant ainsi pour des œuvres d’art contemporain. À cet égard, Le Louise tient à lancer des artistes modernes, notamment dans le cadre d’une galerie s’étirant à droite de la réception. En face, le salon dit « Rose » abrite un buffet matinal des plus généreux. Aux traditionnelles gaufres, crêpes et œufs brouillés, se mêle une gamme de pains signés Yves Guns, dont une miche parfumée au Beaujolais.

 

Sofitel Le Louise, Bruxelles

 

Le Crystal Lounge réserve également quelques surprises. Sur la droite, en entrant, trône un canapé « princesse » épousant la taille du mur. Des échantillons du boulanger susmentionné entourent la colonne centrale, d’où émanent une étrange lumière. L’arrière-salle projette en continu des films noirs et blancs surréalistes, sélectionnés par une des responsables, étudiante en histoire de l’art. C’est vrai qu’au Louise, on ne fait pas les choses à moitié. Plus impressionnante encore, la liste des cocktails maison. Chacun accueille un gros glaçon sphérique rappelant l’énorme boule dominant la fontaine extérieure. Derrière le comptoir repose une dizaine d’alcools infusés à divers parfums. En dépit de leur grande originalité, ni le rhum au clou de girofle, le gin à la cardamone, ou le cognac à la truffe ne sauraient rivaliser avec la boisson signature de la maison. Servi avec des chips de chenilles – oui, oui, de chenilles – le « cocktail Magritte » se compose de rhum brun, de romarin, de schweppes aux agrumes, et de sirop épicé. Une combinaison qui laisse un goût fumé en bouche, une bouche généralement scotchée.

 

Sofitel Le Louise, Bruxelles