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Trois châteaux pour un séjour exceptionnel en Bavière

  |   Allemagne, Atlantico Grand Large, Europe

 

Immersion dans le luxe d’autrefois, en Bavière, à travers la découverte de trois châteaux témoins de l’Allemagne du XIXe siècle.

 

Article publié dur Atlantico.fr le 16 mai 2015

 

Une BMW attend à la sortie de l’aéroport de Munich. À peine s’est-il présenté, que le guide attire l’attention sur le logo de la marque, pavoisant aux couleurs de la Bavière. C’est là que l’on va, au cœur de cet ancien royaume peuplé des plus beaux châteaux du sud de l’Allemagne, dont les châteaux de Linderhof, d’Hohenschwangau et de Neuschwanstein. Le trio promet un séjour d’exception. Le moteur ronronne. Il est temps de se mettre en route.

 

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On dirait Versailles. Quoique plus petit. Intuition pertinente, puisque le Château de Linderhof a été conçu sur le modèle du Trianon. De part et d’autre du bassin central se dessinent deux rangées d’arbres, parallèles à ses contours. Une symétrie caractéristique des jardins « à la française ». Ce monument est le seul dont la construction ait été achevée du vivant de Louis II. Successeur de Maximilien II, le monarque décida de l’agrandir et d’en moderniser l’intérieur. Bien que de plus en plus fastueuse au fil du temps, cette ancienne ferme n’a pas tant été enrichie pour faire étalage de pouvoir que pour offrir au souverain en place un lieu de retraite agréable dans la vallée du Graswangtal. Entre moulures, dorures, tentures de velours et lustres de cristal, les appartements royaux arborent un style d’une opulence qualifiée de « rocaille ». De même que Louis XIV, Louis II de Bavière n’aimait pas se réveiller en présence de ses serviteurs. D’où la balustrade fixée au pied du lit, qui permettait de séparer le dormeur de son public.

 

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Plus on approche de l’été, plus l’appel du grand air se fait entendre. Cela tombe bien, les jardins du Château de Linderhof sont une pure merveille. Telle est l’oeuvre de l’architecte paysagiste Carl von Effner. Une sorte de bruissement retentit au loin. On se hâte vers ce qui ressemble à une caverne. À l’intérieur, des cascades alimentent un bassin d’eau froide, sur fond de musique classique. Voilà la Grotte de Vénus, piscine royale créée en référence à un épisode du célèbre opéra wagnérien Tannhaüser. Juste à côté, se tient le Pavillon Mauresque, soit l’ancien Pavillon de la Prusse présenté à l’Exposition universelle de 1867, puis racheté à un industriel prussien au bord de la faillite. Autre édification d’inspiration wagnérienne, saccagé par un incendie en 1945, la Hundigshütte (hutte de chasse) a été restaurée dans son jus, c’est-à-dire avec des branches et des peaux d’ours contribuant à un décor des plus rustiques.

 

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À moins d’une heure en voiture se dévoile une autre forteresse de renom. Le Château d’Hohenschwangau met en scène les mêmes acteurs que le site précédent. Maximilien II le fit renaître de ses ruines. Et Louis II y passa le plus clair de ses étés d’enfant. Cette ancienne demeure néo-gothique domine le village homonyme où il est question de faire quelques emplettes avant d’entreprendre une nouvelle visite guidée. En présence d’un conservateur cette fois, car cet écrin à créneaux jaune pâle recèle des trésors d’art et d’architecture rares. Si le mobilier de la famille Wittelsbach participe au faste des lieux, la salle des Héros et Chevaliers soutient un magnifique plafond en stuc. Quant à la chambre orientale, elle se distingue par ses tentures byzantines.

 

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On croit à un mirage. L’édifice qui se trouve juste en face ressemble au château de la Belle au Bois Dormant, celui qui apparaît au début de chaque film de Walt Disney. Bienvenue à Neuschwanstein, qui aurait inspiré au réalisateur américain son fort le plus célèbre. Exit Maximilien II. On doit ce château à Louis II de Bavière, qui l’a fait ériger sur un éperon rocheux (200 mètres de hauteur) pour lui donner de la prestance. Le mariage des styles qui s’opère à l’intérieur trahit une esthétique romantique. Les fenêtres arquées, les baies vitrées, la nudité de certains murs de brique relèvent du style roman. La salle du trône oscille quant à elle entre éléments néo-gothiques et néo-byzantins.

 

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Le hall d’entrée revêt des peintures représentant quelques épisodes de Siegfried, un drame lyrique signé Wagner. Encore lui ! Le compositeur s’avérait aussi le confident intime du roi Louis II. Pas étonnant qu’il soit partout. Et pourtant les styles sont variés. Le parcours mène tour à tour à la salle à manger en chêne sculpté, à la chapelle dédiée à Saint Louis, le saint Patron du roi ou encore au cabinet de toilette et à son plafond céleste. Une visite plein de majesté à laquelle s’ajoute le grand salon, placé sous la tutelle de Lohenrin, alias le chevalier du cygne, mais aussi le très gothique cabinet de travail, la salle des chanteurs, à l’acoustique exceptionnelle et enfin la grande cuisine conservée dans son état d’origine. Sans oublier la chambre à coucher, conçue à l’effigie de Tristan et Isolde, dernier clin d’œil aux héros de Wagner.