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Temples japonais

  |   Asie, Atlantico Grand Large, Japon

 
Article publié sur Atlantico.fr le 1 septembre 2012
 

Tous ceux qui auront vu Lost in Translation s’accorderont à associer le Japon à un dépaysement, un grand pas, le grand saut – autre film à succès – vers l’inconnu. Et pour cause, à défaut d’une mémoire photographique supersonique, d’un plan ou d’un guide, le risque de se perdre dans ce conglomérat de gratte-ciels est immense. Rares sont les panneaux traduits en français ou en anglais ; les noms de rue, les enseignes de boutiques, de restaurants, sont tous écrits en japonais. Déconcertant. Pas de panique, toutefois ! Nul Minotaure dans cet illisible labyrinthe. Le seul monstre à combattre demeure le décalage horaire (7 heures en été ; 8 en hiver). Une fois celui-ci vaincu, il devient alors possible d’apprécier pleinement son séjour. Tokyo, Kyoto, son homonyme en verlan, etc. Tant de musées où s’amuser, de temples à contempler. En avant pour une expérience instructive et ludique !

 

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Après une escale à Genève, rendez-vous à Tokyo pour deux jours de tourisme intensifs, dont une soirée gastronomique à bord d’un bateau. Super croisière ! Pour préserver la symétrie des toponymes, et du séjour, prévoir deux journées à Kyoto. C’est suffisant ; car c’est là commence véritablement le voyage.

 

Connue pour son château, le Château de Nijo, ses ochayas, maisons de geishas, ses boutiques artisanales, où pullulent mouchoirs en papier traditionnel Kaishi, éventails, et chaussettes, entre autres accessoires, cette ancienne capitale du Japon, regorge de temples aussi somptueux les uns que les autres. Parmi ses quelques bijoux architecturaux on compte le temple Kiyomizudera, qui doit sa renommée à de spacieuses vérandas en bois et un panorama épousant l’ensemble de la ville. Le Sanjusangen-do, quant à lui, se distingue par le millier de Bouddhas trônant dans son hall. Vient ensuite, le Heian Jingu, sanctuaire shinto, bâti en 1895 à l’occasion d’une exposition industrielle, et dont la démolition a été décommandée au dernier moment. Le Ryoanji s’illustre par la philosophie zen qui transpire dans ses jardins. Enfin, si la parole est d’argent, le Pavillon est d’or. C’est la traduction que l’on donne souvent au temple Kinkaku-ji, lieu de retraite du troisième shogun Ashikaga, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. La liste est encore longue ; mais le temps, lui, presse.

 

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Deux heures de trajet seulement pour accéder à Miyama. M.I.Y.A.M.A. Et non Miami. Avec ses « gassho », maisons à toit de chaume, le village s’avère un véritable havre de paix. Là, loin de la foule, du sable et de la mer, se cache le temple de Joshokouji construit en 1362 par l’empereur Kogon en tant de refuge pour les victimes du conflit qui opposait les dynasties du nord et du sud. Ne pas oublier de goûter au passage des plats locaux tels que le miso, espèce de pâte saturée en sel et en protéines, et dont la coloration jaune-beige-brun évoque la texture du beurre de cacahuètes ; ou encore le nattô, préparation à base de haricots de soja généralement consommée en complément d’un bol de riz au petit-déjeuner. Miyam Miyam… À ce propos, les fermiers se réjouissent généralement de partager leurs recettes. Également ancré dans la préfecture de Kyoto, le hameau de Minami (toujours pas Miami, désolée) borde la rivière Yura auprès de cerisiers dont la floraison offre un spectacle sans pareil. La Floride et ses palmiers peuvent bien se rhabiller.

 

Beaucoup d’encre a coulé sur le Japon ; toutefois, comme le dit si bien un proverbe nippon « mieux vaut voir une fois que lire cent fois ». Autrement dit, mieux vaut voir des idoles que boire des paroles.