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Le Sénégal, voyage de charme, culture et surf


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Saint-Louis, l’île préservée

 

Autrefois capitale de l’Afrique Occidentale Française, la ville côtière de Saint-Louis renferme aujourd’hui les trésors d’un passé prospère. Tandis que plus au sud, sur la pointe des Almadies, l’expérience du présent se vit à travers d’exceptionnels spots de surfs.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 9 mars 2013
 

Pour accéder au quartier historique de Saint-Louis, il faut emprunter un pont métallique vieux de plus de cent ans et voir défiler ses poutres au-dessus du fleuve Sénégal. Le pont Faidherbe compte sept travées en arches. Sept travées qu’on ne compte pas, absorbé par le paysage et la ville qui se profile.

 

Au bout des cinq cent sept mètres de traversée, la Gouvernance s’impose de sa majesté. L’imposant bloc d’édifices, dont les puissants murs de l’ancien fort colonial, annonce la couleur : l’île Saint-Louis du Sénégal est un trésor architectural.

 

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Derrière la Gouvernance, la place centrale est bordée de deux anciennes et imposantes casernes militaires, dont l’une est aujourd’hui transformée en hôtel. Là, en plein cœur d’une île rectangulaire, difficile de savoir par où commencer. L’hésitation est palpitante mais ne dure pas : au premier tournant se dresse la cathédrale Saint-Louis, première église d’Afrique de l’Ouest, construite en 1828. Avec sa façade jaune clair, ses tours carrées et son porche avancé sur de courtes marches, elle a des allures de monument de l’Antiquité. En sommet de son fronton, une statue du roi Louis XI, alias Saint-Louis, rappelle l’origine du nom de la ville, fondée en 1659. Un peu plus loin, la Grande Mosquée est connue pour abriter un mystère : une cloche et un cadran d’horloge dans l’une de ses tours. En somme, son minaret héberge un clocher.

 

La plupart des grands bâtiments de l’île date du XIXe siècle. Une époque qui transpire à travers les façades de nombre d’entre eux, intacts malgré leurs réaffectations, passés d’écoles à musées ou de lycées à hôpitaux. En descendant du côté le plus large du fleuve, un beau balcon en fer forgé capte le regard. La magnifique bâtisse blanche sur laquelle il s’adosse est le Centre Culturel Régional, dont l’exceptionnel plafond de bois à caissons peints se dévoile une fois franchie la lourde porte d’entrée.

 

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Propulsée, en deux siècles, de village côtier à capitale de l’Afrique Occidentale Française, Saint-Louis reste nostalgique de sa glorieuse histoire. Un passé prospère qui se ressent dans chacune des ruelles, tant les transformations ont été limitées au fil du temps. Cette préservation exceptionnelle lui vaut justement sa place dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Dans la même veine que les grands édifices, les demeures coloniales de l’île témoignent de cette époque éblouissante. Des murs couleurs pastels, rose, jaune ou bleu, ornés de typiques balcons de bois. Des cloisons bariolées derrière lesquelles se cachent bien souvent patios lumineux et larges escaliers majestueux, menant vers les terrasses et la vue sur le fleuve et la mer.

 

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À pieds ou en calèche, pour prendre le temps de s’imprégner des détails de l’architecture, voire en pirogue, pour conjuguer la découverte à la poésie des envolées de flamands roses, l’île s’explore par ses terres ou par ses eaux. Il y a moins d’un siècle, elle était pourtant réputée pour ses airs. Ancien repère de l’aéropostale, elle a en effet accueilli nombre d’aviateurs en escale comme Antoine de Saint-Exupéry et Jean Mermoz. Impossible alors de quitter l’île sans un dernier détour par la chambre 219 de l’hôtel de la Poste. Là où, entre deux vols, Jean Mermoz avait pris pour habitude de se ressourcer, profitant encore un peu de l’éblouissante Saint-Louis.

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