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Mexique - Atlantico

Séjour historique à San Miguel de Allende

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En 2013, Condé Nast Traveller l’a déclarée « meilleure ville du monde ». San Miguel de Allende, au Mexique, destination peu connue mais qui mérite un long détour.

 

Article publié sur atlantico.fr le 9 août 2014

 

Si Paris est souvent cité comme la plus belle ville du monde, quelle serait dans ce cas « la meilleure ville du monde » ? Pour les lecteurs de Condé Nast Traveller, c’est San Miguel de Allende qui méritait, en 2013, la première position de son Top 25 Cities in the World. Situé à 274 km au nord de Mexico City, la capitale, à l’extrême est de l’état de Guanajuato, cet ancien bastion de la révolution mexicaine est devenu le berceau de nombreux artistes et militaires, dont un certain Ignacio Allende, depuis la déclaration d’indépendance de 1826. Libéré de la tutelle espagnole, San Miguel de Allende échappe alors à son destin de ville-fantôme pour se reconvertir en un pôle culturel et économique dynamique. Son architecture coloniale, à cheval entre le Baroque et le Néo-classicisme, en fait un lieu de résidence et de vacances on ne peut plus pittoresque. Immersion dans le passé révolutionnaire mexicain.

 

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El Churro ? Non, «El Chorro », répète le guide. C’est le plus vieux quartier de San Miguel de Allende ; là que furent posées les premières fondations, en 1555. Son nom nahuatl, dialecte aztèque, est Izcuinapan. Un toponyme qui signifie « la place des chiens » ; car c’est l’un des meilleurs amis de l’homme qui aurait mené San Miguel à la ville dont il deviendra sans le savoir le Saint Patron. Pile poil à cet endroit – sans jeu de mots facile –se dresse une imposante façade néo-gothique dont on reconnaît le style à la verticalité des motifs. Dans la sacristie, un vitrail illustre la construction de San Miguel de Allende. Forte de reliquaires précieux, la crypte n’est ouverte au public que le 2 novembre de chaque année. Dommage, on aurait bien voulu faire connaissance avec feu les évêques de ce monument sacré.

 

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Dans le prolongement du parvis de l’église se dessine un jardin « à la française », plus connu sous le nom de jardin principal. Ils sont légion les étudiants venus lire sur les bancs en fer encerclant le kiosque à musique. Des concerts se tiennent régulièrement sous cet abri ouvert. Il est possible d’apprécier ce havre de paix sous un autre point de vue. Depuis le premier étage de la Maison Allende, par exemple. On traverse la rue pour découvrir un petit immeuble en coin. Une statue de l’intéressé marque l’intersection des calles Miguel Hidalgo et San Francisco. Ne s’agit-il pas, après tout, de la maison d’Ignacio Allende, fer de lance de la guerre d’indépendance du Mexique ? Les collections de ce musée régional concernent moins son égérie que l’histoire de la ville en tant que telle. Il faut donc se rendre au premier étage pour pénétrer les appartements d’Ignacio. Sur 24 chambres, seulement quelques-unes ont conservées leur agencement d’origine.

 

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Un peu plus haut, dans la rue parallèle, repose El Centro Cultural Ignacio Ramirez, alias La Escuela de Bellas Artes ou encore El Nigromante. Comment ne pas s’extasier devant ce vaste cloître à deux étages ? On s’engage dans l’une des galeries qui entourent le bassin central. Une série de tableaux tapissent les murs immaculés. Un air de piano retentit. On pousse la porte d’une salle ponctuée d’un large tableau en ardoise. On comprend alors que cet ancien couvent de la Conception, fermé au XIXe en vertu de quelque réforme, est une école consacrée (depuis 1938) à l’art au sens large. On doit cette initiative au duo péruvo-américain Felipe Cossio del Pomar et Stirling Dickinson. Aujourd’hui, des étudiants du monde entier viennent dans cette enceinte mexicaine réputée apprendre à peindre, sculpter, tisser, broder, jouer de la guitare, du piano.

 

San Miguel Arcangel Church, San Miguel De Allende (Mexico)

 

Non loin de San Miguel de Allende, se trouve le Sanctuaire de Jésus Nazareno de Atotonilco. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce site accepte aussi le surnom de « Chapelle Sixtine du Mexique ». On comprend pourquoi en la visitant. Les fresques baroques d’Antonio Marinez de Pocasangre qui ornent la nef et les chapelles sont une source d’admiration et d’inspiration intarissable. Le complexe fut bâti au XVIIIe siècle par le Père Luis Felipe Neri de Alfaro. Le plafond est si élevé et il fait si froid que l’on se croirait presque dans une forteresse moyenâgeuse. Il arrive encore que l’on y officie des messes, entre autres cérémonies religieuses. D’où l’intérêt du programme posté à l’entrée de l’église. Quel silence toutefois. Ce n’est pas un sanctuaire pour rien !

 

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L’emplacement de ce lieu de culte s’avère d’autant plus stratégique qu’il jouxte la ville Mineral de Pozos. Entre les pyramides en pierre et les cactus qui jalonnent les routes, on a l’impression de se promener dans une cité antique. Les rues sont désertes tant le soleil tape. En effet, si aucun parcours n’a été officiellement tracé au sein des anciennes mines, quelques souterrains restent à découvrir. En d’autres termes, on vient à Mineral de Pozos moins pour plonger dans une obscurité souterraine, que pour s’imprégner d’une atmosphère atemporelle et apprécier des mets et musiques traditionnelles. Surtout en septembre où les festivals affleurent à foison.

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