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Costa Rica - Atlantico

Séjour sulfureux au Costa Rica

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Les éruptions thérapeutiques du Poás

 

Dans ce petit pays coincé entre océans Atlantique et Pacifique, la montagne fait encore régner sa loi. Exemples avec les visites des deux des 116 volcans du Costa Rica.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 19 janvier 2013
 

Que voit-on sur la plupart des timbres costaricains ? Le Poás. Et qu’est-ce que le Poás ? Un volcan. Un volcan dont l’activité a battu des records. Avec 39 éruptions à son compteur depuis 1828, il connaît actuellement une activité réduite qui se manifeste principalement par des fumerolles. Centre d’attraction principal du Parque Nacional Volcán Poás, il culmine à 2 708 m d’altitude. Et les trente minutes qui le séparent de la capitale San José font de lui le noyau de divers circuits touristiques. Chaud devant !

 

Croassent les corbeaux. Coassent les crapauds. Poás a beau être au cœur d’un parc naturel peuplé d’êtres vivants, son nom ne dériverait pas d’un animal, mais d’une plante, un d’arbuste local s’apparentant à une aubépine. Une autre interprétation consiste à rattacher le toponyme à une tribu habitant les environs. Enfin, Poás pourrait venir de Puas, un fleuve dont les pâturages ont été authentifiés par la loi en 1663.

 

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Assez parlé étymologie. Poás rime avec caldeiras – selon que l’on prononce le « s » ou non. On en compte trois. Gigantesques, ces cratères s’avèrent pour la plupart érodés. Le plus large d’entre eux mesure non moins de deux kilomètres de diamètre. Tout au fond, à plus de 300 mètres, reposent les eaux acides et brûlantes d’un lac nommé la Laguna Caliente. 85 °C, n’est-ce pas la température ambiante d’un sauna ? Tous ceux qui souffrent du soufre et de la chaleur n’ont qu’une chose à faire, se tourner vers la Laguna Botos, reliée aux eaux froides au Rio Angel, lui-même ramifié au Rio Sarapiqui. Ce cratère là a connu sa dernière éruption il y a 7 500 ans. Impressionnant !

 

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Endurantes mais fascinantes, l’ascension puis l’observation du  Poás constituent une expérience absolument unique. Flirter d’aussi près avec le danger a souvent quelque chose d’exaltant. Même si les victimes de l’éruption du 25 janvier 1910, la plus spectaculaire à l’heure actuelle, ne seraient sûrement pas d’accord : la colonne de vapeur émise alors à plus de 8 000 mètres est peut-être entrée dans l’histoire, mais non dans les grâces des touristes blessés. Actif depuis 11 millions d’années, le Poás émet parfois des cendres et de gaz soufrés si nocifs que le parc national correspondant fut contraint de fermer ses portes en 1989. Mais le risque n’est-il pas ce qui fait paradoxalement le charme de ce site explosif ?

 

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La peur se soigne comme toute autre blessure. Il suffit de l’affronter pour la surmonter. Contre les crampes, le remède demande moins d’effort. En effet, avant que le volcan ne donne naissance à un parc national, on y montait remplir des bouteilles d’eau acide, plus tard vendues en pharmacie. Idéal pour soulager les douleurs musculaires ou même les verrues, les caries, etc. Eh oui, les médecins n’ont qu’à bien se tenir : le Costa Rica détient la panacée contre nombre de maux.

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