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Kenya - Atlantico

Safari véritable et intime, au plus profond du Kenya

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Découvrir, à son rythme et en privé, la faune, la flore et les populations locales. C’est là le vrai luxe d’un safari, remis au gout du jour, au pied du Kilimandjaro, par un lodge kenyan.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 18 janvier 2014
 

On emploie souvent le mot sans vraiment savoir ce qu’il signifie. Quand on pense « safari », on s’imagine contraint et forcé de suivre un troupeau de touristes prêts à fusiller les animaux de la savane en photos. Or, le terme kiswahili désigne tout simplement un voyage ou une expédition. C’est dans ce sens que l’interprète, en tout cas, le Campi Ya Kenzi. Situé au pied du Kilimanjaro, cet éco-lodge kenyan propose à ses visiteurs de s’immerger dans la culture maasaï, à leur rythme, indépendamment de toute pression sociale, horaire, ou climatique. Un libre arbitre d’une valeur inestimable.

 

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Noyé dans 1 200 km2 de verdure, le Campi Ya Kenzi passerait presque inaperçu s’il n’avait pas aussi bonne réputation. La vue imprenable qui se déploie sur le Kilimandjaro, associée au panorama des Chyulu Hills, l’une des plus jeunes chaînes de collines sur terre, fait forte impression. Des milliers d’espèces végétales cohabitent dans cet espace infini. Pas un bus, pas un bruit à l’horizon. On n’est pas dans un parc national, mais dans un cadre foncièrement sauvage. Au milieu des éléphants, des lions et des gazelles ; les rois de la savane, en somme. Pourtant, aucune formule de safari n’est ici prédéterminée. Hors de question de se lever à l’aube pour laisser libre-court à son propre instinct grégaire. On peut survoler la région en hélicoptère ; comme on peut se promener à l’affût d’oiseaux rares – quatre cents espèces sur les lieux – ; trotter à cheval le long d’un cours d’eau. Dans ce périmètre protégé, tout est permis à condition de le vouloir.

 

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La vocation première de Luca et Samson, les fondateurs de ce lodge grand luxe, est de préserver la culture maasaï et d’y initier les étrangers. D’où la grande ouverture d’esprit de ce couple italien. À chacun son guide. Avec lui, on apprend à interpréter des empreintes, on sillonne la forêt des Chyulu Hills, on traque les bêtes sauvages cachées derrière les buissons. Le tout dans la plus grande exclusivité, pour ne pas dire intimité. Si l’on n’a pas forcément le temps de sympathiser avec son escorte maasaï, on partage pourtant avec lui des expériences hors du commun, quoique avant tout sur mesure. Il n’y a, a priori, rien que l’on ne puisse faire. Aucun risque de le perdre de vue avec sa robe rouge écarlate et sa lance plantée dans le sol comme un bâton de pèlerin. Son courage se lit sur son front ; un courage qu’admirait les troupes britanniques débarquées au XXe siècle ; un courage déterminé, jusqu’à ce jour, par la capacité chez un jeune garçon de tuer un lion à mains nues.

 

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Pour compléter son immersion dans la culture maasaï, on est invité à camper au pied du Kilimandjaro, à la manière des anciens chasseurs, mais surtout à l’endroit exact où Ernest Hemingway cherchait l’inspiration au Kenya. Tandis que chacun rêve d’aventures et d’écriture sous la maigre toiture en nylon qui lui sert d’abri, on ne peut détourner son attention des bruits perçant l’obscurité profonde. Là, à deux mètres du feu mourant, un zèbre lape la surface de la rivière troublée par les reflets de lune.

 

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Autre apparition, encore plus spectaculaire : la traversée de millions de gnous traqués par un cortège de prédateurs. Une migration que justifie un fort besoin en eau et en herbes fraîches. En effet, passée la saison des pluies, certains animaux menés par la plus vieille femelle de leur meute, quittent le Kenya pour la Tanzanie en quête de verts pâturages. Cette épopée atteint son apogée au mois de juillet, lorsque les crocodiles de la rivière Mara guettent l’arrivée de la horde dans l’espoir de se remplir la panse. Même si dans la région ce phénomène reste naissant, on ne manque pas d’être impressionner par la masse et la puissance qu’il dégage. Un défilé de crinières et de cornes, qui a en plus quelque chose émouvant. Une émotion qui tient peut-être à l’affection que transmettent les mamans gnous à leurs petits, ou bien à la solidarité que manifestent certains à ceux qui traînent la patte, la peur de voir ce groupe solidaire divisé par l’assaut de prédateurs.

 

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Pour se remettre de ces haut-le-cœur, rien de tel qu’un soin du corps au beau milieu de la végétation locale. Conjuguée au souffle du vent, l’essence des plantes alentour – composantes des huiles appliquées par la masseuse – donne vraiment l’impression d’être en fusion avec la nature. D’un soin divin en plein air, on passe à un dîner succulent  au creux d’un un espace clos. Une grotte refoulée à trois quarts d’heure du Campi Ya Kenzi. Entrée timide dans un tunnel de lave éclairé par la seule lumière de chandelles. Sans oublier la lueur des étoiles ; car il s’agit d’une caverne à toit ouvert.
Au plus près des animaux, au plus près des populations et au plus près de la nature. C’est ça, un véritable safari.

 

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