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Des rails à travers l’Europe

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Plus long, mais beaucoup plus charmant que l’avion : traverser l’Europe en train de luxe. La beauté d’un voyage remise au goût du jour.

 

Article publié sur Atlantico.fr le 14 février 2015

 

Son nom a bercé plus d’une oreille. Icône ferroviaire des folles années 1920, l’Orient Express a su redonner au voyage ses lettres de noblesse. Rien que l’idée de séjourner à bord de ce train légendaire fait rêver. À Paris, la magie opère dès la Gare de l’Est, où un steward en uniforme, bleu, noir et or, accueille les passagers en scandant haut et fort les étapes du trajet à peine inauguré. Budapest, Bucarest, Istanbul… Toujours à l’arrêt, on pose ses valises dans une suite rénovée au goût de l’époque. Un aspect rétro qui ajoute au charme de l’imminente épopée. À peine monté que l’on entend tourner les machines du Venice Simplon-Orient Express. « En voiture ! », lance une dernière fois le chef de gare.*

 

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On regarde les mouchoirs s’agiter par la fenêtre avant de rejoindre l’un des trois restaurants du Venice Simplon-Orient Express, dont on retrouve d’ailleurs les initiales gravées sur son verre de rosé pétillant. Le menu défile ensuite sur une nappe immaculée. Première commande du voyage : un homard. Un homard farci aux légumes, accompagné d’un mille feuilles sucré-salé et de mini tomates confites à l’oseille, pour être précis. Le chef Bodiguel vient saluer dans les allées, tandis que ses seconds lancent la préparation des desserts. Une odeur de chocolat émane des cuisines. Le voyage s’ouvre sur des valeurs sûres.

 

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Petit déjeuner au lit tandis que l’on traverse la Hongrie. Le paysage hongrois défile jusqu’à l’après-midi et le premier arrêt du train. Depuis la fenêtre de sa chambre, on aperçoit le chef la tête plongée dans des caisses de fruits et légumes, sélectionnant huîtres, poissons, boissons, entre autres. Plus de doute sur la fraîcheur des produits servis et consommés à bord. On pose enfin son pied sur le sol hongrois. Bienvenue à Budapest, qu’il s’agira de visiter en plein jour le lendemain. En attendant, c’est à l’hôtel que l’on passe le reste de la soirée. Un hôtel cinq étoiles prolongeant le confort et le luxe offerts par l’Orient Express.

 

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L’excursion dure trois heures environ. À Buda, on passe devant l’église Saint-Mathias, le château royal et la galerie nationale ; à Pest, on flâne dans le Belvaros, avant de sillonner le grand marché central. Le temps de faire deux trois emplettes, et on retrouve le Venice Simplon-Orient Express, ses marqueteries, ses panneaux de verre Lalique, ainsi que ses tentures de velours. La voiture-bar scinde le train en deux. C’est là que l’on se rend soit pour bavarder entre passagers, soit pour écouter des airs de piano autour d’un verre. A l’honneur, des airs de jazz évoquant l’âge d’or de l‘Orient Express.

 

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La nuit s’abat sur le paysage roumain. On se rapproche imperceptiblement de Bucarest tandis que l’on dort d’un profond sommeil. C’est toutefois à Sinaia que l’on s’arrête en priorité. S’ensuit la découverte du Château de Peles, le premier château d’Europe à avoir bénéficié d’un éclairage électrique, au XIXe siècle. Plus de 2 000 tableaux y cohabitent. Au salon florentin, répond le salon de musique, le salon mauresque, le salon français, entre autres salles d’exposition. On aimerait s’y perdre une journée entière, mais l’appel de la capitale se veut plus puissant.

 

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Check-in à l’Hôtel Athénée Palace Hilton dont les cuisines couvent un déjeuner tardif. On sort rapidement s’imprégner de l’atmosphère du centre-ville. Le groupe se divise alors en deux. Les esthètes courent au musée national des Arts, logé au sein du palais royal dont l’architecture revient au Français Paul Gottereau (1843-1904). Les férus d’histoire optent pour un parcours jalonné de cathédrales et d’églises. Les deux entités se retrouvent au Palais du Parlement, ancienne maison du peuple qui atteste la mégalomanie de l’ancien dirigeant Nicolae Ceausescu (1918-1989). Puis sonne l’heure de s’élancer vers la Bulgarie.

 

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Le cinquième et avant-dernier jour de ce voyage exceptionnel se déroule en Bulgarie avec, en prime, une halte au beau milieu de la campagne, véritable rupture avec les excursions précédentes. La pollution et le bruit urbains sont déjà loin. On profite de l’air frais conjugué au parfum de l’herbe humide. Dernier apéritif. Dernier dîner. Dernière nuit. On coupe la plaine de Thrace avant de freiner, une fois pour toute, à Istanbul. Terminus ! Tout le monde descend. Le voyage s’achève, comme par symbole, dans l’une des plus importantes cités européennes.