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Crusader Castle in Byblos

Le Liban, terre de culture, d’histoire et d’expériences


  |   Atlantico Grand Large, Liban, Moyen-Orient

 

Byblos, la plus vieille ville du monde

 

Ses villes sont habitées depuis sept mille ans, ses grottes depuis le Paléolithique : le Liban est l’un des plus vieux pays du monde. Illustration avec la millénaire Byblos et l’impressionnante grotte de Jeita.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 30 mars 2013
 

Peu de lieux s’étalent sur une si longue histoire. Ici, des vestiges plusieurs fois millénaires côtoient la vie moderne, alors que les édifices du Moyen-âge épousent ceux de l’Antiquité. En arrivant à Byblos, sur la côte nord du Liban, on sait qu’on s’apprête à visiter la plus ancienne cité du monde. Du moins, l’une des plus anciennes, car d’autres villes, comme Damas ou Jéricho, se sont autoproclamé le même statut. Difficile de faire un classement. Mais poser un pied dans les rues étroites de Byblos donne la certitude qu’on vient d’entamer un voyage loin, très loin dans le temps.

 

Roman Columns at Byblos (Jbeil), Lebanon

 

Le vieux port, où sont aujourd’hui amarrés des bateaux de plaisance, existe en effet depuis plus de sept mille ans. Déjà Byblos était tournée vers la mer. Le long des quais, d’ancestraux murs de pierre, couleur sable, regorgent d’histoire et de chaleur méditerranéenne. Ils s’ouvrent en de petites ruelles étroites, invitation à explorer les hauteurs de la ville. L’aventure mène sous d’authentiques auvents et arcades. L’ambiance commerçante dans cet ancien décor donnerait presque l’impression de revivre les grandes périodes phénicienne, grecque ou romaine, de Byblos. Les commerçants, les couleurs et les saveurs invitent d’ailleurs à ralentir, à flâner, mais l’appel du site archéologique est plus fort.

 

Nouvelle ville et site archéologique de Byblos

 

Ce gigantesque champ de vestiges repose face à la mer. C’est dans cette zone, tout autour d’un imposant château fort du XIIe siècle issu des Croisades, que les archéologues ont pu situer les premières années de Byblos, à travers des maisons de pêcheurs du Néolithique. Plus tard, la cité est devenue l’un des plus puissants centre de commerce de la Méditerranée. Il suffit de dandiner entre les ruines pour s’en rendre compte. A la sortie des anciennes voies romaines apparaissent les obélisques d’un vieux temple phénicien (1 600 av. J.-C.). Deux autres temples phéniciens, dont l’un dédié à la déesse de la ville, construits 2 700 ans avant notre ère, laissent entrevoir leurs fondations. Et alors que des colonnes encore debout et un théâtre témoignent eux aussi de l’époque romaine, une maison ottomane du XIXe siècle se dresse, seule et un peu excentrée, sur les hauteurs du site classé à l’Unesco.

 

Crusader Castle in Byblos

 

Mais ce site est surtout riche pour abriter la nécropole royale de Byblos. Parmi les tombes, celle d’Ahiram renfermait un sarcophage précieux, sur lequel est inscrite la plus ancienne transcription phénicienne. En somme, la plus vieille inscription connue d’un alphabet linéaire, et donc l’ancêtre de l’écriture actuelle. Peu surprenant que Byblos ait donné son nom à « Bible », ou encore « bibliothèque »…

 

En sortant du site antique, la cité médiévale et ses remparts, les souks, les mosquées et églises puis les bâtiments et routes modernes nous ramènent progressivement vers l’époque actuelle. Pour un temps seulement. Car le Liban est petit, et il serait dommage de ne pas découvrir Sidon, Tyr ou Baalbeck, les autres berceaux de l’Humanité.