Blog

Liban - Atlantico

Le Liban sous tous les angles

  |   Atlantico Grand Large, Liban, Moyen-Orient

 
Article publié sur Atlantico.fr le 30 mars 2013
 

Le léger ronflement du canot ne s’entend même plus. Face à tel spectacle et entouré de tant de nuances, les sens se sont d’eux-mêmes concentrés sur la vue et l’odorat. Nous sommes au cœur de la Grotte de Jeita, à une vingtaine de kilomètres au nord de Beyrouth. Un endroit habité il y a plusieurs milliers d’années par les hommes de l’époque et aujourd’hui considéré comme l’une des plus importantes merveilles naturelles de la planète.

 

Grotte_Jeita_Liban4

 

Glisser doucement sur ce lac intérieur et limpide donne l’agréable sensation de flotter au milieu d’une gigantesque cave. Au fur et à mesure de la progression se dévoilent les parois, sculptées pendant des millions d’années par la fonte du calcaire du mont Liban. Et les couleurs changent : du jaune clair, puis du vert, qui décline doucement vers le bleu. Le magique effet des composants naturels. La balade en canot ne dure que cinq cent mètres. Frustrant, quand on sait que les spéléologues ont exploré la grotte sur près de sept kilomètres. L’histoire raconte qu’en 1836, son découvreur, le révérend américain William Thompson, s’y aventura sur une cinquantaine de mètres. Arrivé à la rivière souterraine, il tira un coup de feu et l’écho qui en résulta lui confirma qu’il venait de pénétrer dans un endroit exceptionnel.

 

Grotte_Jeita_Liban5

 

Bien plus qu’une rivière souterraine, Jeita est la combinaison de deux grottes, dont la supérieure, aînée de quelques millions d’années, n’a été découverte qu’en 1958. Située soixante mètres au-dessus de la partie inférieure, on y accède par un tunnel creusé spécialement pour en permettre l’accès aux visiteurs. Un tunnel de 120 mètres de long, qui dévoile par un stupéfiant effet de surprise un paysage monumental de voûtes, stalagmites, étangs et draperies. La température ici est plus élevée qu’au niveau du lac et une passerelle en bois permet de s’engager le long de trois magnifiques chambres. Passée la surprise de la première, la deuxième étonne par sa couleur rouge due à l’oxyde de fer. Et la dernière, la plus grande, impressionne avec ses 120 mètres sous le plafond. En ressortant, on s’arrête encore, dans la première chambre, la Blanche, admirer les 8,20 mètres de la plus longue stalactite du monde.

 

Parapente_Liban6

 

Retour à l’air frais, ou plutôt chaud. Sur le flanc ouest du mont Liban, difficile de ne pas remarquer que l’on est dans un pays de montagne. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle parfois « La Suisse du Moyen-Orient ». Et comme tout pays en relief, un endroit où on n’a qu’une envie : voler. Le Liban est justement un excellent terrain de parapente. Curieusement, les pilotes ne courent pas les monts. Il y a trop peu d’infrastructures. Tant pis, ou plutôt tant mieux. Car en attendant que la tout récente école de parapente libanaise ne porte ses fruits, ouvrant alors la discipline à tous, les plus chanceux peuvent eux profiter des airs du Moyen-Orient en privé. Et après avoir exploré le pays de l’intérieur, le redécouvrir une nouvelle fois grâce à la magie d’un survol silencieux.