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Sur les traces des empereurs du Japon

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Que voir au Japon ? Des temples. Des dizaines de temples, de châteaux, de palais et de jardins, à l’architecture typique du pays du soleil levant.

 

Article publié sur Atlantico.fr le 8 novembre 2012

 

Politiquement, le Japon est une monarchie constitutionnelle. Le pouvoir au Parlement. Si bien que le souverain actuel n’occupe qu’une place honorifique. Pour le dire autrement, ledit monarque est autant là pour faire joli que les palais jalonnant l’empire nippon. D’est en ouest, le Palais impérial de Tokyo, le château de Nagoya réhabilité en camp de prisonniers durant la Seconde Guerre Mondiale, les temples de Kyoto, et le château d’Osaka, constituent autant d’étapes exceptionnelles à franchir au pays du soleil levant.

 

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Il faut traverser un pont à deux arches pour accéder à l’entrée principale. Le Pont Nijubashi, sous des cerisiers en fleurs. On esquive quelques bourgeons, roses et blancs confondus, avant de se plonger dans le parc du Palais impérial. À gauche, le Jardin de l’Est (Higashi Gyoen) abrite les vestiges de l’ancien château d’Edo où s’installe l’empereur Meiji en 1868, après avoir privé Kyoto de son statut de capitale. Vingt-et-un hectares mêlant nature et culture : aux nombreuses espèces végétales présentes se conjuguent des monuments plus ou moins bien conservés. À côté de la forteresse abandonnée, le Musée des Sciences et le Musée National d’Art Moderne arborent deux façades immaculées, l’une en pierre ; l’autre, en brique. Le premier présente des installations énormes rattachées au domaine de l’agriculture, ou de l’aéronautique. On se sent tout petit à côté des machines exposées. Le second rassemble des œuvres textiles, des céramiques, des laques, des poupées, datant pour la plupart de l’ère Meiji. Quid des collections modernes ? Elles reposent dans le bâtiment principal, ancien bastion de la garde impériale. A moins de parler japonais, on a peine à reconnaître et même retenir les noms que reportent les légendes sur les murs rouges de ce monument national.

 

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On remonte en voiture et dans le temps, en direction de Nagoya. C’est au XVIe siècle que la troisième ville du Japon hérite d’une forteresse digne de ce nom. Abandonnée une première fois en 1532, elle devient un véritable carrefour routier. Le contraste est frappant entre les ruines victimes d’incendies et de bombardements successifs, notamment durant la seconde guerre mondiale, et le donjon éclatant de béton, muni d’un ascenseur et d’air conditionné. Au sommet de ce bâtiment moderne, deux dauphins à tête de tigre en or, appelés kinshachi ou shachihoko, jouent un rôle protecteur contre le feu.

 

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Fort de jardins fleuris, de temples et de palais, Kyoto est considéré comme le centre culturel du Japon par excellence. D’où une entrée remarquée dans les classements de l’Unesco avec la mention spéciale de « Monuments historiques de l’ancienne Kyoto », titres de nombreux sites. C’est l’étiquette que porte, entre autres, le Kyoto-gosho, le fameux palais qu’habitait l’empereur avant de déménager au Château d’Edo, à Tokyo. La symétrie de l’architecture surprend dès l’entrée. Parmi les routes qui traversent le site, on ne saurait reculer devant le « chemin de la philosophie », célèbre pour avoir inspiré le penseur Kitaro Nishida. Ce que l’on entend en franchissant la caisse, ce n’est pas du japonais, mais le kyoto-ben, un dialecte propre à Kyoto. Le pavillon recouvert d’or, c’est le temple impérial du jardin des cerfs. Une pépite parmi les 2000 autres temples alentour. Inutile de préciser qu’il faut plusieurs jours pour tous les visiter.

 

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Retour à la campagne. Derrière une allée d’arbres, dépasse une superposition de triangles bleus, assortis au ciel. Cet ensemble géométrique, c’est le château d’Osaka, l’un des plus fameux du Japon du fait de son rôle dans l’unification du pays, au XVIe siècle. Qui aurait cru que derrière ses cinq étages visibles depuis l’extérieur se cachaient en réalité huit niveaux d’où l’on peut admirer la ville d’Osaka ? Une myriade de buildings en verre dignes d’une métropole américaine. Un panorama qui revête une dimension quasi futuriste depuis les fenêtres en bois moulé de ce temple traditionnel. Cette position de surplomb, on la doit à deux plates-formes sous-tendues par des murs de roche, chacun donnant sur un fossé. De quoi tomber des nues.

 

Dernière étape : Naoshima. Cette île japonaise, ancrée dans la mer intérieure de Seto, est le foyer de nombreux musées d’art contemporain. Si la tour de Hiunkaku ressemble à un château, elle s’efface devant le Benesse Art Site, un site d’art créé par la société d’éducation du même nom. La population se concentre à Honmura. La disparité du paysage urbain s’explique en partie par les transformations imposées par le Art House Project. Le port a beau grouiller de visiteurs, la ville côtière de Naoshima n’en demeure pas moins paisible. Dans la lignée des excursions précédentes, on cherche une autre forteresse des yeux. En vain. Peut-être serait-il temps de voir autre chose que des douves, au Japon.

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