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Les secrets de l’Acropole


  |   Atlantico Grand Large, Europe, Grèce

 

Symbole de la Grèce Antique, l’Acropole veille sur la ville d’Athènes. De forteresse à lieu de culte, elle est aujourd’hui, avec ses temples, le plus important témoin de l’Antiquité.

 

Article publié dans Atlantico.fr le 16 août 2014

 

Au détour d’un coin de rue, une petite statue isolée, dont le dessin représentant une divinité ou un animal a été abîmé au fil des siècles. C’est là que réside le charme d’Athènes. Dans ses innombrables vestiges, tellement communs qu’ils laissent les locaux indifférents, tandis que les visiteurs tombent en extase devant chacun d’entre eux. En parcourant les artères de la capitale de la Grèce, difficile de ne pas noter les marques du temps. Au fil des siècles, Athènes a laissé se succéder cultures et monuments. Et aujourd’hui les vieilles pierres semblent pousser comme des buissons dans les parcs ou entre les immeubles.

 

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Impossible de dissocier Athènes de l’Acropole, son principal symbole. On y accède par la Plaka, l’un des quartiers les plus renommés de la ville. Ses petites ruelles et ses terrasses dégagent l’agréable sentiment d’un chaleureux calme méditerranéen. Le chemin regorge de ruines et vestiges divers. Emmenés par un ancien archéologue pour guide privé, apprendre ou réapprendre l’histoire et les traditions des civilisations antiques à travers ces quelques monuments est un luxe non quantifiable. Qui de mieux qu’un passionné pour véhiculer un peu de savoir ?

 

Amphitheatre Amphitheater Athens Aerial

 

Le chemin est escarpé. Acropole, du grec ancien akra et polis, signifie « ville haute ». En réalité, l’Acropole est un simple plateau rocheux s’élevant à 150 mètres au-dessus d’une plaine devenue la ville antique d’Athènes. Grâce à ses falaises et à sa hauteur, l’Acropole a d’abord été utilisée comme forteresse, dès le XIIIe siècle av. J.-C. Quelques siècles plus tard, un premier temple construit en l’honneur d’Athéna a été détruit par les Perses, en même temps que la ville. Il faudra l’arrivée de Périclès, au Ve siècle avant notre ère, pour que l’Acropole devienne sanctuaire et qu’on y construire de nouveaux temples, tels le Parthénon et de l’Érechthéion, dont les ruines sont aujourd’hui encore debout. Presqu’un miracle tant leur histoire a été mouvementée. Le Parthénon, par exemple, après avoir été un temple érigé – lui aussi – en l’honneur d’Athéna, fut tour à tour église catholique sous l’occupation romaine (XIIIe siècle), mosquée sous l’occupation ottomane (XVe), et… réserve de poudre lors de la Guerre de Morée, qui opposa Vénitiens et Ottomans à la fin du XVIIe siècle. A cette occasion, lors d’un bombardement de l’Acropole par les Vénitiens, le Parthénon explosa et fut grandement endommagé.

 

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Aujourd’hui en phase de restauration, on en sait un peu plus sur l’architecture des temples de l’Acropole. Et c’est particulièrement le Parthénon qui fascine, tant par son esthétisme que par les prouesses techniques dont ont fait preuve les architectes de l’époque. Pour bien s’en rendre compte, il convient de précéder la visite de l’Acropole par celle du tout nouveau musée éponyme. Le musée de l’Acropole d’Athènes se situe quelques dizaines de mètres en contrebas du plateau rocheux. Avant même d’entrer, l’architecture du bâtiment met dans l’ambiance : construit sur pilotis, son sol en partie transparent laisse apparaître des vestiges archéologiques. C’est ainsi que le guide peut expliquer la vie dans une maison antique, schéma grandeur nature à l’appui.

 

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A l’intérieur du musée, des centaines et des centaines de pièces antiques. Des plus petits fragments de poterie à d’impressionnantes et imposantes statues. Mais c’est au dernier étage que se situe la pièce la plus importante du musée : une réplique du Parthénon. Au milieu d’une grande pièce dont la baie vitrée offre une vue imparable sur l’Acropole, de hauts murs dessinent un rectangle de 69,51 mètres sur 30,88 mètres, les dimensions exactes du temple. Eparpillés sur ces murs, les pièces d’une frise qui faisait jadis tout le tour de la structure. Sur 160 mètres de long et à 11 mètres de hauteur, dans des cases de tailles égales, le sculpteur Phidias a dessiné des saynètes et écrit une histoire à la manière d’une bande dessinée. Un chef d’œuvre en partie reconstitué dans le musée, de même que les sculptures dominant des deux frontons de l’édifice. La baie vitrée donne en outre sur une montagne lointaine. C’est là qu’était extrait le marbre qui a servi à la construction du Parthénon. Marbre que les ouvriers acheminaient sur des troncs d’arbres sur plusieurs kilomètres. En redescendant, on s’arrête devant les célèbres cariatides. Ces grandes statues de femmes se trouvaient jadis sur le baldaquin de l’Erechthéion, sur l’Acropole. Sur les six statues d’origine, cinq se trouvent dans ce musée. La dernière est au British Museum à Londres.

 

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Armé de ces connaissances, on peut à présent se rendre à l’Acropole. Au milieu des vestiges, on distingue clairement les deux temples. Des copies des cariatides en plâtre semblent veiller sur l’Erechthéion, tandis que le Parthénon se voit protégé par des échafaudages. En restauration depuis déjà 30 ans, il le sera encore pendant quelques années. Les travaux n’enlèvent rien au gigantisme des ruines. Sur place, c’est l’occasion de vérifier la précision des architectes, qui ont volontairement incurvé l’édifice. Dans sa longueur, le centre se situe en effet 6,75 centimètres au-dessus des extrémités. Si bien que lorsque l’on pose un livre à un bout du bâtiment, on ne peut pas le voir depuis l’autre côté. En réalité, le Parthénon ne compte aucun angle droit, ses blocs ne sont pas parfaitement parallélépipédiques et ses colonnes ne sont pas parallèles. Ces prouesses ont été réalisées dans le but de créer l’illusion d’optique d’une verticalité et d’une horizontalité parfaite. Une telle précision, réalisée avec les outils de l’époque et en si peu de temps – la construction du Parthénon n’a duré que neuf ans – étonne encore les chercheurs aujourd’hui.

 

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Depuis l’Acropole, à 150 mètres au-dessus d’Athènes, la vue est imparable. On voit la ville moderne, imposante. Et on aperçoit d’autres vestiges. L’Agora, le temple de Zeus, le stade panathénaïque… Tant de secrets encore à découvrir, avant de s’envoler vers les villes antiques de Delphes ou Olympie.