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Les secrets du Belize

  |   Amérique centrale et Caraïbes, Atlantico Grand Large, Bélize

 

Niché au cœur de l’Amérique centrale, le Belize est réputé pour ses plages et son climat. Et pourtant, s’enfoncer un peu dans les terres suffit à dévoiler son caractère exceptionnel.

 

Article publié sur Atlantico.fr le 22 février 2014
 

Pris en tenaille entre le Mexique et le Guatemala, le Belize, ce petit pays d’Amérique latine, n’est pas que soleil et plages. Vue sur l’Océan Pacifique à l’est, plongée dans la culture maya à l’ouest. Et pourquoi pas un cours de poterie dispensé par une communauté de femmes yukatanes ? Ou encore une chasse au jaguar en compagnie d’un expert ? Ou, enfin, une longue baignade au milieu d’une crique cachée ? Trois expériences exclusives qui confèrent un nouveau visage à cette destination trop souvent réduite à son potentiel balnéaire.

 

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On part du plus urbain au plus sauvage ; de San Antonio, le plus grand village du district de Toledo,  le seul muni d’électricité. C’est pourtant là que sévit le plus grand respect pour l’environnement. Devant une série de maisons à toits de chaume, un groupe de villageois en costumes traditionnels bigarrés agitent bras et jambes sur des rythmes effrénés. Voilà la danse du cerf sacré, le trait d’union entre l’homme et la nature. Traversé par divers cours d’eau, cette charmante bourgade jouit d’une atmosphère extrêmement chaleureuse. Passée une église catholique en calcaire, on arrive sur une grande place où patiente une poignée de femmes couvertes d’argile. Le cours de poterie peut débuter. Comment ne pas tomber en admiration devant la concentration de ces fées de la céramique ? Une main boueuse vient se déposer sur les travaux en cours. On commence seulement à prendre le pli que la leçon s’arrête. Un travail manuel en amène un autre. De la sculpture on glisse subtilement vers la cuisine pour apprendre à préparer des tortillas, non pas à base d’œufs, mais d’une sorte de pâte au maïs appelée masa.

 

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Un surplus d’énergie propice à une activé davantage physique. Cap sur la réserve de Peccary Hills, à la rencontre d’Omar Figueroa, le spécialiste bélizien des félins. Chercheur réputé, il est parvenu à domestiquer trois pumas et trois jaguars. Et c’est avec la meilleure volonté du monde qu’il ouvre les portes de son royaume d’exploration aux plus curieux. Pas d’expédition, sans présentations au préalable. On retrouve l’expert la veille pour se familiariser à son champ d’études. Quatre ou cinq silhouettes quadrupèdes se profilent au loin, comme un avant-goût du lendemain. Lever aux aurores, pour sillonner la jungle latine. Entre le bruissement des feuilles et les explications d’Omar, le crescendo d’un ronronnement aux accents graves et menaçants. « Pas de panique, explique le guide, il ne faut surtout pas montrer sa peur ». Le bruit s’intensifie à l’approche de deux autres ombres noires. Une paire d’yeux jaune fluo se détache dans les feuillages. On est bien entouré… bien entouré de jaguars. Quel soulagement en voyant leur collier. L’état de sauvagerie a ses limites, même dans la forêt.

 

Walking Jaguar

 

Noyé entre les lianes et les épines, un point d’eau serait le bienvenu. Cela tombe bien, puisque la réserve aux fauves jouxte une crique secrète. On se gare, en bord de route, au milieu de nulle part. Une veste en toile ? Par cette chaleur ? Des chaussures à crampons ? En effet, il faut souffrir (un peu) pour trouver de belles lagunes. Pas question de déraper, de s’érafler en cours de route. Retrouvailles avec les branchages que l’on fuyait pour atteindre à un bassin translucide bordé de roches calcaire. On s’immerge enfin dans l’onde, en direction d’une grotte elle-même baignée de lumière. À un défilé de poissons se pavanant devant chaque masque de plongée succède un noir complet. Muni d’une lampe torche, on nage dans les courants frais en quête de vestiges mayas enfouis dans le sable sous-marin.

 

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Côté mer ; côté terre. En haut ; en bas… Comment résister à la tentation d’explorer la crique en surplomb ? On grimpe, tel un singe, au faîte d’un arbre bicentenaire pour contempler l’horizon.  Poussée d’adrénaline qui s’accompagne d’un sentiment de puissance. On s’abstient de lancer un hurlement primaire « à la Tarzan », et pourtant… c’est un cri d’effroi que certains poussent une fois suspendus dans le vide ; car le but de cette ascension aérienne est bien de se laisser glisser le long d’un câble au-dessus de la flore et de la faune. Avec la vitesse, le paysage se brouille en un amas de couleurs caléïdoscopique. Une pensée pour les peintres impressionnistes qui avaient l’habitude d’exprimer leurs émotions à travers mille touches de peinture. De retour sur la terre ferme, un filtre à pois se pose sur la réalité de la nature. Une fois les petits points disparus de son champ de vision, on peut se targuer d’une expérience riche en sensations.

 

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On enlève son casque, comme pour reprendre ses esprits. Et ça repart ! Les plus endurants récidivent ; tandis que les nageurs repiquent une tête dans les courants contradictoires de l’eau. Chaud, froid ; froid, chaud. On ne sait jamais à quelle température se vouer. Et c’est tant mieux. Retour à San Antonio pour déguster une succulente tortilla. Peut-être ira-t-on voir la mer le lendemain. Peut-être pas. Après tout, l’intérieur des terres béliziennes ne manque pas de charme.