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Les privilégiés du Musée des beaux-arts de Montréal

  |   Amérique du nord, Arts & Musées, Canada, Découvertes

 

Véritable modèle en termes d’intégration social, le Musée des beaux-arts de Montréal propose des formules très variées pour ses abonnés, pour ne pas dire membres. « En janvier 2015, nous avons rebaptisé nos membres VIP (les deux premières lettres forment les trois quarts d´un « M » majuscule quadricolore, logo du MBAM) afin de leur faire prendre conscience des privilèges qui leur sont offerts en tant qu´abonnés», explique Danielle Champagne, la directrice de la Fondation du Musée et notre interlocutrice du jour. D’où, également, la double subdivision du cercle Président, destiné aux ultra-riches.

 

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Le MBAM est passé de 36 à 98 000 membres, à savoir « VIP », en trois ans (2011-2014). La première réforme appliquée aux memberships repose essentiellement sur l´intervention croissante des Millennials (c’est ainsi que l’on appelle les jeunes de 25-35 ans en Amérique du Nord, ndlr) dans les affaires du musée. « Notre cercle dit philanthropique implique de jeunes actifs qui se portent volontaires pour nous aider à démarcher différents profils. En compensation, ces généreux bénévoles se voient invités à plusieurs événements clés du musée, à des « D-vernissages », par exemple, qui correspondent aux deux semaines de clôture d’une exposition. Ils ont également la possibilité de rencontrer des conservateurs, des artistes, ou des professionnels du marché de l’art dans le cadre de nos quatre soirées spéciales « Art Séries » ; et la chance de recevoir des invitations pour 2 à des vernissages d´exposition d’art contemporain. Des initiatives qui relèvent de l’« Edutainment » (concept à cheval entre l’Education et l’Enternaiment) »

 

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Cette main d’œuvre, gratuite, compte plus de 500 mains fortes (le double si l’on veut être exact), un effectif qui dépasse l’objectif des 300 que s’était fixé le MBAM. « Nous avons raccourci le mandat de nos bénévoles afin de permettre à plus de jeunes de participer à la vie du musée », poursuit Danielle Champagne, avec fierté et admiration pour cette génération de passionnés, sans qui ses nouvelles formules d’abonnement n’auraient sûrement jamais vu le jour.

 

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La catégorie de membership supérieure est réservée à de jeunes hommes d’affaires, couramment surnommés « anges financiers », au Québec. De là le nom de « cercles des anges », désignant un package de 5 000 dollars (3 500 euros). « Ce que nous souhaitons offrir à ces étoiles montantes du monde entrepreneurial, c´est tout ce que Money Cannot Buy (tout ce que l’argent ne peut acheter). Le premier événement que nous avons organisé pour eux était une visite des réserves. Parallèlement, nous veillons à proposer des expériences gastronomiques tout aussi originales et exclusives. » Pour 25 000 dollars ( 17 000 euros) le « cercle élite », le plus cher d’entre tous, embrasse tous les avantages des autres abonnements, et garantit un dîner en tête-à-tête avec Nathalie Bondil en personne, la directrice du musée. Un honneur ! Entre les deux, le « cercle président » (10 000 dollars, soit 7 000 euros), qui date de 1860, demeure.

 

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N’oublions pas le « cercle force femmes », créé l’année dernière, à l’occasion de l’exposition consacrée au Groupe de Bever Hall. « C’est la première fois que la parité était atteinte parmi les artistes à l’affiche. Comme il est plus dur de rassembler des fonds pour les expositions 100% canadiennes, nous avons eu l’idée de contacter les femmes d’affaires les plus influentes du pays. Nous en visions 20, et en avons trouvé 27 prêtes à nous aider. Il s’agit de business women engagées, qui pouvaient bien sûr venir à nos soirées et vernissages en compagnie des représentants des causes qu’elles défendaient. L’enthousiasme de nos bienfaitrices est tel qu’elles nous ont demandé de reconduire leur cercle, cette année. »

Quant à la « carte Globe-trotteur », enfin, elle constitue la « base » de chacun de ces cercles et donne accès à plus de cent musées nord-américains, parmi lesquels le Museum of Contemporary Art de Los Angeles (MOCA), The Phillips Collection de Washington, The Royal Ontario Museum de Toronto… Tous appartiennent à la Museum Alliance Reciprocal Program (MARP) et à la Reciprocal Organization of Associated Museum (ROAM). Face à cette tentation, doit-on parler de cornes du diable ou de cornes d´abondance, tout simplement ? Quelle chance dans tous les cas !