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Méditerrané

Les plus beaux golfs de Méditerranée

  |   Atlantico Grand Large, Europe, France, Italie, Sardaigne

De Spérone en Corse à Pevero en Sardaigne. Un parcours unique entre quelques-un des plus beaux parcours de golf du monde.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 22 mars 2014
 

Proximité, soleil et dépaysement. Il n’en faut pas beaucoup plus pour aller en Corse. Quoique, certains viennent y parfaire leur technique de drive. À ceux-là on ne présente plus le domaine de Spérone, un des parcours les plus prisés d’Europe. Avis aux golfeurs, donc : le domaine de Murtoli ouvre son propre terrain de jeu en ce mois de mars. Un six, neuf ou dix-huit trous ? Il faudra  aller le voir pour le savoir.

 

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Au XVIe siècle, on y croisait bergers et agriculteurs. Aujourd’hui, vaches et brebis y paissent de nouveau, loin des dangers provenant de la mer. Entre les deux, une période d’inactivité prolongée. C’est à Paul Canarelli que l’on doit d’avoir ressuscité le domaine de Murtoli, il y a vingt ans environ. Son ambition : conjuguer le travail du berger à celui de l’hôtelier. Ainsi, des ruines d’antan sont nés des refuges de luxe. Dix-sept bergeries exactement, séparées par des forêts de chênes, ainsi que des champs d’oliviers. Un patrimoine tant préservé qu’enrichi où se cristallisent diverses facettes de la Corse.

 

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Le matin, au réveil, on rejoint Pierrot dans son potager, pour cueillir tomates et basilic. L’après-midi, on accompagne Fabrice à la pêche, l’occasion de contempler le domaine depuis la mer. Puis retour à la plage. De ce point de vue-là, Murtoli détient le monopole face aux îles reculées : sept kilomètres de littoral parsemés de criques et de sable blanc. Le soir, après quelques brasses dans l’eau turquoise, dîner aux chandelles à La Grotte, un restaurant aménagé dans une cavité naturelle. On se dirait tempi fà, expression corse désignant un état à la fois hors du et dans le temps. Ainsi se mêlent travail de la terre et divertissement, nature et culture, passé et modernité. Un équilibre fragile qu’accuse la construction récente d’un parcours de golf. Un défi pour l’architecte, chargé de respecter le relief des lieux.

 

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De Murtoli on descend vers Sperone, estampillé l’un des plus beaux parcours de golf au monde. Un titre qu’il doit en partie à son sixième trou, invitation à driver au-dessus d’une mer turquoise. Un spot époustouflant qui attire plus de 20 000 joueurs par an. Sa genèse remonte à 1987, lorsque Robert Trent Jones Senior foule la pointe de Sperun. Connu pour avoir créé le Centre Nautique de Bonifacio, chapeauté les travaux de l’Aéroport International de Figari, du barrage de l’Ospedale, l’architecte s’associe à son frère Guy Dewez, et à un certain Jean Kerguen pour fonder le Domaine de Spérone. Un projet qui s’accompagne d’un désir d’apprendre le golf, sport qu’il débute à l’âge de 60 ans.

 

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Guy de Maupassant en Corse ? Tout à fait, l’auteur d’ « Une vie » ou de « Boule de Suif » vouait un grand intérêt au cap de Spérone. « Je voulais voir ce sauvage et dangereux détroit de Bonifacio qui sépare la Corse de la Sardaigne et la ville singulière qui donne le nom à ce passage redouté surtout depuis le naufrage de la Sémillante », écrivait-il en 1882. Que l’on joue ou non, on ne se lasse pas de contempler les eaux translucides du sud au-delà des plaines mi-verdoyantes, mi-rocheuses, qui s’étirent en un long bras que l’on dirait nu, s’il n’était pas perclus de trous et de piquets de golf. Tout au bout, un abri en pierre. Un poste d’observation jadis destiné aux femmes de marins guettant le retour des pêcheurs ? Une cabane à outils ? Une réserve où puiser son matériel de golf ? Ou bien un abri où se réfugier par temps de pluie ? Rien ne le laisse présager, mais c’est le mystère qui contribue au charme du site.

 

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On quitte ce rivage vert de pierre pour rejoindre la Sardaigne, puis l’Italie. Installé à la proue de son yacht privé, on reçoit autant d’images dans les yeux que de vent dans les cheveux. Des pics enneigés se découpent dans le ciel bleu méditerranéen. On accoste sur le terrain du golf de Pevero. Changement de décor radical. Les tons y sont plus chauds qu’en Corse. Des rochers légèrement orangés  balisent le parcours, de même que des flaques de sables blanc-rose. Le gazon, lui, sans être asséché, luit davantage sous les reflets du soleil. On se croirait dans une toile de Cézanne. Quant à l’architecture alentour, elle délaisse pierre naturelle et ardoise pour un granit brique assorti aux tuiles de la région. Comme quoi de la Corse à la Sardaigne, il n’est pas de couleur que l’on dédaigne. On s’en plaint ou on le respecte : le dress code de l’établissement. Le personnel du Pevero se veut intransigeant à ce propos : hors de question de se pavaner en t-shirt, jean, maillot de bain ou short. Le port de tout vêtement coupé au-dessus du genou est strictement interdit. À l’inverse, les chaussures à crampons sont incontournables.

 

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On remet ses sandales en direction de l’Italie. Toujours à bord de son yacht de luxe. Le soleil se réverbère sur la coque blanche immaculée. Practice sur le bateau ! À l’arrière de l’embarcation, un tapis en feutre vert, de même qu’un sac de clubs attendent les joueurs les plus assidus. Ainsi se poursuit ce périple éblouissant aux parfums de Méditerranée.