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L’art depuis Paris jusqu’à Muscat

  |   Atlantico Grand Large, Moyen-Orient, Sultanat d'Oman   |   No comment

 
Article publié sur Atlantico.fr le 29 septembre 2012
 

Orsay, l’Orangerie, le Louvre, le Quai Branly, les Petit et Grand Palais, côté public ; Grévin, Gustave Moreau, Jacquemart André, côté privé. Qui a dit que Paris détenait le monopole de l’art ? Personne, si ce n’est une caste d’iconoclastes bornés qu’il s’agit aujourd’hui de détromper. À Oman on omet souvent de visiter les musées, comme si l’Occident à lui seul concentrait toute la culture du monde. À tort. À Muscat, notamment, trois musées règnent en maîtres absolus sur cette région méconnue.

 

L’européocentrisme, voire la gallomanie n’ont effectivement aucune limite, si l’on considère que certains états-membres, la France en tête, visent à semer à tout prix leur empreinte à travers le monde entier. Muscat s’avère, à ce titre, un exemple de fusion culturelle pertinent. Inauguré le 29 janvier 1992 par le sultan Qabous et le président François Mitterrand, le musée franco-omanais retrace, au sein même de l’ancienne résidence des consuls de France, les différentes étapes des relations qu’ont pu entretenir l’hexagone et Oman depuis le XVIIIè siècle. Géré par le Ministère du Patrimoine et de la Culture, ce monument historique présente des vêtements, des photographies et des documents ainsi que des maquettes de bateaux, des costumes et des bijoux contribuant à l’illustration d’un vrai dialogue diplomatique.

 

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De même, la Bait Muzna Art Gallery tente de faire le lien entre différentes nationalités et surtout diverses techniques. Campé dans une maison traditionnelle à trois étages, ancienne propriété de la famille royale, cet établissement transpire désormais la modernité. Une transformation, en bien, que l’on doit à Sayyida Susan Al Said qui a voulu créer un espace où pourraient cohabiter sans heurts sculptures, installations, collages, films, photos et tableaux. Pari réussi, puisque la galerie en question a le don de dénicher des talents qui attirent chaque année une flopée d’autochtones et de touristes.

 

Musée privé qui a ouvert ses magnifiques portes sculptées au public en 1998, le Beit Zubeïr, enfin, se veut l’œuvre de la famille Zubair. Fenêtre ouverte sur le patrimoine artisanal omanais, sa renommée internationale contraste avec les petits métiers qu’il met au jour et qui ont aujourd’hui du mal à trouver leur place dans la sacro-sainte mondialisation. Armes, meubles, bijoux, costumes, ustensiles de cuisine, et instruments de musique faits-main se conjuguent harmonieusement aux cartes, plans, photographies, manuscrits, documents et timbres d’époque. Couronné du prix de l’excellence architecturale un an après son inauguration, l’ensemble compte trois bâtiments en cours d’expansion, parmi lesquels le « Bait Dalaleel », dont la façade et la décoration intérieure évoquent le style de vie que menaient les Omanais il y a cent ans.

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Voyage dans le temps, voyage dans l’espace ? À Oman s’opère un voyage marquant dans le présent, et rien d’autre, un présent marqué par un passé et un futur, une histoire et un progrès, une mémoire et des rêves où art et tradition occupent une place dynamique.

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