Blog

Namibie - Immersion - Atlantico

Immersion dans la nature de Namibie


  |   Afrique, Atlantico Grand Large, Namibie   |   No comment

Article publié sur Atlantico.fr le 14 septembre 2014

 

Qui dit safari ne dit pas forcément observation d’animaux. En Namibie, c’est une véritable immersion le long de la côte et dans des paysages à couper le souffle.

 

L’avion survole des cratères de volcans depuis longtemps inactifs et des sites marqués par l’impact de météorites vieilles de milliers d’années. Le cœur bondit dans la poitrine. Dans le hublot, les ailes de l’appareil semblent tout à coup caresser le sol. Moindre altitude jusqu’à Rocky Point, avant de s’élever de nouveau très haut dans le ciel. Entre les nuages, on distingue tout de même le point d’atterrissage, la rivière Khumid. Ainsi s’ouvre un merveilleux séjour en Namibie, cette région du sud-ouest africain partageant ses frontières avec l’Angola, au nord ; et le Botswana, à l’est. Un safari, pour être plus précis, sur la Côte des squelettes. Le jeu de mots est moins amusant que cohérent : cette zone protégée doit son nom aux carcasses de baleines échouées sur les plages, sous l’effet du flux et reflux de la mer.

 

Sand Dunes in the Namib Desert in Namibia

 

L’heure du déjeuner sonne pile au moment où la voiture se gare au campement monté près de la rivière Khumib. Au menu : biltong, viande de gibier séchée, et mieliepap, semoule de maïs collante accompagnant toutes sortes de plats traditionnels. À suivre, un ragoût servi dans une marmite noire à trois pieds, appelée potjie. C’est le ventre lourd mais fort bien nourri que l’on s’engage dans le désert namibien, sous la protection d’un guide autochtone. L’initiation au paysage alentour passe par une balade en 4×4 privé, à travers des lits de rivières desséchés, des plaines de graviers, des sources cachées sous diverses dunes. Clou du spectacle : un coucher de soleil flamboyant sur la côte, à proximité d’une des tombes les plus isolées du monde. Une tombe anonyme.

 

Camp en Namibie

 

S’agissant du campement, il se compose de six tentes. Il serait vain de chercher une fermeture éclair dans la toile, puisque chacune s’ouvre et se ferme par le truchement d’une porte. L’autre originalité, pour ne pas dire luxe, réside dans l’espace dont jouissent les voyageurs. Il y a de la place pour au moins dix sacs de couchage à l’intérieur. Au lieu de décupler la literie pour y entasser les gens, les designers ont préféré meubler les tentes comme de véritables appartements. Quand au style, on pourrait le qualifier de « rustique chic », le camaïeux de beige, noir et écru étant censé rappeler le naufrage d’ossements marins sur la côte. Comble du raffinement : la véranda qui prolonge chacune de ces suites extérieures d’un panorama renversant sur les dunes namibiennes. À serpenter entre ces chambres faussement rudimentaires, on finit par remarquer une hutte nettement plus grande. Par la fenêtre, on distingue ce qui ressemble à des étagères de livres. S’agirait-il d’une bibliothèque ? En effet, la salle commune comporte également un écran géant et un bar à cocktails.

 

Eating giraffe

 

Les excursions du lendemain varient selon la météo. Au choix : les châteaux d’argile jalonnant la rivière Hoarusib ou Rocky Point. Le contraste entre les deux est frappant. Lesdits châteaux sont moins des fortifications que des pics de reliefs en argile, des montagnes de taille réduite arborant une couleur brique des plus dépaysantes. Trois ou quatre arbres d’un vert intense se battent en duel. Le repas préféré des girafes. À l’inverse, Rocky Point se rapproche davantage de notre perception d’une côte maritime caressée par le va-et-vient de vagues bleu azur. Choc des couleurs, des matières, et des éléments qui ne laisse jamais indifférent.

 

atlantico-namibie-5

 

On fait le plein d’iode avant de se confronter à la faune et à la flore locales. Direction Cape Cross où réside la plus grande colonie de phoques au monde. Une odeur nauséabonde saisit immédiatement les narines. Comme une puanteur de chien mouillé. Logique quand on pense à la fourrure que revêtent ces adorables mammifères marins. On les imagine volontiers tapant des nageoires avec un ballon en équilibre sur leur truffe, avant de réaliser à quel point les uns sont entassés sur les autres. Ce n’est pas un groupe mais un véritable tapis de phoques qui se profile sur la pierre brûlante. Le soleil cogne autant dans les terres, où l’on s’enfonce de nouveau, à la découverte de champs de lichen. Ce champignon endémique ne se développe qu’en Namibie et en Afrique du Sud à cause de, ou plutôt grâce aux, brouillards côtiers. Il n’a, en effet, rien de nocif puisqu’il sert de nourriture aux autres espèces animales et végétales de la région. À y regarder d’un peu plus près, on dirait de la mousse forestière.

 

Le séjour touche à sa fin. On reprend la route vers Windhoek, capitale de la république de Namibie depuis son indépendance en 1990. Wind comme vent en anglais ? De fait, en afrikaans, langue germanique parlée en Afrique du Sud, Windoek signifie « le coin du vent ». Fondée vers 1844 par Jonker Afrikaner, cette ville nichée à 1 650 m d’altitude comptent environ 300 000 habitants, blancs et métis confondus. Elle consiste en une artère principale, Independence Avenue, une rue piétonne où se concentrent boutiques et restaurants. Le taxi y passe à dessein, sur le chemin de l’aéroport. Quelle frustration à l’idée de ne pouvoir s’arrêter ; ce qui donne, au fond, une bonne raison de revenir !

No Comments

Post A Comment