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Halloween dans le château du comte Dracula

  |   Europe, Roumanie

 

Qui n’a jamais rêvé de fêter Halloween au château de Bran, alias château de Dracula, en Roumanie ? C’est curieux qu’il soit attribué au prince des vampires : le roman de Bram Stoker, publié en 1897, ne situe pas le règne du célèbre Vlad III dans la région de cette forteresse classée aux monuments historiques. Et si on laissait pour une fois mythologie et folklore prendre le dessus, afin de célébrer la Toussaint comme il se doit ?

 

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Stationné au pied des Carpates, on lève les yeux afin de contempler cette forteresse légendaire à la toiture rousse. Comme pour se rassurer, certains comparent le monument au château de Walt Disney. L’ascension en voiture amplifie le suspense. C’est donc là que le fameux suceur de sang aurait vécu ? Pas d’après son père littéraire, ni même aucune autre source historique. La transposition du mythe à Braşov est due à l’absence de château aux alentours du col de Borgo, là où se déroule l’action de Stoker.

 

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Construit pour les Chevaliers teutoniques, ordre militaire médiéval, le château de Bran arborait à l’origine une façade en bois. Le bâtiment fut progressivement remodelé, puis élargi en pierre, au fil des siècles. Si la mémoire collective l’associe traditionnellement à l’Empaleur, surnom du comte Vlad, plusieurs familles s’y succédèrent, du roi Louis Ier de Hongrie, au XIVe siècle, aux Habsbourg, dès 1699. Confisqué par l’état communiste roumain, au lendemain du second conflit mondial, cette résidence royale finit pourtant par être convertie en musée national d’histoire et d’art médiévaux.

 

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Penser que 400 000 à 500 000 visiteurs y transitent par an rend le site moins attrayant, et tout pèlerinage d’une banalité décevante. Il suffit de se voir invité à un événement particulier pour se sentir à nouveau privilégié. La soirée qui s’y tient, par exemple, à l’occasion d’Halloween, le 31 octobre, donne accès à des salles d’ordinaire fermées au public.

 

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Outre des vêtements d’époque, des meubles artisanaux et des armes du Moyen-Âge, on vient savourer des grands crus autour de recettes concoctées à base de citrouille, ingrédient indispensable aux vacances de la Toussaint. L’un des petits salons est métamorphosé en salle de projection, où se succède une poignée de films… d’horreur, cela va de soi. Un hôte déguisé en Dracula accueille les convives, le visage fardé et les cheveux gominés. Les plus superstitieux portent des colliers de gousses d’ail, antidote aux assauts de quelque prédateur aux dents longues. Un prix récompense le costume le plus effrayant, pour ne pas dire « réaliste ». S’ensuit une visite guidée des jardins royaux. La nuit tombée depuis fort longtemps, on n’y voit presque plus rien. De retour à l’intérieur, on constate que les lumières ont, elles aussi, baissé. Un dj officie désormais à la place d’un quatuor à cordes baroque. La soirée se termine théoriquement à 4h du matin, à condition de ne pas mourir de fatigue d’ici là.