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Atlantico - Florence, la fleur de l'art

Florence, la fleur de l’art

  |   Atlantico Grand Large, Europe, Italie

 

Envie d’un weekend entre art et découverte ? Direction Florence, au cœur de la Toscane, entre soleil musées.

 

Article publié dans Atlantico.fr le 2 août 2014 

 

On dit souvent que l’italien ressemble au français, et vice versa. Ne pas toujours se fier aux traductions. Dans le reste de l’Europe, le mot gallery semble ainsi désigner une réalité autre que le terme français. La National Gallery de Londres, par exemple, n’a rien d’un loft animé par des vernissages d’œuvres contemporaines. Elle renferme une collection digne du Louvre, à Paris. De même, Florence compte une poignée de musées dont le simple nom de « galerie » paraît dénoncer l’ampleur. À croire que l’on voit tout en plus grand lorsque l’on voyage. A plus forte raison en Italie qui demeure, au vue de l’histoire de l’art, le berceau de la peinture religieuse au XVIe siècle. Parmi les institutions à ne pas manquer l’Accademia Gallery, l’Uffizi Gallery et la section d’art moderne du Palais de Pittti, trois étapes indispensables en vue d’un séjour inoubliable en Toscane.

 

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On longe la rue Ricasoli, entre le Duomo et la Pizza San Marco. Le regard se pose immanquablement sur l’interminable queue arrimée à la façade d’un bâtiment noirci par le temps. C’est là que se cache la fameuse Accademia Gallery ! Le monument ressemble pourtant moins à une galerie qu’à un musée classique. Il est neuf heures du matin et le vigile annonce une heure d’attente. Logique. Il s’agit de la deuxième « galerie » la plus populaire de Florence. S’il est difficile d’éviter la foule, on peut toutefois profiter des services d’un guide privé, spécialiste de la peinture italienne.

 

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D’après le guide, il est d’autant plus difficile de garder le meilleur pour la fin que l’Accademia Galleria recèle exclusivement de trésors. La visite commence au rez-de-chaussée, au milieu de tableaux-phare de la Renaissance italienne et, à plus grande échelle, européenne. On croise les noms de Paolo Uccello, Botticelli, Le Pérugin, Filippino Lippi… Même si on ne les connaît pas tous, leur talent ne se dément pas. À quoi tient le transport que l’on ressent en pénétrant chaque salle ? À l’enveloppe-même de ce temple de l’art florentin. Il ne faut pas oublier que l’Accademia Galleria dépend à l’origine de l’Académie de dessin de Florence, un lieu non seulement d’exposition mais aussi et surtout de création. D’où le prestige qui l’auréole.

 

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Un prestige qu’entretiennent les maîtres et chefs-d’œuvre exposés, parmi lesquels Michel-Ange et son célèbre marbre, David. Dissimulée derrière un rideau de visiteurs, la statue se dresse au fond de la Galleria dei Prigioni (galerie des captifs). Parce que les ailes d’un musée dit « galerie » peuvent également porter le nom de galeries ! Pas toutes. La Gipsoteca Bartolini, par exemple, dernier espace exploré, s’entend parfois qualifié de salon, de « salon XIXe » (Salone dell’Ottocento). On y trouve notamment des épreuves en plâtre d’artistes ayant étudié à l’Académie, sans compter quelques toiles slaves et instruments de musique venant compléter et élargir la collection de cette imposante institution.

 

Dans la famille « galerie-italienne-qui-s’avère-un-musée », on se dirige vers l’Uffizi Gallery, littéralement la galerie des offices. Pour y entrer, mieux vaut se réveiller aux aurores. À 9h, le bâtiment est déjà pris d’assaut par les plus matinaux. L’art appartient à ceux qui se lèvent tôt. Ouvert au public depuis 1765, cette pseudo-galerie couvre une surface de non moins 8000m². Elle est connue pour abriter la plus belle collection de peintures italiennes au monde. Comme souvent dans les musées, certains murs arborent un carré de poussière. Preuve qu’à cet emplacement se trouvait un tableau. Un tableau dont l’absence se justifie par un prêt ou des travaux de rénovation. Question sensible à l’Uffizi Gallery : l’attentat mafieux de mai 1993 reste douloureux à relater. Aux dires du guide, l’épisode tragique aurait fait une dizaine de morts et 29 blessés, outre d’importants dommages au sein des collections du musée. Si L’Adoration des pasteurs de Gerrit van Honthorst a retrouvé sa place dans le parcours d’exposition permanente, quelques sculptures demeurent en restauration. D’autres œuvres se sont vues redistribuées aux quatre coins de la ville. La chasse est ouverte.

 

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On passe à la Galerie d’art moderne de Florence (Galleria d’arte moderna). Quoique tout soit relatif : par moderne on entend la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux premières décennies du XXe siècle. Le musée se loge qui plus est dans l’aile nord du Palais Pitti. Après tout, pourquoi pas ? La modernité n’est-elle pas fille du passé ? C’est donc dans un écrin on ne peut plus classique que se découvrent les œuvres-clefs du patrimoine toscan, des sculptures d’Antonio Canova aux toiles néoclassiques de Napoleone di Pietro Benvenuti ou Francesco Hayez. On ressort de ce vaste monument en pierre caractérisé par trois séries de sept ouvertures en arche. Une architecture d’inspiration romaine qui confère un irrésistible sentiment de puissance. Pas question de s’arrêter en si bon chemin. À nous deux, Florence !