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Le_Grand_Palais_depuis_le_pont_Alexandre_III_à_Paris

Du côté de la FIAC 2015

  |   France

 

Au sortir d’un déjeuner exceptionnel au Fouquet’s (cliquer ICI), conjuguant le talent de Jean-Yves Leuranguer à celui du chef néerlandais Richard van Oostenbrugge – à Paris pour la semaine-, on se dirige vers le Grand Palais, afin de découvrir, la veille de son ouverture au public, la 42ème édition de la FIAC. Carrefour des plus grandes galeries du monde entier, c’est l’endroit idéal où débuter, ou compléter, une collection d’art contemporain. Visite exclusive.

 

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Arrivé au niveau du Petit Palais, il ne reste plus qu’à traverser. Le temps d’ôter un caillou coincé dans sa chaussure, on envisage de s’adosser contre un mur en ciment, dont on avait oublié l’existence. Normal, il s’agit d’une installation temporaire. Enduite de beurre de karité, la paroi que l’on comptait prendre pour appui est l’œuvre d’un certain Allan Karpov. Le caillou pourra attendre. Sur cette belle échappée, on foule les clous pour franchir le seuil du Grand Palais.

 

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Impossible de ne pas plaindre les visiteurs en file indienne. Ceux-là n’ont pas reçu leur carte VIP. Malgré la queue au dehors, l’intérieur grouille d’amateurs et de collectionneurs. Confronter ces deux cibles d’acheteurs n’est pas de coutume. Cette année, la FIAC abrite non moins de 173 exposants. Et parmi les 23 pays représentés, la France compte 42 galeries. Difficile de qualifier cette manifestation annuelle. Les uns optent pour la neutralité, s’en référant à une simple « foire d’art contemporain ». D’autres, plus audacieux, parlent de « brocante du luxe ».

 

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Difficile, également, de s’y retrouver, tant il y a de stands et de monde. Une tendance ressort toutefois dans la masse : plusieurs artistes ont apparemment choisi de travailler le verre. C’est le cas du Coréen Lee Bul avec son Civitas Solis, par exemple. Ugo Rondinone présente The Stillness (2014) et The Nowhere (2015), métaphores d’une introspection souvent improductive. Chez Nagel Draxler, galerie berlinoise, Kader Attia expose Repaired Broken Mirror (2015), installation percées d’agrafes censées enclore présent et passé dans un même espace. Un peu plus loin, on se reflète dans un grand miroir brisé de David Altmejd intitulé La Chute (2015).

 

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En suivant ce fil directeur, on réalise soudain que le véritable spectacle se tient dans les allées. Entre les millionnaires liftées au botox, les excentriques tatoués ou encore affublés de tenues aussi ridicules les unes que les autres. Pourquoi pas ? Après tout, la FIAC n’a-t-elle pas lieu entre la Fashion Week et Halloween ?

 

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Entre ces étalages surchargés d’œuvres abstraites et de chairs déguisées, on ne sait plus où donner de la tête. Acheter, ou ne pas acheter ? Entre un Robert Combas à 50 000 euros et un triptyque à 50 euros, telle est la question. 80% des visiteurs repartent pourtant les mains vides. Reste la FIAC « Hors les murs ». Et si on allait faire un tour du côté des Tuileries, du Musée Eugène Delacroix et de la Cité de la Mode et du Design, plateformes d’exposition pour des galeries plus jeunes, mais non moins surprenantes ?