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Bolivie - Atlantico

Un désert blanc en pleine montagne

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Article publié sur Atlantico.fr le 2 mars 2013
 

De loin, c’est un mirage. Un grand vide, dans lequel flottent des îlots, reflets des montagnes environnantes. Mais n’est ni un miroir, ni un rêve éveillé. Le salar d’Uyuni, c’est un gigantesque désert de sel. Le plus grand désert de sel du monde.

 

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Depuis 10 000 ans, ce désert blanc de 12 500 kilomètres carrés trône discrètement à 3 638 mètres d’altitude, dans les hauts plateaux du sud-ouest de la Bolivie. Cet impressionnant phénomène géologique est le résultat d’une très forte évaporation. Dans ce cas précis, Uyuni est né de l’assèchement du Lago Minchin. En s’évanouissant, ce lac préhistorique géant en créa deux plus petits, Popoo et Uru Uru, ainsi qu’un autre salar, celui de Coipasa. Concentration de nombreux sédiments, son sol est d’une richesse exceptionnelle. Chlorures, carbonates, sulfate de sodium, potassium et magnésium côtoient le sel de Bore et composent le blanc immaculé de la plaine. Mais le site est surtout réputé par la présence de lithium, métal composant notamment les batteries de nos ordinateurs et téléphones. Selon le United States Geological Survey, il contient la moitié du lithium exploitable de la planète, soit 5,5 millions de tonnes. On est loin des 64 milliards de tonnes de sel, mais cette ressource lui vaut d’être prisé par de nombreuses multinationales.

 

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En sus de cet intérêt géologique et économique, le salar d’Uyuni est un lieu prisé des randonneurs les plus raffinés. On le rejoint en arborant les sentiers courbés et escarpés de la cordillère des Andes. Un parcours difficile et fatiguant, récompensé à l’arrivée par la vision de cette vaste étendue blanche morcelée en une sorte de puzzle géant, tranchant avec un ciel orange sanguine au lever du soleil ou bleu indigo en plein jour. S’enfoncer de quelques mètres au cœur du désert donne l’impression furtive et libératrice d’être seul au monde.

 

Encore plus spectaculaire : atteindre Uyuni par les airs. A bord d’un petit avion privé, d’un hélico ou, le must, d’un ULM. En silence, survoler ce plateau infini, n’écoutant et n’épousant que les envies du vent.

 

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Grand de 150 kilomètres sur 100, le salar paraît vide. Jusqu’à apercevoir Incahuasi, petite colline de la cordillère. Elle ressemble à une île au milieu d’une mer blanche et calme. Une île de corail recouverte de plusieurs centaines de cactus, pouvant atteindre quatre mètres de haut, jusqu’à douze pour le plus grand. Au bord, quelques voitures. Celles des plus aventuriers, qui ont voulu atteindre l’île, grimper à son sommet. La majorité d’entre eux en ont profité pour visiter cet hôtel entièrement construit en sel. A Incahuasi, les bruits parlent de Pescado, une deuxième île. Une colline semblable, de grands cactus similaires, mais pas d’infrastructures. Le vide. La solitude à l’état pur.

 

En période de pluies, les collines deviennent des îles, des vraies. Et le salar moins accessible. Dommage, car le paysage lunaire se transforme alors en un miroir géant, reflétant les montagnes, le soleil couchant ou le ciel étoilé d’Amérique du Sud.

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