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Croix ou bannière en Éthiopie ?

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Article publié sur Atlantico.fr le 8 septembre 2012
 

Ethiopie rime souvent avec pauvreté, guerre et famine. Il est vrai qu’un voyage en Afrique, et plus particulièrement dans cette région, semble souvent insurmontable. D’aucuns appréhendent un conflit politique, d’autres des conditions de vie rudimentaires, entre pannes d’électricité, coupures d’eau, et ainsi de suite. À tort. Au-delà des préjugés, se profilent des paysages magnifiques mêlés à un patrimoine d’une richesse rare. Si les infrastructures touristiques restent à développer, l’histoire demeure, et l’aborder c’est déjà empêcher que les traditions ne se meurent. Désosser l’Éthiopie pour en saisir la chair, voilà le défi à relever lors d’un voyage sur-mesure en Ethiopie. La chair, le corps du Christ. En effet, pourquoi ne pas commencer par l’histoire religieuse ? Ruines, églises et mosquées… Quel luxe de pouvoir  surfer entre les cultes.

 

Début du pèlerinage à Axum, dont l’étymologie trahit le principal intérêt. Classé au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco depuis 1980, ce site archéologique de renom couvre plus de 2000 ans d’histoire. Son exploration se doit d’être complétée par la visite des thermes de la reine de Saba, des ruines du palais du roi Khaleb qui régna sur l’empire au VIème siècle et du musée archéologique, fort d’une collection d’antiquités datant de l’âge pré-chrétien.

 

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Parfait tremplin pour la découverte de monuments symbolisant l’essor du Christianisme en Éthiopie, à savoir la cathédrale Sainte Marie de Sion dont le complexe comprend l’ancienne église construite par l’Empereur Fasilidas au XVIIème siècle, ainsi que la nouvelle cathédrale érigée dans les années 1960 sous le règne d’Haile Selassie.

 

Sur la route de Hawezien, les églises défilent au rythme du moteur. Arrêt à Yeha première capitale de l’Abyssinie, où trônent les vestiges du temple de la lune. Construit selon certaines sources par des Sabéens venus du Yémen, c’est l’un des premiers monuments découverts en Ethiopie. Attenante à ce point de repère historique se dresse une église moderne dédiée au saint Abuna Aftse, l’un des pères du christianisme. Le  musée correspondant expose des pierres gravées en sabéen, grec et guèze. Quel brassage culturel ! Et ce n’est pas fini…

 

Le chemin de croix se poursuit à Gheraelta où se succèdent Abreha we Atsbeha, Beraqit, Debre Mear: Debre Tsion: Degum: Guh: Harerigwa: Hawzien: Korkor, Daniel: Korkor, Mariam, Maaqudi, Papaseyti, Sella. Certaines étant plus accessibles que d’autres, il faut parfois marcher plusieurs heures dans les montagnes. Un kilomètre à pied, ça use, ça use…

 

Alpha, bêta, gamma… Une gamme de 11 bete (églises en amharic), reliées par un mystérieux réseau de tranchées et tunnels court dans les montagnes de Lalibela. Séparées par la rivière Jourdain, elles se divisent en deux groupes. Au Nord on trouve Bete Medhane Alem, une des plus vastes monolithiques au monde (11.5 m de hauteur, 800 m2, 36 colonnes à l’intérieur et 36 colonnes à l’extérieur) creusés dans le roc. Encore un peu et on se croirait dans Fort Boyard. C’est par un souterrain que l’on accède à l’incontournable triade du site : Bete Maryam, remarquable par ses sculptures, Bete Maskal et de Bete Danaghel, construite en mémoire des 50 vierges martyrisées par l’empereur romain Julien au IVème siècle. À côté, cohabitent  dans une même cour deux églises jumelles Bete Debre Sina et Bete Golgotha, interdite aux femmes.

 

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Quant au groupe Est, il comprend les églises Bete Gabriel-Rufael, Bete Mercurios, ancien tribunal transformé en prison avant d’être reconverti en lieu de culte, Bete Emmanuel, un énorme bloc  de 12 m de haut, et enfin, l’église de Bete Abba Libanos, qui, d’après a légende aurait été bâtie par des anges sollicités par l’épouse du roi Lalibela. Retour en Grèce avec Bete Gyorgis dont la forme s’apparente à une croix orthodoxe.

 

Reste l’islam, dont Harar  se pose comme la représentante majeure. Malgré ses 82 mosquées et 300 sanctuaires consacrés à des saints musulmans, la ville apparaît comme un véritable creuset de civilisations.

 

Un séjour riche, sans être ruineux. De toute façon, on s’en fiche. La connaissance n’a pas de prix, même et surtout en Éthiopie, pays indument qualifié de « jungle », où l’on jongle pourtant entre cultes et cultures et ce, au cœur de paysages de toute beauté.

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