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Croisière exceptionnelle à Tromsø, le « Paris du Nord »

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C’est la fin de l’hiver en Norvège. L’une des dernières chances d’embarquer sur un bateau de croisière ou un traîneau à chien, à la chasse aux aurores boréales.

 

Article publié sur Atlantico.fr le 21 mars 2015.

 

Si plusieurs villes d’Europe portent le surnom de « Paris de l’Est », on s’en réfère à Tromsø comme le « Paris du Nord ». La comparaison est d’autant plus flatteuse que cette commune de Norvège est également reconnue comme la capitale de l’Arctique. Sa population s’élève à près de 70 000 habitants, inégalement répartis sur 256 626 km². Échouée sur l‘île de Tromsøya, elle s’articule autour d’un port de plaisance où se reflètent infrastructures et aurores boréales. On cherche le Musée polaire des yeux. C’est en face de cette institution que repose le Vulkana, ancien navire de pêche transformé en bateau de croisière tout confort. Embarquement immédiat !

 

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Qu’il est beau avec sa coque bicolore ! Moitié bois, moitié blanche. On s’imagine déjà assis à la proue, une canne à pêche à la main, à guetter quelque poisson. Cette image se trouble devant le luxe qui règne à bord. Sur le pont trône un jacuzzi d’eau de mer. Doubles, triples, ou quadruples, les cabines se veulent d’une sobriété apaisante, comme le reste du bateau. Des draps en lin écru augurent des nuits complètes et de tout repos. Afin de prolonger – pour ne pas dire confirmer – cette impression, on se rend sans plus tarder au Zen Longe.

 

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L’obscurité de cet espace « détente » surprend. L’éclairage est tamisé par une série de bougies disposées le long d’un parterre de galets. Pas de chaise à l’horizon. Ici, on s’assoit en tailleur. Exercices respiratoires obligatoires. Une lumière jaune poussin émerge du sauna, dont on ouvre timidement la porte. Au sortir de cette première étuve en tek, les hôtesses recommandent un changement de température drastique. N’est-ce pas ce que veut la tradition, que l’on se jette, nu, dans la neige glacée ? Les plus sceptiques, pudiques, optent pour un contraste moins violent. De 90 degrés, on passe à 50 degrés, dans le hammam voisin. La chaleur provient moins de la vapeur ambiante que des plaques de marbre bleuté tapissant la pièce. Ultime étape, le plongeoir de sept mètres, situé à l’arrière du bateau. De là, on se précipite, la tête la première, dans la mer de Norvège.

 

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Le lendemain matin, le tangage s’intensifie. Par la fenêtre, le bitume agit désormais comme un tapis roulant. Effet d’optique qui indique le départ du Vulkana. La croisière commence enfin ! Cap sur les Alpes de Lyngen, Lyngsalpan ou Lyngsfjellan, en norvégien. Il s’agit d’un des plus beaux sites de ski hors piste, en Europe. Selon la météo, l’ascension prend entre quatre et cinq heures. Un pique-nique attend les valeureux randonneurs au sommet. Foin de plats cuisinés, pour le moment. Parmi les spécialités servies, du poisson fumé, du brunost, fromage brun à tartiner sur de fines tranches de pain de seigle, le tout accompagné d’Aquavit, alcool national à base de pomme de terre. Un repas léger qui favorise la glisse digestive.

 

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Sur le chemin du retour, on prête une plus grande attention au paysage polaire, et plus particulièrement aux fjords de Tromsø. Bien qu’on ne l’avoue pas ouvertement, on espère assister à la percée d‘aurores boréales, encore d’actualité à la fin de l’hiver. Il est 17h, rien n’est perdu. Au contraire : le phénomène frappe généralement entre 18h et 1h du matin. Le capitaine ralentit à dessein. Plus on reste, plus la probabilité s’accroît, naturellement. Sur la rive opposée, on observe une série d’ombres en mouvement. Une famille de phoques s’amuse à sauter et taper des nageoires en poussant des cris retentissants. On dit qu’ils bêlent, comme les chèvres. La lassitude progresse quand, tout à coup, le ciel prend une toute autre couleur. Un vert fluo contamine l’atmosphère. On ne manque pas d’être ébloui par ce spectacle indescriptible. La nuit tombe si vite que l’on croit d’abord à une éclipse. Quelle expérience pourrait bien rivaliser avec cette nuée verte ?

 

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Rien à voir : la journée qui suit se déroule en compagnie de chiens de traîneau. On quitte l’écrin désormais familier du Vulkana pour caresser le crin soyeux d’une horde de huskies. Sous la tutelle de deux ou trois mushers, on est invité, non seulement à nourrir les bêtes, mais aussi à les équiper. Les chiens de traîneau sont de véritables agneaux, de vraies peluches vivantes ! Proches d’un ronronnement félin, leurs grognements attestent leur impatience plus que toute agressivité. Et pour cause, à peine passagers et conducteurs installés, qu’ils sont déjà partis. Un claquement de fouet retentit furtivement sur la neige quand l’embarcation se met brusquement en branle. On s’habitue instantanément à la vitesse, tant et si bien que les chauffeurs proposent une course de débutants. Le but du jeu s’avère moins de franchir la ligne d’arrivée que d’être le dernier à se voir éjecté de son siège. Chaque chute se ponctue par un assaut de langues baveuses. On aura au moins gagné l’affection de sa monture.

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