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La croisière s’amuse en Norvège

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Des îles Lofoten au port de Bergen, longer les côtes de la Norvège promet pléiades de surprises, des ailerons d’orques aux aurores boréales, en passant par les fjords les plus spectaculaires du monde.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 5 octobre 2013
 

Sortie en mer de bon matin, par un froid lancinant. Enveloppé dans la brume qui pèse sur l’eau, on guette les ailerons d’orques venus chasser le hareng. Un spectacle magique qui vaut la peine de patienter des heures, si ce n’est des jours entiers. Plus on attend, plus on espère aussi voir s’embraser le ciel. D’une pierre deux coups ! L’aurore boréale et les baleines, dans le creux des îles Lofoten, dans le nord de la Norvège. On est bien tenté de plonger, quoique la température ambiante ne soit pas si engageante. En restant à la surface, on est au moins sûr de ne pas perdre une miette de ce qui se profile à l’horizon norvégien. Tout au long d’une croisière exceptionnelle entre fjords et villes bariolées.

 

Picturesque Lofoten

 

Et pourtant, le Gulf Stream rend l’air soi-disant plus doux que dans les régions de même latitude. On tend le museau pour respirer le vent iodé et contempler le paysage à 360 degrés. Lofoten ? Un toponyme qui résonne comme le nom d’une contrée lointaine ; car le dépaysement est au rendez-vous de cette croisière exceptionnelle. Le relief se découpe en autant fjords que le regard peut soutenir ; en de vastes prairies où affleurent chèvres et brebis… Quand le brouillard se dissipe enfin pour laisser percer le soleil, on désespère de ne jamais voir ce pour quoi l’on est venu. C’est dans ce bref instant de doute que les baleines choisissent de faire leur apparition. Un jet d’eau éclate à quelques mètres du bateau, signifiant la présence presque imperceptible de ces mammifères marins. Est-ce une nageoire ou un rocher que l’on croit distinguer sur l’onde ? Parfois mieux vaut prendre ses rêves pour des réalités. Le ciel s’assombrit de nouveau. La nuit s’apprête à tomber. C’est alors que l’éclairage vire du tout au tout.

 

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Il est six heures du soir. Le moment idéal pour commencer à scruter les nuages et vérifier qu’ils ne se voilent pas d’une vive lumière verte. L’archipel des îles Lofoten est un point d’observation privilégié en matière d’aurores boréales. La sécheresse relative du climat est censée favoriser leur visibilité. Éviter la pleine lune, selon le guide local. Engoncé dans un pull, on patiente. Le phénomène peut se manifester jusqu’à une heure du matin. Quand on a conscience des tranches horaires, on ne se réjouit guère à l’idée de passer une nuit en mer. Toutefois, l’escapade en vaut vraiment la peine. À défaut de pouvoir poser un trépied – au vu du tangage régulier – on s’arme d’un appareil photo grand-angle. On éteint le flash, souffle dans ses mains pour se réchauffer, quand fusent soudain dans le ciel d’étranges jets de lumière. Les aurores sont là. Bercé par le mouvement incessant de l’onde, on rejoint tout doucement le rivage débordant d’enthousiasme.

 

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Deuxième étape, sur le continent, dans le sud-ouest du pays. Tout commence depuis Bergen. Si le vieux port surprend par sa palette colorée, le centre-ville jouit, lui, d’une grande effervescence. Les conversations entre commerçants battent leur plein, les boutiques s’ouvrent et se ferment au gré d’un fort achalandage. Et il y a bien sûr les rorbuers, ces cabines de pêcheurs conférant au bourg son aspect bariolé. Rouge, bleu, vert, jaune, bien que l’on se croie tout droit sorti d’un plateau de cinéma, ce festival de couleurs paraît moins carnavalesque que pittoresque. De là, on embarque sur un nouveau bateau privé. Direction les fjords !

 

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La surface de l’eau est camouflée sous un crémeux voile de brume. On ne sait pas si la coque flotte dans l’eau ou dans les nuages. La distinction importe peu à cette heure. Seule la capacité du capitaine de se diriger à l’aveugle mérite l’attention des passagers. On craint de heurter un rocher, de sombrer de manière imprévue au fond de la mer du Nord. Fadaises ! C’est sans mal, si ce n’est sans peur, que l’on traverse le Trolljford, un long passage dont l’étroitesse n’a, au vu de la moindre visibilité, rien de rassurant. Heureusement, la beauté des montagnes dominant le détroit a vite fait de réduire les dernières peurs irrationnelles en poussière. En se reflétant dans l’eau, la végétation transmet à l’onde sa coloration vert forêt. Bravée sans peine, l’obscurité perd de sa grandeur. Et c’est tant mieux.

 

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Une puissante harmonie règne sur la nature norvégienne. Demi-tour vers la case départ, Bergen ; et juste avant, Sognefjord, plus connu sous le nom de « roi des fjords ». Classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, c’est le plus large (4,5 kilomètres) de Norvège, le deuxième plus grand au monde après le Scoresby Sund, au Groenland. Cet incontournable crochet dure au minimum deux heures. Le temps d’apprécier la vue des villes longeant la rive, parmi lesquelles Balestrand, Gudvangen, et Flåm. Les maisons qui s’offrent à la vue tirent leur singularité de leurs couleurs ainsi que de leur forme triangulaire. La pression exercée par les vagues sur la coque du bateau varie selon les endroits. Près de l’embouchure, le fond du fjord monte jusqu’à un plateau de 100 mètres en dessous du niveau de la mer. La profondeur maximale de ce cours d’eau atteint les 1 300 mètres, par endroits, à l’intérieur des terres. Un record qui assoit, en partie, la pertinence de cette expédition exceptionnelle le long des côtes de Norvège.

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