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Contempler les temples du Guatemala

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Article publié sur Atlantico.fr le 1er novembre 2014
 
 

 

Immersion totale en Amérique centrale : au cœur du Guatemala, entre sa nature luxuriante et ses nombreux temples et vestiges mayas.

 

 

On se sent tout petit au pied de cette pyramide de six étages. Se savoir en Amérique Centrale, cerné par le Mexique, le Belize, la mer des Caraïbes, le Honduras, le Salvador et l’océan Pacifique est déjà intimidant, mais face au Tikal, les visages fraîchement dorés par le soleil sont voués à rester pâles. Et ce n’est pas le seul vestige maya qu’abrite le Guatemala. Loin de là ! Passée la visite de ce site monumental, s’ensuit la découverte de Ceibal et la maison de « Maximón » dont les charmes reposent davantage sur la nature qui les enveloppe. En avant pour un séjour d’exception placé sous le signe de l’histoire et de l’archéologie.

 

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Difficile de discerner ne serait-ce qu’un tronçon d’horizon. Le site de Tikal est peuplé de plantes de toutes espèces. Cette abondance végétale est l’une des caractéristiques du Guatemala. Le toponyme dérive d’ailleurs du nahuatl – l’un des dialectes les plus répandus en Amérique latine – Cuauhtēmallān à savoir le « lieu rempli d’arbres ». Si le regard donne raison à cette traduction, force est aussi de constater que la végétation s’est vue, au fil des années, contrainte de cohabiter avec quelques infrastructures. Entre les troncs hirsutes se dessine la silhouette pyramidale d’un temple imposant. Voilà le bâtiment principal de Tikal, l’un des centres culturels majeurs de la civilisation maya, apparue dans la région environ mille ans avant l’ère chrétienne.

 

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Le sol doit être extrêmement fertile pour engendrer une flore aussi développée. La forêt alentour compte de nombreuses ruines. Si les Mayas se plaisaient à y construire leurs maisons, aujourd’hui on y croise des kapoks, espèce végétale sacrée, des cèdres tropicaux, et des acajous dits « du Honduras ». Derrière un bloc de pierre, se cachent parfois un agouti commun, rongeur dont les rayures peuvent servir à qualifier la fourrure de certains félins – on parle dans ce cas de pelage agouti -, un coati à nez blanc, mammifère au museau allongé, un renard gris et, derrière les branches d’un arbre bien garni, un singe hurleur, un aigle forestier, ou un perroquet vert. Mis en garde par le guide, on guette les jaguars et pumas, devenus maîtres des lieux depuis l’abandon du site au Xe siècle.

 

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Si cette zone déserte, quoique anciennement résidentielle occupe près de 60 km2, le parc national qui lui a été rattaché en 1955 épouse plus de 576 km2. Entre deux palais délabrés, s’étire un vaste espace dénué de plantations. On pourrait le croire désherbé à dessein. Pourtant, c’est à force de jouer à la balle que les Mayas, dont la population s’élevait à 120 000 habitants au IIIe siècle, ont créé et asséché ce terrain. Un loisir qui ne les empêchait pas de prier régulièrement les dieux pour de bonnes récoltes. Entre les places circulaires en pierre, dominées par des pyramides, et les bains de vapeur taris, on remarque une série de temples plus ou moins bien conservés par le temps. Une certaine logique se déduit de la suite de nombres arborés par six façades successives. Le dernier édifice doit son nom, « Temple des Inscriptions », aux hiéroglyphes qui le caractérisent. Après quelques minutes passées à essayer de les déchiffrer, on poursuit la visite à travers la jungle, afin d’apprécier le panorama du temple IV, d’où l’on est censé contempler plus de 2 000 ans d’histoire maya. Une ascension de 65 mètres qui vaut le détour.

 

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Sur le chemin de Cobán, on aperçoit une partie des plus grandes réserves naturelles du pays. Leur point commun : une culture exceptionnelle d’orchidées. C’est du moins l’un des atouts que le village de Sayaxché s’efforce de maître en avant. De ce port animé par la vente d’imposants bouquets, on met le cap sur le site archéologique de Ceibal. Tangage pittoresque sur la pirogue à moteur vouée à rejoindre le rio Pasión, le fleuve de la passion. À peine l’ancre jetée, que l’on peut attaquer l’exploration d’une des cités les plus anciennes du monde maya. Trente-et-une stèles à examiner avec une attention égale à la précision des motifs gravés. On s’installe au pied de l’une d’entre elles afin d’entamer un pique-nique local. Au menu : des bananes frites, un kak’ik, pilon de dinde flottant dans un bouillon, du riz, du riz et encore du riz, avec ses indispensables haricots rouges. Gavé dans le bon sens du terme, on reprend la route en direction de la ville de Flores, située sur la petite île du lac Peten Itza.

 

Jamais deux sans trois. Rien de tel que de se lever aux aurores pour traverser le lac Atitlán. À la lueur du soleil levant, les trois volcans en arrière-plan semblent se réveiller. Le ciel rougeoie comme un magma bouillonnant. Ainsi s’illumine Santiago, la terre des indiens dits Zutuhiles. Mise en place d’un marché dynamique au pied d’une église colorée. À deux pas, la maison « Maximón » force la curiosité. A l’intérieur, poupées de chiffons, cartes postales et statuettes en bois, rendent hommage à cette divinité locale. Culte 100% païen, puisque certaines effigies en vitrines se voient entourées de paquets de cigarettes et d’alcool. Le spectacle est plus amusant que choquant. On retourne à l’embarcadère, le sourire aux lèvres, en pensant aux pépites qu’abrite l’étape suivante, San Antonio Palopo.

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