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guangren temple , Xian, China

Le cœur de la Chine, entre art et histoire


  |   Arts & Musées, Asie, Chine, Découvertes, Villes & Architecture

 

A Xi’an, cité trois fois millénaire et ancienne capitale de la Chine, difficile d’établir un séjour thématique, tant tout est incontournable. Architecture, patrimoine, art et héritage se partagent la vedette d’un voyage exceptionnel.

 

Avec plus de 3000 ans d’histoire, Xi’an est l’un des villes les plus anciennes de Chine. Capitale du pays du XIe au VIIIe siècle avant J.-C., Xi’an est un exceptionnel concentré d’art et d’histoire, qui mérite que l’on s’intéresse autant à son patrimoine artistique qu’architectural, ainsi qu’à son héritage scientifique et religieux.

 

Quels sites sélectionner ? Les principaux, à savoir le Musée de la Forêt des Stèles, imposant par l’ampleur de ses fonds, la Pagode de l’Oie Sauvage, symbole de la ville dont le nom constitue déjà une invitation en soi, le Marché Médicinal aux mille merveilles et la Grande Mosquée, l’une des plus grandes d’Asie. Ainsi se voient réunis tous les ingrédients d’un voyage d’exception.

 

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La visite commence au pied de la muraille de Xian, vestige des remparts construits en 194 avant J.-C., pour protéger la ville d’éventuelles attaques étrangères. Là, se tient un bâtiment surprenant, composé de deux toits rebiquant reliés par des colonnes rouge vif. Voilà le fameux Musée de la Forêt des Stèles. À l’intérieur, 4000 pièces divisées en trois sections, la première consacrée aux peintures bouddhiques allant de la première période (2205 – 1767 av. J.-C.) à la Dynastie de Tang (18 juin 618 – 1er juin 907) ; la deuxième composée de 1 100 tablettes arborant des textes canoniques chinois, tels les écrits de Confucius et de Mencius, et dont certaines, gravées en Syrie et en Chine, évoquent la fondation, au VIIe siècle, d’une église par des chrétiens venus par la route de la Soie. Quant à la troisième étape du parcours, elle abrite des sculptures animalières sur pierre, des frises, des bronzes et des bijoux estampillés Tang.

 

giant wild goose pagoda at night

 

Un peu plus au sud, se trouve la Pagode de l’Oie Sauvage. Érigée en 652, cette grande construction de bois et de briques (64 mètres de haut) n’est autre que le symbole de la ville de Xi’an. De l’extérieur, on dirait un accordéon distendu, posé à la verticale et surtout amputé de ses claviers. Combien d’étages ? Cinq à vue d’œil. Partie intégrante du Temple de la bienveillance, dont la fondation remonte au milieu du VIIe siècle, cet édifice religieux renferme des textes sacrés rapportés par de vieux pèlerins. Parmi ces figures tutélaires, Xuan Zang, à qui l’on doit la traduction de nombreux sermons en chinois. C’est d’ailleurs à cet illustre personnage qu’est dédié le bâtiment annexe que l’on aperçoit devant l’entrée de la pagode.

 

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Un trop-plein d’informations qui pourrait bien flanquer la migraine à certains. Raison de plus pour visiter  le Marché Médicinal de Xian. Difficile de circuler entre les sacs débordant de remèdes d’origine tant végétale, animale que minérale. Si les salamandres, les serpents et les scorpions séchés ne donnent  pas spécialement envie, les champignons (hallucinogènes ?) ainsi que les élixirs d’émeraude et de lapis-lazuli ont déjà plus d’attrait.

 

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Remis d’aplomb, on sort de Xi’an pour se diriger vers le Mausolée de l’empereur Qin, site archéologique où ont été découverts plus de 6000 guerriers sculptés « grandeur nature ». Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce monument funéraire comprend le tombeau dudit monarque, ainsi qu’une grande armée dite « de terre cuite » ou « d’argile », exhumée à partir des années 1970. Outre qu’elles soient presque toutes accompagnées d’un fidèle destrier, ces statues, datant de 210 av. J-C, possèdent quasiment toutes un visage différent et surtout intact. Une diversité et une précision qui laissent imaginer l’ampleur du travail abattu. Voilà à quoi ressemblait donc la cavalerie de l’empereur Qin, aujourd’hui réunie sous une espèce de tumulus de 115 mètres de haut.

 

vivid terracotta warriors

 

Retour en ville, à la découverte de la Mosquée de Xi’an, la plus grande et la mieux conservée – n’ayons pas peur des superlatifs ! – de Chine. Fondée en 732, elle symbolise l’ouverture des Tang – encore eux ! – aux communautés étrangères. Difficile de déterminer une unité architecturale dans ce vaste ensemble (12 000 m²) étant donnée la variété de styles combinés. Si la majorité des bâtisses en bois s’avèrent de tradition islamique, le minaret – tour vouée à dépasser les monuments adjacents -, la salle des prières et le mirhab – niche indiquant direction de la de La Mecque – se veulent d’inspiration musulmane. En revanche, les toitures recourbées, les arcs et les pavillons trahissent une influence chinoise. Sans compter les cours intérieures parfois habitées de bassins à nénuphars, qui font de ce site avant tout religieux, un endroit féérique.