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Ça balance pas mal à Montréal

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Station Laurier. Au détour de larges artères (L’Amérique du Nord a, c’est bien connu, les yeux plus gros que le ventre) un haut (plus haut qu’en France, du moins) building. Et au quatrième étage (seulement) de ce building, un dédale de couloirs déserts. Chacun abrite des bureaux d’entreprises diverses. C’est là, passé un entrelacs de traversins mauves entassés dans un coin, que nous avons rencontré Mélissa Mongiat, la co-fondatrice des Balançoires musicales de Montréal, l’une des attractions estivales les plus populaires du Quartier des Spectacles, voire de la ville.

 

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Tout autour, des étagères surpeuplées de livres. Un plan de travail immaculé, quoique tapissé de papiers et de stylos. Un. Non, deux iMac chargent paisiblement sur une table, tandis que la designer « brainstorme » (Eh oui, on est au Québec. Les anglicismes sont de rigueur !) avec ses collaborateurs dans des fauteuils (volontairement ?) dépareillés. Pas de doute. Nous voilà dans un studio d’artistes. Un vrai !

 

Swings

 

« Ah bon ?! Les balançoires sont déjà sorties ? Je n’étais pas au courant. J’étais en voyage la semaine dernière. » Et Mélissa Mongiat d’expliquer que les représentants du Quartier des Spectacles, avec qui elle est restée en très bons termes, bien sûr, sont désormais responsables de la programmation et de la mise en place de sa création. « Nous leur avons vendu un kit de balançoires que leurs équipes techniques sont parfaitement capables de monter. »

 

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Rembobinons, un instant. L’installation en question est née en 2011. Elle consiste en un ensemble de 21 balançoires, pouvant émettre la musique de quatre instruments différents, le vibraphone, la guitare, la harpe, et le piano. Quand les passants s’y assoient et synchronisent leurs efforts, on assiste alors à un véritable street concert. « C’est magique », lance notre interlocutrice. « D’autant que nous avons veillé à ce que toutes les mélodies composées soient harmonieuses. » Plus on se balance haut, plus les notes produites sont aiguës.

 

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Le but de cet instrument collectif était non seulement de ressusciter un quartier souffrant d’un profond manque de visibilité (« Le site qui nous a été confié se trouve entre la Place des Arts et le Pavillon des Sciences de l’UQAM »), mais aussi d’amener des couches sociales radicalement opposées à se rapprocher et communiquer. Mission accomplie ! En 2015, Mélissa Mongiat et son associée Mouna Andraos ont reçu une bourse de la Knight Foundation de Miami, qui leur permet aujourd’hui d’exporter leurs balançoires (à San José, qui compte le plus de SDF aux US ; à Détroit ; à Palm Beach, où les disparités sociales sont criantes ; dans le Financial District de New York…), tout en développant d’autres projets, dont un dans la ville de Messa, en Arizona. Il s’agit d’un autre dispositif musical, un dallage muni de capteurs sensibles aux mouvements des ombres. Cette installation est permanente. À bons entendeurs…

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