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Ça balance pas mal aux Etats-Unis !


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A Paris, les soirées swing et rétro fleurissent. L’occasion de retourner au berceau du jazz, du lindy hop et du blues. Direction les Etats-Unis, du Missouri à la Louisiane, sur les traces de Louis Armstrong et d’Elvis Presley.

 

Article publié sur Atlantico.fr le 15 novembre 2014

 

« Ça balance pas mal à Paris » ! Avec l’essor du lindy hop et du charleston, dansés respectivement seul ou en couple sur une musique swing, les soirées rétro se multiplient dans la capitale française. Il ne faut pourtant pas oublier d’où elles tirent leur origine : les États-Unis. Saint-Louis, dans le Missouri, Memphis, dans le Tennessee, Tupelo et Oxford, dans le Mississippi, et la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, sont les berceaux du blues, né à la fin du XIXe siècle. Si l’on a effectivement « quelque chose (en soi) de Tennessee », il ne faut pas oublier que l’on est, avant tout, de «  Paris / Pas de Memphis », ainsi que le rappelle Michel Berger dans deux de ses titres. Découverte musicale exclusive du sud-est des US.

 

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Pas un building le long de route 66. Où sont les usines aux enseignes disproportionnées ? On a du mal à se croire aux Etats-Unis. À gauche, un pont revêt l’apparence d’une sorte de chaîne raidie. D’où son nom, le Chain of Rocks Bridge. L’infrastructure traverse le Mississippi depuis l’état de l’Illinois au Missouri. Passé le panneau « St Louis », une immense arche se dresse en surplomb. Il s’agit de la Gateway Arch (192 mètres de haut), l’emblème de la ville. Il est tard, la nuit commence à tomber. L’heure d’aller swinguer. A Soulard. On croit d’abord à un mauvais jeu de mots alors que le nom désigne bien un quartier français. Des années que Saint-Louis se voit associer au blues. « Saint-Louis blues » est même le titre d’une chanson reprise par Louis Amstrong. A ne pas confondre avec les Blues de Saint-Louis, l’équipe de hockey locale, dont le blason consiste en une note bleue au crochet ailé. Le bâtiment en brique dont s’échappent de bruyants accords, c’est Hammerstone’s, un bar irlandais offrant des performances live 7 jours sur 7. Le mercredi soir et le dimanche après-midi sont réservés aux jams, à savoir des sessions où musiciens et danseurs improvisent enchaînements de notes et de pas. Tous en cercle ! Les couples s’illustrent dans des passes complexes. L’initiation au lindy hop peut commencer !

 

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Une introduction probante. On s’enfonce un peu plus loin dans le sud des États-Unis et la culture jazzy en roulant jusqu’à Memphis, la capitale du blues. Le fantôme d’Elvis Presley y règne encore : le King y a vécu ; le King y est mort. Dans les diners tournent encore en boucle les titres de son album From Elvis to Memphis. Il en va de même dans les bus touristiques à thème musical. Des extraits ponctuent les explications dispensées par un bluesman sur l’histoire du rock. On sort de cette camionnette, que l’on dirait tout droit débarquée des années 1950, pour s’engager dans la tournée des bars de Beale Street. Les enseignes brillent de mille couleurs. Conjuguée aux rires communicatifs des passants, la cacophonie ambiante en devient pittoresque. Pas d’adresse incontournable. L’importance est de s’imprégner de l’atmosphère nocturne.

 

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Le lendemain, direction le Rock’n Soul Museum, cet énorme bloc de briques bordé de balles de tennis, ballons de basket et de foot, en pierre. À voir également : les Studios Sun, où Elvis enregistra sa première chanson « That’s all right Mamma » ainsi que Graceland, résidence du chanteur située au 3764 Elvis Presley Boulevard ; cohérence oblige. Dès lors, le séjour se transforme en pèlerinage.

 

Si le King s’est éteint à Memphis, il est né à Tupelo, prochaine étape de ce voyage sur-mesure. Dans cette ville de 34 000 habitants il n’y en a, encore, que pour Elvis. De la quincaillerie au fast food où il avait l’habitude de se rendre, partout, un véritable culte lui est rendu. La ville n’étant pas grande, on peut conclure la journée par une visite d’Oxford, petite commune du Mississippi dont l’activité commerçante et musicale se concentre sur la place centrale. « Des vynils, des vynils ! Qui veut des vynils ?! »

 

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Autre carrefour du blues : Clarksdale dont l’image est étroitement liée au destin de l’un des plus grands bluesmen du monde, Robert Johnson. Surprenant, mais c’est bien la guitare du musicien que l’on aperçoit suspendue au croisement des routes 61 et 49, souvent mentionnées dans le répertoire local. On se couche sur l’une des pelouses du National Military Park, du jazz dans les oreilles. Pas question de décrocher !

 

Pas avant le terminus, du moins ! A la Nouvelle-Orléans (enfin !), promenade obligatoire dans le Vieux Carré, alias Carré Français, pour contempler et photographier les demeures historiques, leurs balcons en fer forgé, et leurs patios secrets. Brunch dans un restaurant « cajun ». L’adjectif, dérivé d’Acadien, puis de cadien, désigne les francophones de Louisiane. On préserve ses forces jusqu’au soir. Pas question de passer seulement à Bourbon Street ou Preservation Hall. On a toute la nuit pour explorer les clubs de jazz de ces deux quartiers-phare. On en profite !

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