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Buenos Aires sous le spectre de l’art contemporain


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Entre musées, galeries et street art, la capitale de l’Argentine est déjà une référence dans le domaine de l’art contemporain. Tour d’horizon des œuvres à ne pas manquer.

 
Article publié sur Atlantico.fr le 15 mars 2014
 

Dans le vaste domaine de l’art contemporain, on a désormais tendance à comparer Buenos Aires à Paris. Et pour cause, la capitale de l’Argentine est devenue le foyer de nombreux artistes en quête de critiques bienveillantes. Première étape, pour un aperçu de la scène artistique argentine : le Museo Nacional de Bellas Artes, autrement dit, le Musée National des Beaux-Arts de la ville. Tout autour, une myriade de galeries, d’ateliers, de fresques, de graffitis qui taraudent voyageurs et autochtones. Des chefs-d’œuvre qui passent trop souvent inaperçus alors qu’ils se révèlent être le terreau d’un voyage exceptionnel.

 

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Quel est cet immense bâtiment à colonnes rouges ? L’ex-Casa de Bombas, c’est-à-dire l’ancienne station de filtrage d’eau potable de Buenos Aires. Reconverti depuis 1932 en un musée de renommée internationale, le MNBA retrace, entre autres, l’histoire de l’art contemporain argentin. Ainsi se résume le discours d’accueil de l’un de ses conservateurs. Sur ces mots s’embraie la visite privée. On garde le rez-de-chaussée pour la fin. C’est là que reposent plus de 150 000 albums d’art. Si le premier étage se destine à diverses activités ou animations artistiques, le second ne compte que deux salles d’exposition. Mais alors où se cache la peinture de nos contemporains latinos ? Au sous-sol, pour la plupart. On détourne un instant son regard des Rembrandt, Rubens, Renoir, Cézanne, présentés parmi les acquisitions les plus prestigieuses du pays tout entier, pour s’extasier devant un Cándido López, un Enrique Alonso ou un Fernando Fader. Des noms jusqu’à lors inconnus au bataillon français, comme autant de lacunes qu’il convient de pallier.

 

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Pareille mise en bouche appelle un plat de résistance. Cap sur le MAMBA, qui ressert le « focus » sur l’art contemporain. Le paradis des âmes sensibles au cubisme. On y retrouve des compositions plus improbables les unes que les autres, tous supports confondus. Aux sculptures d’Enio Iommi, se superposent les collages d’Antonio Berni, les installations de Mónica Van Asperen… Quant au lieu, en soi, rien de plus classique. Un bâtiment en pierre dont le style roman contredit les collections de son intérieur épuré à souhait.

 

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Les amateurs de Street Art y sont attirés comme des mouches par le miel. Comment passer à côté de cette devanture taguée ?  Ainsi se distingue la Galerie ELSI DEL RIO. Sans compter la fresque qui orne sa cour intérieure. Inaugurée en 2000, cet espace est l’un des plus réputés sur la scène culturelle de Buenos Aires. Il n’est pas improbable de tomber, au gré d’une promenade urbaine, au beau milieu d’un vernissage. Toujours dans le quartier de Palermo, la galerie Mar Dulce. En tous points opposée à la précédente, cette salle d’exposition regroupe les œuvres de vingt-six artistes locaux spécialisés en petits formats. Les prix y sont raisonnables, si bien que l’on risque de craquer facilement pour une photo ou un paysage coloré, autant de travaux mis en valeur par la blancheur impeccable des murs. Le local jouit d’une forte luminosité. On dirait à la fois un musée et un atelier d’artiste. Dur de savoir ; ce qui n’empêche pas de profiter de la visite.

 

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Cap sur San Telmo, à l’est, où rivalisent notamment trois galeries. Ancienne cour de l’Argentin Domingo French, La Galerie El Solar de French est une galerie abritant antiquaires, artisans et photographes. Elle n’a rien de français si ce n’est son nom. Le dallage ardoise sous l’arcade qui l’introduit contraste avec les tons chauds qui colorent l’ensemble de la ville. Non loin de là se dresse une ravissante maison coloniale datant des années 1880. Il s’agit du Pasaje La Defensa. Toute de pierre conçue, cette demeure se compose de deux étages surplombant un patio où logent antiquaires et peintres. On s’arrête enfin devant un hôtel, La Galeria del Viejo Hotel. Caché depuis 1890 dans la rue la plus vieille de la capitale, cet établissement sert d’atelier et de galerie à divers artistes argentins. Un long couloir jalonné de plantes et de carreaux bleus et jaunes mène à des espaces de création et d’exposition fascinants. Des taches de peintures et des chiffons au sol confirment la vocation du lieu. On est bien dans le quartier bohème de Buenos Aires.

 

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Réflexion faite, plus le soleil brille, plus on a envie de rester à l’extérieur et non de passer de musée en musée, d’atelier en atelier… Ça tombe bien, les rues de Buenos Aires arborent suffisamment de graffiti pour satisfaire les amateurs d’art et de beau temps. Parmi les nouveautés du Street Art argentin : un personnage aux allures de fœtus co-signé Seth, Shonis, Nerf, Dano et Isag, produit d’une collaboration franco-argentine. De son côté, l’artiste australien Fintan Magee vient d’achever sa quatrième fresque « The Displaced » (le déplacé) sur un immeuble à quatre étages de Saavedra. On doit enfin à Rana « Fear and Loathing in Buenos Aires ». Inspirée du film Las Vegas Parano (Fear and Loathing in Las Vegas dans sa version originale) de Terry Gilliam, la fresque, située au cœur de la ville, est déjà une adresse reconnue et prisée. Comme l’est devenue la capitale argentine dans le monde de l’art contemporain.

 

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