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Un séjour parfaitement dessiné

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Deux entrées délimitent le 17 rue Richelieu. La porte de gauche mène directement au Drawing Lab, centre d’art privé situé au sous-sol du Drawing Hotel, accessible par la porte de droite. Quelle affaire… de famille ! Tandis que Christine Phal gère la programmation du Lab, sa fille, Carine Tissot, veille au bon fonctionnement de son quatre étoiles, idéalement situé dans Paris. On doit à cette dernière une visite guidée en toute exclusivité.

« Bien sûr, il s’agit d’offrir aux voyageurs un emplacement idéal et un confort sans précédent au cœur de la capitale Toutefois, le Drawing Hotel doit être plus qu’une expérience ponctuelle à leurs yeux. Il faut qu’ils puissent se promener d’un étage à l’autre en sachant que la prochaine fois qu’ils viendront certaines choses auront changé ». L’établissement est entièrement dédié au dessin contemporain. Divers artistes auront carte blanche pour exposer dans le hall et même décorer la cage d’escalier. « C’est leur terrain de jeux », poursuit notre guide. « Je suis contente de me laisser une marge de progression. Je ne voulais pas saturer les murs de motifs pour ne pas suffoquer la clientèle ».

Si la programmation du centre d’art dépend d’un comité ad hoc, les cinq artistes à l’œuvre dans le reste de l’immeuble ont été désignés par Carine Tissot. Ainsi, le duo de Street art Lek et SoWat s’est approprié le premier étage. « Ils sont venus adhésiver une œuvre réalisée en atelier ». Le deuxième niveau est signé Abdelkader Benchamma ; le troisième, reflète la méticulosité de Clément Bagot ; le quatrième, « 100% moquette », revêt l’empreinte végétale de Françoise Pétrovitch. C’est enfin Thomas Broome qui s’est approprié le cinquième. Certains ont même accepté de dessiner des têtes de lit assorties à leur création. Autrement, les chambres ont été aménagées par l’agence franco-italienne NICO, qui a su apporter une touche méditerranéenne au patio, celui qui prolonge l’espace bar, au-delà de l’accueil. Et la maîtresse des lieux conclure, à ce sujet, « Je tenais à ce qu’une pièce de design authentique occupe chaque chambre ». Les clients n’ont qu’à bien se tenir !

Côté restauration, il n’est pas de salle à manger à proprement parler. Seules quelques tables au rez-de-chaussée accueillent le petit-déjeuner, le goûter et l’apéritif. « C’est moi-même qui fais les gougères ! » La recette en question est à tomber par terre. Étayé par un mur végétal encore bourgeonnant, le toit peut abriter ponctuellement réceptions et cocktails. On y aperçoit la Bourse du commerce, où Français Pinault a prévu d’exporter sa collection. L’ouverture du bâtiment revisité par l’architecte japonais Tadao Ando aura lieu janvier 2021.

De retour au sous-sol, le temple de Christine Phal, une question s’impose : pourquoi cet hommage au dessin ? « Je ne saurai vous dire comment j’en suis venue à partager la passion de ma mère. Certes, quand j’avais seize ans, j’assistais aux vernissages qu’elle organisait, mais je me suis ensuite engagée dans un voie totalement différente. Un jour, elle m’a appelée pour que je lui lui en vienne en aide. Ce qui devait se limiter à un simple coup de main est devenu un travail à temps plein, voire à une opération de survie. Je me souviens avoir couru acheté des chauffages individuel pour chacun de nos artistes exposés au Carreau du Temple. C’était avant la rénovation du site », raconte Carine Tissot

Le comité chargé de la programmation du Drawing Lab compte cinq experts, à savoir Daria de Beauvais, curatrice au Palais de Tokyo, Agnès Callu, conservatrice au cabinet d’arts graphiques du Musée des arts déco, la collectionneuse Sandra Hegedus, Marc Donnadieu, le conservateur responsable de l’art contemporain au LaM de Lille Métropole et Philippe Piguet, critique d’art (Journal des arts) et directeur artistique de DRAWING NOW PARIS. Chaque manifestation s’accompagne d’un catalogue, rédigé en bonne et due forme, et surtout complété d’une sorte de journal de bord revenant sur les différentes étapes de chaque projet.

A découvrir, voire acheter, dans la boutique de l’hôtel, en sus des produits dérivés signés de la main des artistes. L’hôtel jouit également d’un partenariat avec la fameuse marque de crayons de couleurs Faber-Castell. Les étalages jouxtent le comptoir d’accueil où Ambre Cartier remplit son office d’Art Concierge. C’est la deuxième personne à porter ce titre, après Julie Eugène du Royal Monceau. Grâce à cette source d’informations intarissable quant aux événements artistiques à ne pas manquer dans la capitale, les clients du Drawing Hotel peuvent également se promener en dehors de leur chambre, aussi confortable soit-elle.

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