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Ajaccio, axé art et histoire

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Forte d’environ 70 000 habitants, Ajaccio s’impose comme la commune peuplée de Corse. Parce que Napoléon Bonaparte y est né, le 15 août 1769, on la surnomme souvent la cité impériale, mais elle a bien d’autres mérites que d’avoir vu naître un personnage historique. Elle se distingue à l’ouest de l’île de Beauté par sa somptueuse citadelle, érigée par les Génois, en 1492. Suivez le guide !

Et non des moindres ! C’est un enfant du pays qui nous attend place du Diamant, soit place De Gaulle, pour une visite du quartier des Étrangers, point de chute d’innombrables voyageurs au XIXe siècle, âge d’or du tourisme ajaccien. De là, direction le cour Grandval, l’un des deux grands axes tracés par Bonaparte. S’y succèdent, entre autres bijoux architecturaux, le Grand Hôtel, actuel siège de la Collectivité Territoriale de Corse ; le Cyrnos palace, propriété de Miss Campbell, transformée en un complexe d’appartements qui mériterait d’être restauré… On doit d’ailleurs à cette Écossaise éprise de la Corse, d’avoir fait construire, sur le trottoir d’en face, une église anglicane, où loge à présent une école de danse. Virage à gauche, rue Comtesse Walewska, qui fut la maîtresse de Napoléon. Dire qu’aucune artère ajaccienne ne porte le nom des impératrices Joséphine et Marie-Louise ! Enfin, un peu plus bas, se profile la maison où le jeune peintre Henri Matisse passa sa lune de miel. Si son épouse n’était pas tombée enceinte, serait-il jamais rentré en France ?

La promenade se poursuit au palais Fesch, deuxième musée français en matière de peinture italienne après du Louvre qui retrace cinq siècles d’histoire sur un ensemble de quatre étages. Ledit parcours, d’une limpidité époustouflante, tient à un legs du cardinal Joseph Fesch, oncle de Napoléon en possession de quelque 17 000 objets d’art de son vivant. Le Titien, Véronèse, Poussin, Van Dyck… Ils sont tous là ! Au premier, au second défile une brochette de grands maîtres. Le rez-de-chaussée rassemble plus de 700 objets d’art ayant trait au Premier et au Second Empires, tandis le sous-sol abrite une sélection de peintures corses des XIXe et XXe siècles. Par ici la sortie. Sans oublier, la chapelle impériale, classée aux Monuments historiques, à gauche ; et la bibliothèque municipale, conçue par l’architecte Jean Cazeneuve, à droite. Deux étapes incontournables.

C’est tout le poids de l’Histoire qui auréole cette modeste bâtisse. Napoléon y voit le jour. En 1793, les Paolistes saccagent les lieux, obligeant les Bonaparte à fuir. Napoléon III s’y rend en 1860 pour tomber sur des appartements vides, décide de le meubler, en rachetant les biens de sa grand-mère. La demeure tombe finalement entre les mains du prince Victor Napoléon qui en fait don à l’État, en 1924. La conversion en musée date, elle, de 1967. Le site, qui vient de subir une restauration de grande ampleur, est rattaché au musée national du château Malmaison.

Rendez-vous, ensuite, avec François Ollandini propriétaire depuis 1999 d’un ancien lazaret (lieu de quarantaine où transitaient passagers, équipages et marchandises susceptibles d’avoir croisé le chemin de… la peste) devenu, depuis 2008, le musée Marc Petit. Rien ne prédestinait ce grand intellectuel à un avenir de collectionneur, ni ses études en dentisterie, en physique, et philosophie, ni sa carrière dans l’entreprise familiale dédiée au transport. Un premier déclic esthétique s’opère au contact d’amis qui l’encouragent à accumuler des affiches touristiques d’abord, des peintres corses ensuite. Pour profiter d’une visite guidée avec le maître des lieux, il suffit de l’appeler. Celui-ci prévoit d’ailleurs une extension sous-marine de son domaine. La première pierre, soit statue immergée de Marc Petit (encore lui !) sera inaugurée en septembre.

Pas question de s’arrêter en si bon chemin, alors même que l’air se fait littéraire…. Dumas a écrit « Les quatre Mousquetaires ». Daudet, lui, sur les quatre Sanguinaires (neuvième Lettre de mon Moulin), Isolotto, Cala d’Alga, Porri, et Mezu Mare, réputée pour son phare, bâti en 1870 (80 m au-dessus du niveau de la mer), et pour la diversité de sa flore (150 espèces). Certains associent le nom de l’archipel à la teinte rouge-rosée de fleurs locales, les frankénies. D’autres, aux pêcheurs de corail surnommés les sanguinari (les gens au sang noir), ou encore aux « Sagonares insulae », les îles qui annoncent Sagone. A découvrir en voiture ou en bateau. Bon voyage !

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