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The Ace Hotel Downtown L. A., foyer d’art local

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Situé dans le quartier des théâtres historiques de Broadway (Broadway Historic Theater District), l’Ace Hotel Downtown Los Angeles appartient à une famille d’hôtels-boutiques (New York, Portland, Seattle, Palm Springs…) logés dans des bâtiments d’exception. L’écrin choisi en l’occurrence correspond au United Artists Building. Inauguré en 1927, puis classé monument historique et culturel de Los Angeles en 1991, ce monument de treize étages abritait les bureaux du studio de cinéma fondé par Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin, DW Griffith et Mary Pickford. L’amour de cette dernière pour les châteaux européens serait à l’origine du style gothique du bâtiment, qui se présente comme une œuvre d’art en soi.

Plafonds voûtés, flèches de pierre, fresques murales, moulages en plâtre, miroirs… Conçu par Anthony B. Heinsbergen, l’intérieur de l’ancien United Artists Theater ressemble davantage à une cathédrale qu’à un palais. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait brièvement été transformé en un lieu de culte. Nichée sous le toit, l’enseigne lumineuse « JESUS SAVES » (Jésus sauve) est due au télévangéliste Dr Gene Scott qui investit les lieux en 1990. Son pendant se trouve désormais à Glendale, depuis 2011.

Dans le prolongement de cette lignée esthétique, les collaborations avec les artistes vont bon train, aujourd’hui. Au cœur de l’ancien théâtre-cathédrale, où se tiennent désormais projections et concerts, trône The Cathedral of Our Lady Fingers. Cette statue en terre cuite signée Kevin Willis inspirée d’un sentiment de grâce, mâtiné d’angoisse. Une centaine de chatons en céramique jonchent le sol, à ses pieds. Coiffée d’une couronne de doigts vernis de rouge, cette idole semble tout droit sortie d’un film de Buñuel. Elle inaugure une série de céramiques réalisées pour l’hôtel, dont il s’agit à présent de franchir le seuil.

Les visiteurs sont accueillis dans le lobby par un lustre signé Atelier de Troupe, studio de design basé à Los Angeles, en perpétuelle quête d’intemporalité. Cet élément de décor reprend les codes esthétiques de l’établissement, où carrelage et bois tendent à se confondre. Les mêmes matériaux flottent donc au-dessus du comptoir de réception derrière laquelle se profile un vitrail de la Maison Judson (créée en 1897).

Les Haas Brothers, Simon et Nikolai, de leurs prénoms, ont eux aussi laissé une trace au rez-de-chaussée. Nés à L. A., d’un père peintre et sculpteur sur pierre et d’une mère cantatrice, les jumeaux ont pris des chemins séparés à l’âge de 19 ans. Simon a étudié la peinture et l’architecture, tandis que Nicolai s’est lancé dans la musique aux côtés de Vincent Gallo, et Sean Lennon, le fils de John, entre autres. Les retrouvailles datent de 2007. Leur empreinte se lit notamment sur les murs du restaurant. Les frères Haas viennent régulièrement y dessiner le portraits de célébrités, de Britney Spears, à Batman, entre autres super héros.

Du niveau zéro, on passe au toit, qui concentre le plus d’œuvres d’art à lui tout seul, dont cinq lampes qu’Adam Silverman a assorties à l’arbre Corail qui trône au beau milieu de la terrasse, et dont la couleur évoque sa pratique de la céramique. Ce n’est pas parce que l’on tutoie le ciel et, accessoirement, le soleil, qu’il faut faire l’économie de la lumière électrique. Aussi Michael Schmidt, connu pour jongler avec diverses matières et surtout avoir collaboré avec des stars telles que Madonna, Cher et Annie Liebowitz, a été chargé de créer un luminaire pour le dernier étage de l’Ace Hotel. Celui-ci consite en un entrelacs de câbles, pour ne pas dire de chaînes, d’une longueur totale de 200 mètres. Sans oublier les lampes du fameux Robert Lewis Studio chacune faite à la main.

Last but not least au sommet… Tanya Aguiñiga, cette célèbre designer élevée au Mexique, s’illustre dans le domaine de l’art communautaire comme public. Elle soutient les artisans, eux-mêmes porteurs de traditions qu’elle souhaite voir perdurer le plus longtemps possible. Son « Gray Blanket Weave » par exemple s’inspire d’une ancienne technique de tissage maya découverte au contact d’un artiste originaire de Chiapas. Cette tapisserie suspendue est la seconde d’une série initiée par le Movimiento de Arte y Cultura Latino American,  à San Jose. Et la liste est encore longue. Gardez les yeux ouverts !

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