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Visite privée des studios Warner Bros.

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« Qui a éteint la lumière. Ah ! C’est mieux. Bienvenue aux studios Warner Bros. », clame une version légèrement plus jeune d’Ellen Degeneres sur le grand écran d’une salle obscure occupée par une dizaine d’inconnus, antichambre du site que nous nous apprêtons à visiter. La porte de sortie mène à une voiturette où de simples règles de sécurité et de discrétion s’entendent énumérées. Les vidéos sont interdites !!

Le premier immeuble à pénétrer notre champ de vision porte un nom, contrairement aux étapes à venir. Warner Brothers. Il sont quatre à avoir donné, en 1923, leur pseudonyme à ce qui s’impose actuellement comme le troisième plus vieux studio américain en activité, après Paramount et Universal. Nés Wonskolaser, Harry, Albert, Sam et Jack, sont issus d’une famille polonaise de douze enfants. Le quatuor entre dans le marché de la projection en présentant des films dans des villes minières de Pennsylvanie et d’Ohio, avant d’ouvrir leur première salle à New Castle, en 1903 puis, à Pittsburgh, en 1908, la Duquesne Amusement & Supply Company, l’ancêtre de la Warner Bros. Pictures. Il faut attendre la Première Guerre mondiale pour voir la fratrie débuter dans la production. Sam et Jack produisent les films, tandis que Harry, Albert et Paul Ashley Chase, un commissaire aux comptes engagé en 1912, gèrent les finances et la distribution à New York. Le 4 avril 1923, grâce à un prêt accordé à Harry, la Warner Brothers Pictures, Incorporated voir officiellement le jour.

Première étape de cette visite privée (Il est 17h. Le site ferme à 15h30) un élément de décor. La cabine qui se tient devant nous a déjà fait son apparition dans Pretty Little Liars, Breaking Bad, entre autres séries télévisées. « Elle prend souvent feu. Enfin, le spectateur pense qu’il s’agit de vraies flammes alors que la plupart du temps il nous suffit de recourir à de la fumée pour vous faire croire à un incendie », explique Dakota. Comme la plupart des guides alentour, elle aspire à une carrière dans le cinéma. « I am an actress. We all are here », lance-t-elle dans un murmure teinté de frustration. De là l’étendue de ses connaissances techniques. Des faux buissons sont utilisés pour cacher un immeuble en fond ou densifier la végétation.

La chemin emprunté accueille régulièrement des courses-poursuites. « Souvenez-vous, par exemple, dans Jurassic Parc », poursuit Dakota avant de nous faire remarquer, à droite, une crevasse abyssale qui n’a rien – tel est son nom – d’une lagune. Ce point d’eau pour le moment asséché peut contenir plusieurs centaine de milliers de litres d’eau. Il faut huit heures pour le remplir, deux heures supplémentaires pour le vider. C’est là que se jette le Tarzan de David Yates (2016).

Cap sur la Wisteria Lane du studio. Au vu du succès croissant rencontré par la série Desperate Housewives (Universal), les équipes de Warner Brothers ont décidé construire leur propre quartier suburbain. Qui l’eût cru ? Plus qu’un décor, les maisons qui le constituent servent de bureaux aux producteurs qui travaillent sur place. À ce noyau dur s’ajoutent entre cinquante et cent mille personnes par jours. Munie de son propre code postal, de sa propre caserne de pompiers, les studios Warner Bros présente tous les attributs d’une véritable ville.

Premier arrêt : The Midwest. Surnommé Any Town in the U. S. A., ce décor peut en effet passer pour n’importe quelle hameau américain. Les deux-trois façades bleu ciel désignaient la ferme des Kent dans la série Lois et Clark. Avis aux fans de la sitcom F. R. I. E. N. D. S. ! C’est dans cette maison qu’a été tourné l’épisode « The One with the Prom Video » ; ces escaliers que Ross dévalent un bouquet de fleurs à la main, tout ça pour voir Rachel et sa sœur franchir le pas de la porte avec leurs cavaliers respectifs. En voiture ! La fontaine qui figure dans le générique de la même série, et le faux Central Park où Rachel (encore elle !) et Phoebe entreprennent un jogging pour le moins particulier… Plus loin se dresse le théâtre où Joey emmène Chandler voir l’avant-première du long-métrage censé relancer sa carrière. Sans oublier, dans le musée qui conclue la visite, Central Perk, le coffee shop où les six héros se retrouvent en permanence, matin, midi, et soir, et où les visiteurs sont invités à se faire prendre en photo.

La rue suivante est bloquée pour un tournage. Impossible de passer une tête, encore moins de passer tout court. Le mystère demeure. En compensation, Dakota nous conduit sur le plateau de Mom, nouvelle série qui raconte l’histoire d’une mère célibataire soucieuse de remettre de l’ordre dans sa vie au sortir d’une cure de désintoxication. Interdiction de filmer, toujours, mais aussi de photographier quoi que ce soit. La peur des fuites est plus forte que tout. Pas question de prendre le moindre risque.

La visite touche à sa fin. Encore quelques anecdotes, « pour la route ». Stage 7, plus connu sous le surnom de Lucky Stage, porterait bonheur. C’est là qu’auraient été tournés Casablanca, My Fair Lady et The Life of Emile Zola, tous trois sacrés Meilleur film aux Oscars. Voilà ! C’est fini. Autrement dit, « That’s all Folks ! », pour reprendre la fameuse phrase qui conclue les dessins animés produits par Warner.

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