Blog

Le Negresco, un palace tout en rondeurs

  |   Arts & Musées, Coups de coeur, Décembre, Découvertes, Europe, Février, France, Haut de Gamme, Hébergements insolites, Janvier, Non classé, Restaurants   |   No comment

La Rotonde (de rotondus, rond en latin) est le nom que porte l’un des trois restaurants du Negresco dont Virginie Basselot a la charge. Meilleur Ouvrier de France, née d’un père restaurateur à Pont-L’Évêque, la jeune Chef de quarante ans a su se frayer un chemin dans le champ très compétitif de la gastronomie française. Formée dans les cuisines de l’hôtel de Crillon, où elle développe un style classique, simple et direct, elle atterrit sur la Promenade des Anglais à Nice, en 2018. Retrouver la mer, n’était pas pour lui déplaire. « Je suis aussi née au bord de l’eau. J’aime beaucoup cuisiner le poisson. » Le dos de cabillaud au beurre citron mélisse et le tartare de bar et huître comptent parmi ses spécialités.

Elle-même ravie par la proximité des flots, elle n’en pouvait produire qu’une cuisine réconfortante. « Une cuisine plus légère que celle que je préparais en Suisse, où il y avait beaucoup de fromages et des plats de montagne à travailler », plaisante-t-elle. « Je ne cherche pas à déstabiliser, mais bien plutôt à rassurer. » Elle prend son rôle de « gardienne du patrimoine », que lui dicte son titre de MOF, très à cœur.

Pour en revenir à La Rotonde. La célèbre brasserie, située à l’angle de la Promenade des Anglais et de la rue de Rivoli, vient de se refaire une beauté. Sa nouvelle parure conserve l’ambiance chaleureuse que lui prêtaient les Niçois autant que les voyageurs du monde entier, tout en présentant une touche qualifiée, en interne, de « glamour ». Amputé de leur arrière-train, les chevaux de manège qui caractérisent depuis toujours la décoration de cette table atypique, semblent émerger directement du mur. La balustrade de la mezzanine a, elle, été, comme vaporisée d’or. Quant au plafond circulaire, qui confère son nom à La Rotonde, il a également pris un coup de jeune. Y défilent les images d’un ciel tantôt dégagé, tantôt traversé d’un avion ou d’une mouette, tantôt crépusculaire et, pour finir, étoilé. Une animation apaisante qui varie au fil des heures, tout en rappelant ces fresques italiennes peuplées de putti rondelets.

Cette évocation artistique trahit un parti pris beaucoup radical : Le Negresco abrite une collection phénoménale de six mille œuvres d’art. Séjourner dans ce palace d’exception, c’est se plonger dans un joyeux mélange d’époques et de styles. Artistes contemporains, tableaux académiques, sculptures monumentales, meubles d’époque… Des salons consacrés à Louis XVI ou à Napoléon III aux chambres vénitiennes ou dites « street art », les surprises foisonnent dans cet écrin unique, dont l’histoire commence en 1913.

Dans le Salon Royal, les courbes sensuelles d’une Nana jaune de Niki de Saint Phalle côtoient les sept tapis aux couleurs très 1970’ commandés spécialement à l’artiste Raymond Moretti. Le buste de Madame Renoir par son mari Pierre-Auguste, le célèbre impressionniste, se présente comme un éloge à l’amour, au même titre que la tapisserie du XVIIe siècle qui orne les boiseries du bar voisin. Tout le monde connaît ce portrait de Louis XIV par le peintre Hyacinthe Rigaud, reproduit sur une pléthore de manuels scolaire ! L’apparition suprême, quand on franchit le seuil de l’hôtel ! C’est l’une des deux copies d’un original conservé à… Versailles. D’où le nom du salon où ledit tableau trône majestueusement, au rez-de-chaussée.

Toutes les pièces exposées partent régulièrement en restauration. Il faut savoir que le Negresco dispose, en son sein, de ses propres ateliers. Estampillé « Entreprise du Patrimoine vivant » en 2015, le palace niçois met un point d’honneur à préserver son histoire. Ce label officiel est une marque de reconnaissance créée par l’État français pour distinguer des entreprises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. Les petites mains – ô combien qualifiées ! – croisées en coulisses étaient en train de rembourrer les assises de différents sièges, ainsi voués à recouvrer leur moelleux, leur relief, leur rebond. Un travail d’une méticulosité impressionnante.

Le Negresco jouit d’une autre étiquette de taille. C’est l’un des premiers cinq étoiles à avoir adopté une politique environnementale volontaire ; ce qui lui a valu d’obtenir l’Écolabel européen. Conformément à cet engagement, les flacons individuels de savon liquide que l’on trouvait dans chaque salle de bains ont été remplacés par des distributeurs de la marque Lalique. De même, la Maison sert une eau purifiée, afin de réduire la consommation de bouteilles en plastique. La conciergerie se tient à la disposition des clients qui aimeraient en savoir plus sur cette démarche citoyenne. Soucieux de se renouveler en permanence, Le Negresco n’est pas près de tourner en rond.

No Comments

Post A Comment