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Visite privée de l’Acropole d’Athènes

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Il est six heures du matin. Le soleil se lève timidement sur la Grèce. Plaka, l’une des principales artères commerçantes du centre d’Athènes, dort. Il en va de même alentour. À cinq minutes de là se dresse l’Acropole que des centaines de touristes prendront d’assaut dès huit heures du matin. Si nous avons accepté de nous lever si tôt, c’est précisément pour les éviter, et léviter en paix du haut de cette colline (156 mètres de haut) bénie des dieux. Sanctuaire religieux durant l’Antiquité, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce site est l’un des plus visités au monde.

Accessible par son flanc ouest, ce plateau mythique, pour ne pas dire mythologique, a d’abord été utilisé comme lieu d’habitation, puis comme forteresse, avant de devenir, durant les époques archaïque et classique, un grand sanctuaire principalement consacré au culte d’Athéna. Y cohabitent plusieurs temples, dont le Parthénon et l’Érechthéion, découverts dans la solitude la plus complète. Une expérience inoubliable !

L’ascension de l’Acropole se divise en plusieurs étapes à couper le souffle. À commencer par le théâtre de Dionysos, considéré comme étant le tout premier théâtre jamais construit. Il s’agit également du berceau de la tragédie, dont l’étymologie (de τράγος, trágos, le bouc ;  et ᾠδή, ôidế, le poème) renvoie au chant rituel qui accompagnait le sacrifice d’un bouc durant les Dionysies. D’où le nom du site. La construction de l’amphithéâtre remonte au Vè siècle avant J.-C. ; celle de gradins en pierre, au siècle d’après. Les inscriptions visibles, quoique difficilement déchiffrables, au premier rang laissent rêveur. Dire que les pièces d’Eschyle, Sophocle, et Euripide se sont jouées là, pour la toute première fois !

Deuxième étape : l’Asclépéion, sanctuaire de guérison dédié au dieu de la médecine, Asclépios, fils d’Apollon, foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité des morts. Son attribut, un serpent enroulé autour d’un bâton, est devenu symbole de guérison. Juste en face se trouve une stoa (qui a donné le mot stoïque en français, en tant que lieu propice aux méditations philosophiques), portique qui doit son nom, non aux Euménides, divinités vengeresses de la mythologie grecque, mais à Eumène de Pergame, dont le frère Attalus fit construire le pendant au cœur de l’agora, centre politique d’Athènes.

Passons à l’Hérodéon. Bâti en 161 par Hérode Atticus en mémoire de sa femme Régilla, morte un an auparavant, ce théâtre encore en usage présentait un diamètre de 87 m et pouvait accueillir 5 000 spectateurs sur deux niveaux de 20 et 16 gradins. Dimensions qui font de lui l’un des plus imposants édifices de cet acabit en Grèce. S’y tiennent toujours nombre d’événements, dans le cadre d’un festival de renommée internationale. Elton John, Maria Callas, Frank Sinatra, les plus grandes voix y ont donné des concerts.

Encore quelques pas, et la pente s’adoucit. Nous voici face aux Propylées, c’est-à-dire l’entrée principale de l’Acropole. Un demi tour sur soi-même s’impose afin de contempler le panorama urbain. Toute la ville d’Athènes se profile à l’horizon dans un calme que l’on ne saurait qualifier autrement que d’olympien. Quand soudain, la visite reprend. Le bâtiment central se compose d’un vaste vestibule de forme rectangulaire, et de deux ailes latérales. Difficile à croire, étant donné la prééminence de la pierre alentour : le plafond de cet édifice liminaire était initialement peint en bleu et constellé d’étoiles. Passé cet intimidant seuil, le regard se pose sur l’Erechtéion, à droite, et le Parthénon, droit devant.

Le premier, bâti en hommage à Athéna et à Poséidon, remplace le temple archaïque d’Athéna Polias, démoli par les Perses lors des guerres médiques, en 480 av. J. -C. Son nom serait emprunté soit au héros Erichtonius, élevé par Athéna en personne, ou par le roi Erechteus, enterré à proximité. Homère en aurait évoqué un dans L’Iliade mais lequel ? La réputation de cette étape tient essentiellement aux cariatides, cet ensemble de six jeunes filles sculptées sur l’une de ses façades.

En face, le Parthénon se présente comme l’apogée de cette promenade. Chef-d’œuvre architectural qui inspire encore maints bâtiments, il abritait, sous d’épaisses couches de marbre, non seulement le trésor de la cité, mais aussi la statue chryséléphantine de la déesse Athéna Parthénos, œuvre monumentale de Phidias, que les Athéniens couvraient régulièrement d’offrandes. À découvrir au Musée de l’Acropole, ouvert en 2009. Ce sera notre prochaine étape. Il est huit heures. Tandis que la foule s’ameute progressivement à l’entrée, nous regagnons paisiblement la sortie.

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