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The Kensington et Mr. Dior

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L’exposition « Christian Dior. Couturier du rêve » connaît actuellement une seconde vie à Londres. Le hic, c’est que l’exposition est complète et ce, depuis plusieurs mois. Heureusement, une solution très alléchante s’offre aux amateurs d’art. L’hôtel The Kensington propose un package incluant deux billets coupe-file. C’est l’une des dernières passerelles restantes pour aller découvrir cet événement block-buster, dont tous les Parisiens n’ont pas eu le temps de profiter.

L’exposition, qui se termine le 1er septembre, met, contrairement à son pendant hexagonal, l’accent sur les affinités qui unissent depuis toujours la Maison de haute couture française au Royaume-Uni. La fascination que Christian Dior vouait à la culture britannique ménage ici quelques transitions vers les autres passions qui ont nourri son imaginaire, le XVIIIè siècle, le style Belle Époque, les fleurs et les jardins… autant de sources d’inspiration qui n’ont manqué plus tard de stimuler ses successeurs, eux-mêmes célébrés dans le cadre d’une salle à part. Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons, Maria Grazia Chiuri. Confrontation qui permet d’accuser la singularité de chacun.

Outre ce cadeau inespéré, deux billets d’entrée à l’exposition « Christian Dior. Designer of Dreams », ledit package prévoit deux nuits dans une suite et une tournée au bar de l’hôtel The Kensington. Parmi les boissons incluses, The Corolle, cocktail qui porte le nom de la première collection Dior (1947). Servie dans une flûte en cristal, cette création à base de gin prend racine dans la recette du French 75. Précision géographique : l’exposition du Victoria and Albert Museum – le V&A pour les intimes – se trouve à dix minutes à pied top chrono de l’hôtel. L’occasion de flâner, un temps, dans les rues de South Kensington.

Fort d’une collection permanente de 2,27 millions d’objets, le Victoria and Albert Museum est le plus grand musée d’arts appliqués et décoratifs, ainsi que de design et de sculpture, au monde. Fondé en 1852 au lendemain de la Great Exhibition, il porte les noms de la reine Victoria et du prince Albert. L’institution s’impose surtout comme le tout premier élément d’Albertopolis, ensemble de musées et de centres éducatifs qui visaient à fédérer éducation, industrie, sciences et arts, dans le sillage des idées développées lors de l’Exposition Universelle, susmentionnée en anglais. Les collections de l’India Office y furent intégrées en 1880, attisant ainsi l’intérêt prêté à la civilisation indienne à l’époque. Divisé en 145 galeries, le V&A s’étend sur près de cinq hectares au total. Céramique, verre, textiles, costumes, argenterie, ferronnerie, bijoux, meubles, objets médiévaux, sculptures, estampes et gravures, dessins et photographies. Ses fonds couvrent environ 5 000 années d’histoire de l’art, de l’Antiquité à nos jours. Il se peut donc qu’une visite ne suffise pas pour apprécier tout ce que ce temple de l’art a à offrir.

Situé à l’intersection de Queen’s Gate et Old Brompton, au beau milieu de parcs verdoyants et d’institutions culturelles, The Kensington ressemble davantage à une résidence privée qu’à un hôtel, lui-même né de la fusion de quatre maisons d’architecture victorienne. Son restaurant, Town House, doit son prestige non seulement à son décor à la fois classique et moderne, signé Alexandre Waterworth Interiors, mais aussi à sa cuisine traditionnel quoique créative, élégante mais sans prétention, élaborée avec des produits locaux et de saison. Les tortellini aux petits pois sont à se damner !

Le restaurant partage ses murs avec le salon de thé The Drawing Rooms, l’endroit propice à une lecture, voire une réunion au coin du feu. De son côté, le K Bar appelle plus d’animation, pour ne pas dire agitation, autour d’un verre et de bouchées à grignoter. Panneaux en chêne, laiton poli, miroirs aux murs, ardoise au sol… Ces éléments apportent, visuellement, la même sensation de solidité et de raffinement que certains cocktails, tandis que le mobilier en cuir, le bar en marbre vert, l’éclairage feutré et les tabourets en velours capitonné confèrent à l’ensemble du lieu des allures de club privé. L’établissement comprend 126 chambres et 24 suites en tout et pour tout, toutes décorées d’élégants tissus et de meubles chinés avec soin par son propriétaire. Une collection digne du Victoria & Albert Museum, quand on y pense.

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