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Bordeaux et plus. Entre gastronomie et culture.

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Forte de son succès, la saison Paysages Bordeaux 2017, rebaptisée Liberté Bordeaux 2019 au vu de sa nouvelle thématique, revient en force, avec non moins de cent événements à son compteur. Cette manifestation estivale, initiée par la Ville, se décline en expositions, en installations intérieures comme extérieures, en concerts, entre autres rendez-vous culturels. Parmi ces temps forts, une exposition consacrée à l’histoire du surf, parvenu jusqu’à la côte basque depuis Hawaï, puis les États-Unis dans les années 1950. Le parcours, qui réunit environ 500 pièces issues de collections privées et publiques, se ponctue sur une sublime série de clichés en noir et blanc qui se prolonge dans la Cour Mably, laquelle abrite également des photos d’Alexandre Chamelat. Ce havre de silence jouxte lui-même le Temple des Chartrons, rouvert exceptionnellement pour accueillir une création  phénoménale de Gonzalo Borondo. Et ainsi de suite.

Le plein de culture, contre le plein d’essence ! Il est l’heure de prendre la route. Direction le Château Cordeillan-Bages qui fête aujourd’hui ses trente ans. Cette grande maison de pierre blonde vêtue apparaît d’emblée comme un point de chute discret, où semble régner calme et volupté. Le bâtiment principal date du milieu du XIXe siècle. Il est encadré de deux tourelles, héritées quant à elles du XVIIIe siècle. À partir de 1989, la propriété se transforme en un somptueux Relais & Châteaux, doté d’une salle de fitness, d’un sauna et d’une piscine. Il faut attendre 2016, pour le voir couronné du Grand Prix International Best Of d’Or par le Réseau des Capitales de Grands Vignobles (Great Wine Capitals Network).

Les vagues successives de rénovation du Château Cordeillan-Bages ont favorisé le dialogue entre histoire, design et art contemporains. Des pièces signées Pierre Alechinsky, Emilio Perez, Gérard Titus-Carmen, Tan Swie Hian ou encore Antoni Tapiès cohabitent harmonieusement au sein de la propriété. Il en va de même du côté des tissus et de l’ameublement : les noms de Philippe Starck, Michele de Lucchi, Carlo Mollino, Pierre Frey, Rubelli ou encore Hartley’s se côtoient entre les murs de cet hôtel au charme incontestable.

Les salons intimes d’allure résidentielle, la piscine extérieure chauffée de vingt-cinq mètres, le sauna et les terrasses en bordure des vignes… chaque espace contribue à former un écrin propice à la rêverie et à la détente. C’est dans la chartreuse que loge la plus grande toile du Médoc, le restaurant gastronomique, dirigé d’une main de maître par le Julien Lefebvre, référent du Collège Culinaire de France en Aquitaine, désormais nimbé d’une étoile Michelin. Il n’a que trente-sept ans. Et pourtant ce cuisinier hors pair intervient en tant que chef exécutif au Château Cordeillan-Bages ainsi qu’au Café Lavinal, le bistrot du village voisin de l’hôtel.

« Je suis très attaché à la valorisation du travail des producteurs et je souhaite être le trait d’union entre le produit et nos hôtes ». Telle est la devise du chef Lefebvre, qui se réjouit d’avoir eu la chance de passer le plus clair de son enfance au contact des artisans, parmi lesquels des membres de sa famille. Bernard et Mathieu Pacaud, Frédéric Anton et Eric Cocollos, comptent parmi ses mentors. Ce sont eux qui ont forgé son amour du travail, son intérêt pour les plantes, son sens de présentation, de la finition des plats, soit une vision de la gastronomique sous-tendue par une recherche d’excellence. Sa carte est une histoire de rencontres, avec des producteurs locaux qui partagent l’ensemble de ses valeurs.

S’il fallait choisir un plat signature ? Peut-être « Le jardin à la française, avec sa fine gelée de consommé de légumes, salmigondis printanier, ses copeaux lacto-fermentés, et sa pastorale d’herbes et de fleurs ». Face au menu, le dilemme reste cornélien. Le chef se plaît à revisiter des grands classiques régionaux, en témoigne sa « lamproie, comme à la bordelaise », ou encore son « marbré de foie gras de canard, poireaux et oignons nouveaux glacés ». Quant à la « tarte aux fraises sur un crémeux d’amande parfum d’anis vert, accompagnée d’un sorbet fraise à la verveine du jardin », n’en parlons pas ! Ou plutôt si ! Un vrai délice. Transcendée par un service en salle irréprochable, cette gastronomie aux parfums de Sud-Ouest s’adresse au plus grand nombre, le but du chef étant de toujours élargir au maximum la palette des goûts. Tout un programme !

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