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Révolution Crillon

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Institution de la place de la Concorde qui jouxte les Tuileries prises par une foule d’insurgés le 10 août 1792, l’Hôtel de Crillon, A Rosewood Hotel est un témoin privilégié de l’Histoire de France depuis le XVIIIè siècle. Rouvert il y a deux ans, ce palace iconique a bénéficié de rénovations pharaoniques, impliquant 147 métiers d’art et 250 artisans. Une précision s’impose, sur cette lancée numérique : la décoration repose en partie sur la sélection 53 marbres différents. En termes de superficie, la surface totale du chantier représente 16 740 m2 de couloirs, chambres et autres dédales, le tout sur 9 niveaux, soit l’équivalent du terrain de jeu du Stade de France. Autre chiffre clé : 17 000 m3 de terre ont été creusés pour pouvoir créer deux étages inédits, sous le site original. Enfin, 17 600 écailles de mosaïques dorées ornent le fond de la nouvelle piscine.

Les dix suites signature de l’établissement ne sont pas en reste. Elles aussi cachent des secrets insoupçonnés. Pour la Suite Duc de Crillon, située au deuxième étage, l’architecte Aline Asmar d’Amman s’est inspirée des dorures et boiseries de l’ancienne chapelle privée de l’hôtel, dont le Metropolitan Museum de New-York conserve et expose régulièrement les originaux. Quatre étages plus haut, la Suite Louis XV et sa terrasse offrent de magnifiques vues sur la Ville Lumière. Fusionnée à sa voisine, la Suite Bernstein, elle peut ainsi former l’une des plus grandes suites de Paris. C’est là que le traité de la Société des Nations fut négocié, il y a une centaine d’années environ.

Il vient de faire la une pour avoir rejoint les anges. Sur terre, c’était le roi de la mode. Et il a accepté de signer le design des Grands Appartements de l’Hôtel de Crillon, A Rosewood Hotel, lesquels donnent sur la Tour Eiffel, le Grand Palais, le Musée d’Orsay et la Place de la Concorde. Passionné par le XVIIIè siècle, le maître de la haute couture y a livré sa vision personnelle de la modernité ainsi que du chic à la française. C’est lui qui est l’auteur de chaque pièce de mobilier, telle la baignoire qui a cette particularité d’avoir été taillée dans un seul bloc de marbre de Carrare de plus deux tonnes. Il aura fallu une grue pour la hisser jusqu’à la fenêtre de la salle de bain et deux blocs de glace (voués à fondre) pour l’y déposer sans endommager le sol.

La Suite Marie-Antoinette rend, comme son nom l’indique, hommage à l’ancienne Reine de France. Un passage secret relie ce cocon tout de rose tapissé à un salon où, entre octobre 1789 et août 1792, la souveraine aurait pris des cours particuliers de piano. La liste des découvertes est encore longue. Nichés sous les toits du palace parisien, les trois Suites Ateliers d’artistes, baptisées L’Ecrivain, Le Poète et Le Peintre ont été imaginées et aménagées par l’architecte d’intérieur Chahan Minassian. C’est là que se trouvaient jadis les bureaux de l’administration chargée d’organiser la venue des délégations étrangères et d’accueillir les célébrités. Enfin, la Suite Bernstein aurait accueilli le compositeur éponyme, un habitué de l’hôtel. Le lit où le musicien aurait tant de fois dormi a été vendu 9 000 euros à l’un de ses admirateurs durant la vente aux enchères du mobilier de l’hôtel, en 2013.

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