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La Villa Padierna, temple de l’art

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Face aux hôtels dits « artsy », les hôtels-musées se font rares. Cinq étoiles de référence à Marbella, le Villa Padierna s’impose comme un temple de l’art inespéré au cœur de l’Andalousie. Comme quoi Malaga ne détient pas le monopole culturel de la région. Sculptures, peintures, blasons, médaillons… Tous les styles, toutes les époques y sont représentés dans un cadre aussi luxueux que chaleureux. Visite privée sans audio-guide.

« Contrairement aux institutions conventionnelles, où l’on déambule tel un somnambule ivre de ses propres rêves, et où les images défilent sans qu’on ait le temps de les dissocier, la Villa Padierna offre à ses visiteurs un terrain propice à la contemplation », dixit Gian Luis Epis, le general manager de l’hôtel. Certes, ce palace toscan abrite un restaurant, un spa, une salle de sport, jouxte trois courts de golf, Flamingos, Alferini et Tramores… mais ce n’est pas là que réside son originalité, pour ne pas dire singularité. Il a été demandé à des tailleurs de pierres voisins, dont l’identité sera gardée secrète durant l’exploration des lieux, de reproduire des œuvres d’art antiques à l’identique.

Ces copies se répartissent aux quatre coins de l’hôtel, dans son intérieur luxueux comme ses luxuriants jardins. S’y mêlent environ 1 200 originaux, si bien qu’on ne distingue plus le faux du vrai. Est-ce vraiment nécessaire au fond ? Si le doute plane quant à l’authenticité des statues plantée au milieu des équipements sportifs (un accident est vite arrivé), il se dissipe naturellement à l’occasion d’une balade purement esthétique. La beauté des pièces exposées parlent d’elle-même, et dispense de toute tentative de recensement… inutile, quoi qu’il en soit.

En voici une humble sélection, celle que la direction de la Villa Padierna se plaît d’ordinaire à mettre en avant. À l’approche d’une salle de réception se dressent, dans la pénombre, trois silhouettes adolescentes. Cette trinité en marbre figure les trois Grâces de la mythologie greco-romaine. Un paradigme de classicisme. Non loin de là un portrait de François Ier s’offre à la vue. Qui en est l’auteur ? Voilà un autre mystère à élucider, soit éluder. Dans la famille « peintures romantiques » se détache un nu qui aurait pu se voir attribué à Eduardo Rosales ou à Anselmo Miguel Nieto, à condition d’une palette légèrement plus contrastée. Le travail sur les plis du tissu bleu roi, en bas à droite de la toile, n’en demeure pas moins époustouflant.

Sans oublier le plus grand objet de fierté de l’hôtel. Il s’agit d’une huile sur toile due à la maestria de Bernabé de Ayala, élève du grand Zurbaran, spécialisé dans la peinture d’histoire. Nombre de ces travaux ont d’ailleurs été attribués à son mentor. Quel joie de respirer, manger, vivre l’art de toutes parts. C’est ce qui fait de la Villa Padierna est hôtel un or.

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