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L’Azerbaïdjan, trésor perdu au cœur de l’Eurasie

  |   Atlantico Grand Large, Azerbaïdjan, Europe

Carrefour entre Europe et Asie, et entre histoire et modernité, l’Azerbaïdjan jouit d’une exceptionnelle richesse historique et culturelle. Une destination de choix pour un superbe voyage sur mesure.

 

Article paru dans atlantico.fr le 27 septembre 2014

 

Elle n’est pas une destination réputée pour les vacances, à tort. Enclavé entre l’Arménie et la Turquie à l’ouest, la Géorgie et la Russie au nord et l’Iran au sud, l’Azerbaïdjan est l’un des carrefours historiques entre l’Europe et l’Asie. De fait, cette ancienne république soviétique recèle de nombreux trésors historiques, religieux et, par ricochet, culturels. En faisant de Bakou le centre de tout, on s’assure un séjour à la fois riche et équilibré. De la capitale en question (2 millions d’habitants environ), on part à la découverte du site archéologique d’Absheron, de Gobustan avec ses mausolées surplombant un canyon, de Shemakha et de Sheki, enfin, carrefours commerciaux peuplés d’églises et de palais incontournables de beauté. Plongée exceptionnelle au cœur de l’Eurasie.

 

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À peine arrivé de l’aéroport, que l’on s’immerge déjà dans la Vieille Ville de Bakou. Habitée depuis le IIe siècle, la capitale de l’Azerbaïdjan repose au creux d’une immense baie fortifiée. Si la ville regorge d’une nouvelle architecture moderne et un peu folle, ses plus beaux monuments sont séculaires. Derrière ses murailles, un dédale de ruelles sinueuses mène immanquablement au palais des Shahs de Chirvan, monument médiéval ponctué de mosquées et de caravansérails (bâtiments accueillant jadis marchands et pèlerins en transit). Au milieu de l’ancienne cité persane se tient la mystérieuse Tour de la Vierge, source de légendes incroyables. À l’intérieur, une étroite spirale conduit à une espèce d’entre-sol où il fait bon apprécier la hauteur de ce donjon pouvant abriter une centaine d’hommes. De minces ouvertures laissent passer la lumière. Au huitième et dernier étage un panorama somptueux sur Bakou et ses fortifications ratisse le champ de vision.

 

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Redescendu sur la terre ferme, on prend la direction de la presqu’île d’Absheron. Rien à l’horizon. Du sable, quelques buissons dégarnis, sans plus. Si l’on ne se savait pas en Azerbaïdjan, on pourrait se croire dans le Far West américain. Hormis le Temple des Adorateurs du Feu, dit Atechgah, les infrastructures sont quasiment absentes du paysage. Et encore ce dernier monument à ciel ouvert se fond presque dans la nature. Pourquoi cet aspect désert ? L’histoire de la région est étroitement liée au pétrole. La ruée vers l’or noir, c’est ici qu’elle débute, en 1949. C’est également ici que se multiplient, durant la Seconde Guerre Mondiale, les forages off-shore destinés à l’exploitation de gisements pétrolifères dans la mer Caspienne… Qui dit pétrole, dit combustion, et feu. Passé un, puis deux, puis trois feux follets, on apprend que les autochtones vouent depuis des siècles un culte du feu. On situe le phénomène avant la naissance de Zarathoustra, en 660 avant J.C.

 

 

Zarathoustra ? Comme le personnage-référent de la pensée nietzschéenne ? Sur le chemin de Bakou, on pense à cet « éternel retour » que théorise le philosophe allemand dans sa « Naissance de la Tragédie ». Pourtant, si l’on revient constamment à la capitale, c’est pour mieux la quitter. Cap sur Gobustan, un site archéologique comptant plus de 6000 pétroglyphes (de petros, la pierre ; glyphein, graver), ensemble d’inscriptions datant d’il y a environ 12 000 ans. Un bon moyen – quand on sait les déchiffrer- de comprendre la vie, les us et coutumes des ancêtres locaux. On a juste le temps d’examiner quelques volcans de boue, avant de revenir à son point de départ.

 

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Bakou se veut cette fois-ci le tremplin vers Shemakha, ancienne scène privilégiée de danseurs traditionnels, les « Bayaderki ». On ne dirait pas, mais la ville s’est vue reconstruite à la suite de divers séismes. Cette lutte incessante contre les ruines est notamment due à son rôle d’étape sur la Route de la Soie. Seule rescapée des derniers tremblements de terre : la Mosquée de Djouma (1789), constituée d’une vaste pièce toiturée. Passage-éclair à Lahij, bourg médiéval, fondé par le roi sassanide Kaikhosro et parsemé de nombreux ateliers d’artisans. Leur spécialité ? Le cuivre. On continue vers Gabala, ancienne capitale de l’Albanie caucasienne, érigée il y 1 800 ans.

 

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Dernière arrêt : Sheki. Carrefour commercial entre la mer Noire et la mer Caspienne, entre l’Iran et le Daghestan, il s’agit de l’un des plus vieux centres culturels du pays, réputé pour ses boutiques de halva, une sorte de pâte à base de semoule ressemblant étrangement à du nougat. À voir absolument sur place : le magnifique palais des Khans, orné de poutres et de vitraux. Les fresques et peintures murales réalisées avec force minutie font écho aux motifs de ces fenêtres colorées relatant l’histoire de quelques seigneurs caucasiens. Visite du village de Kish et de son église albane, construite au Ier siècle de notre ère, avant de retourner à Bakou contempler un apaisant coucher du soleil. Sur le port les bateaux ronronnent à l’approche de la nuit. Les lumières s’allument au fur et à mesure que le ciel s’obscurcit. Plus question de bouger. La soirée citadine peut commencer.