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Tout autour du Machu Picchu

  |   Amérique du sud, Atlantico Grand Large, Pérou   |   No comment

 

Qui dit Pérou, dit Machu Picchu. L’ancienne cité inca est certes l’une des plus grandes attractions du pays. Mais, pour une fois, pourquoi ne pas s’éloigner de la foule et en explorer les alentours ?

 

Article publié sur Atlantico.fr le 31 mai 2014
 

Hormis le Machu Picchu, que retient-on, instinctivement, du Pérou ? Pour combler le blanc qui succède généralement à cette question, on se tourne sans plus tarder vers la vallée sacrée des Incas, une surface qui s’étend au pied de la célèbre montagne péruvienne. Tête baissée (pour ne pas se laisser tenter par l’altitude), on part de Písac, village inca, pour suivre le cours de la rivière Urubamba et rejoindre Ollantaytambo et Aguas Calientes. Une façon efficace de sortir des sentiers battus sans s’éloigner de l’attraction-phare du Pérou, le Machu Picchu.

 

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Première étape, et non des moindres, Písac. Situé à 2 972 m d’altitude et à 33 km de Cuzco, ce village de 10 000 habitants est aussi l’un des sites incas les plus importants du Pérou. Les mardis, jeudis et dimanches, c’est jour de marché. Toutes ces couleurs qui se chevauchent sur un décor vert uni : on a l’impression de regarder un tableau de Vasarely. Au premier plan pendent des tissus aux teintes vives et contrastées, tandis qu’une colline verdoyante se profile en toile de fond. Des tapis recouvrent chaque allée. Seule la place centrale se caractérise par des pavés apparents. Le grand arbre au milieu, c’est un pisonay, une espèce produisant des fèves. Des fèves que l’on retrouve séchées sur les étals de certains stands.

 

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Construite sur des fondations précolombiennes par le vice-roi Francisco de Toledo (1515- 1582), la ville de Písac se trouve à l’entrée-même de la vallée des incas. C’est le premier nom que l’on rencontre sur la route 28G. Un tas de ruines, certes, mais un tas de ruines réparties, selon un ordre logique, en quatre groupes. La zone fortifiée n’est autre qu’Intihuatana. On y distingue plusieurs temples, dont le Temple du Soleil. Comme dans Tintin ? Oui, on est bien dans le décor qui a inspiré à Hergé le quatorzième épisode de sa série-culte. On quitte le héros à la houppette rousse pour rejoindre la citadelle donnant sur des terrasses agricoles vieilles de huit siècles, quoique encore utilisées de nos jours. En contre-bas, Kinchiracay et Pisaqa (pisac’a signifie perdrix), qui donne son nom au site. Certains historiens prétendent que le premier défendait l’ouest et la forteresse d’Ollantaytambo, le nord ; et que le second protégeait l’entrée sud de la Vallée Sacrée. Enfin, les excavations que l’on aperçoit dans les falaises représentent autant de tombes incas pillées avant l’arrivée des archéologues.

 

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On longe le Rio Urumbaya jusqu’à éviter un ravin, sur la droite. Une dénivellation qui indique que l’on a atteint son point de destination, Ollataytambo. Cette forteresse inca porte le nom d’un guerrier ayant lutté face aux Espagnols contre la chute de Cuzsco. Au-dessus du ravin où l’on a failli sombrer, on compte cinq étages de terrasses ; juste derrière, six autres donnent sur la vallée. Un ensemble que sous-tend une large et solide muraille de pierre. Vers le sommet de cette cité perdue, deux blocs de porphyre, roche magmatique de couleur rouge, marquent l’entrée d’un souterrain qui aurait communiqué avec Cuzco, ancienne capitale impériale.

 

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On ne s’en rend pas compte en déambulant dans les rues désertes, mais la ville en soi a une forme d’épi de maïs dont les maisons seraient les grains, eux-mêmes séparés par des canaux. Certaines maisons semblent inaccessibles tant elles sont encastrées loin dans la forteresse. Les unes, longues et étroites, font presque penser à des buildings ; les autres, carrées, permettent de se projeter des siècles en arrière. Au milieu de ces blocs de pierre, une porte bleue qui signale l’emplacement d’un musée, le seul dans cette enceinte reculée. À l’intérieur, une collection de jolies céramiques précolombiennes ainsi que des tissus et des archives recensant toutes les fouilles opérées dans les environs. Petit bémol : ses horaires d’ouverture se veulent « aléatoires ». Autrement dit, on se sait jamais si on se heurtera à une porte ouverte ou bien fermée. Quitte ou double.

 

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Rien qu’au nom, on pense à des chutes perçant en pleine forêt, alors qu’Aguas Calientes (eaux chaudes, en espagnol) est en réalité le village péruvien le plus proche du Macchu Picchu, aussi connu sous le nom de Machu Picchu Pueblo (pueblo signifiant hameau). Comment y accéder ? En train. Et pas n’importe quel train ! Le Vistadome, dont les wagons sont équipés de fenêtres panoramiques. D’autres ouvertures au plafond permettent à la lumière de rentrer.

 

On se croirait presque en plein air. Durée du trajet ? Pas moins de 90 minutes. Une fois sur place, on comprend enfin les origines du nom Aguas Calientes : la ville regorge de bains bouillants où trempent des autochtones visiblement ravis. En regard de ces flots enclos, le puissant courant de l’Urubamba pressant contre d’énormes rochers s’érodant au fil du temps. En surplomb, un marché où ne manquent pas de s’envoler quelques vêtements rebelles. Un bus attend les aventuriers pressés de prendre de l’altitude. Passées une ou deux stations, c’est dans la partie résidentielle de la ville que l’on atterrit. Le contraste est tel qu’on a l’impression d’avoir changé de ville. Comme quoi, il reste bien des choses à voir au Pérou.

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