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Voyage d’exception en Russie

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Une exposition franco-russe dans le plus grand musée de Saint-Pétersbourg

 

Art russe et français à l’Ermitage.

 
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Fin février, l’exposition « Gauguin, Bonnard, Denis. Une propension russe à l’art français », lancée à Amsterdam par l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, rentre au bercail. L’occasion de développer, dans son contexte, une idiosyncrasie 100% russe. En effet, la gallomanie est un courant qui traverse la Russie depuis le XVIIe siècle. Si Le Brigadir de Fonvizine se vante d’une éducation « à la française » pour séduire sa belle-famille, les peintres slaves du début du XXe siècle avouent emprunter beaucoup à l’art hexagonal. Une influence qui transparaît nettement dans la scénographie prévue par le plus grand musée du monde… en termes d’objets exposés.

 

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Le propos de cette exposition exceptionnelle s’articule autour de trois peintres avant-gardistes français de la fin du XIXe siècle ayant ouvert la voie vers la modernité en peinture. L’insaisissable Paul Gauguin (1848–1903), un modèle pour le plus effacé du trio, Pierre Bonnard (1867–1947), et le théoricien Maurice Denis (1870–1943). Forts d’un succès fulgurant à Paris et Moscou, la triade rallie progressivement la cause des Nabis, parmi lesquels Valloton et Vuillard qui, à l’inverse des Impressionnistes obsédés par les variations de lumière, privilégient un tracé grossier et une palette chaude.

 

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Confrontée aux travaux de leurs prédécesseurs et contemporains, l’œuvre de ces artistes français fait l’objet d’une mise en scène relativement audacieuse. Face à une maigre sélection de sculptures signées Rodin, Maillol et Bartholomé, la monumentalité du triptyque « La Méditerranée » de Bonnard, se voit mise en valeur par deux colonnes en plâtre blanc, censées créer l’illusion d’un véritable panorama méditerranéen. On passe de l’Italie au salon d’Ivan Morozov, décoré, en 1908, par Maurice Denis, à la demande explicite de son mécène. Une reconstitution spectaculaire favorisée par la réunion des sept peintures et six panneaux décoratifs d’origine, dont L’histoire de Cupidon et Psyché.

 

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Une œuvre charnière dans l’histoire des deux collectionneurs à l’origine de cette exposition, en tant qu’elle assoit leur rivalité tardive. Amis dans leur jeunesse, Ivan Morozov et Segeï Shushkin ont développé, au fil du temps, un regard différent sur les peintres de leur époque. Si le premier n’avait d’yeux que pour Pierre Bonnard, le second est, quant à lui, resté fidèle à Maurice Denis et ce, malgré ses collaborations ponctuelles avec son concurrent, dont L’histoire de Cupidon et Psyché constitue un exemple. Bien qu’elle domine nettement, la collection Morozov, se veut plus conservatrice que celle de Shushkin, laquelle accorde une place importante au Fauvisme et compte des Matisse aujourd’hui incontournables, tels que « La Chambre rouge (Harmonie en rouge) », « Portrait de famille », « La danse », et « La musique ». Adepte du coup de cœur, Shushkin s’oppose dans ses goûts, dans ses choix, à l’ancien peintre Morozov, friand de représentations d’après nature de la nature.

 

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Grands absents de l’exposition : les artistes russes qui se sont inspirés des Nabis, parmi lesquels Larionov, Malevitch, Roerich, Gontcharova ; pour eux, il reste toute la Russie à explorer.

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