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Aperçu culturel de Rotterdam

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Atour de la mode et de James Bond à travers deux expositions présentées en ce moment à Rotterdam. L’occasion immanquable de découvrir les Pays-Bas.

 

Article publié dans atlantico.fr le 18 octobre 2014

 

Dans les fenêtres du Thalys se succèdent les noms de Bruxelles, Amsterdam et Rotterdam. Terminus tout le monde descend ! La Gare Centrale, alias Rotterdam-Centraal en néerlandais, a changé d’écrin en février 2004. De l’intérieur, une impression d’espace et de luminosité prévaut. Ces grandes baies vitrées donnant sur le centre-ville peuvent faire croire au beau temps alors même qu’il pleut dehors. De l’extérieur, le bâtiment révèle sa véritable nature. On dirait le bout d’une flèche élastique. Un pseudo-triangle penché que traversent les plus grandes lignes des Pays-Bas. La journée commence en flèche, c’est le cas de le dire. Deux expositions au programme : l’une s’adresse à un public plus féminin ; l’autre, aux fans d’Ian Flemming. Immersion culturelle à Rotterdam, entre la mode et James Bond.

 

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A peine s’est-on enregistré au prestigieux Mainport Hotel que l’on se rend au Boijmans Museum pour l’ouverture de « The Future of Fashion is Now ». L’exposition est en cours d’installation ; ce qui ajoute au charme de la visite. Explications du conservateur qui accompagne les premiers venus dans leur découverte des modèles montrés. Cinq ans pour monter ce projet conçu comme le prolongement d’une manifestation qui conjuguait déjà l’art à la mode. Sa vocation ? Promouvoir les jeunes talents de notre génération, parmi lesquels le duo belge Viktor & Rolf, le Chypriote Hussein Chalayan et la Coréenne Rejina Pyo. Sur les cinquante créateurs représentés, six se sont vu passer commande exprès pour l’événement.

 

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Le parcours se découpe en quatre thèmes. Rien de plus pittoresque que de voir les techniciens coller les textes aux murs, scier du bois, peaufiner l’éclairage… Qu’importe si les légendes ne sont pas toutes fixées, dans la mesure où l’on a la chance d’avoir un guide vivant pour les compléter. Les deux avant-dernières salles sont probablement les plus impressionnantes. Baignée dans une lumière rouge vif, la première ressemble à une chambre de développement photo. L’espace mitoyen est, quant à lui, dominé par une espèce de colonne-étagère en bois dissimulant un reportage sur le monde de la mode. On y croise des mannequins de taille réduite, des poupées en porcelaine vêtues dans un style néo-gothique légèrement angoissant. Emprisonné derrière des barreaux diagonaux, un t-shirt parodie la célèbre réplique du peintre René Magritte, « Ceci n’est pas… un sweat ». Pourquoi ? Sûrement pour appuyer le caractère surréaliste de la scénographie. Pas un univers se ressemble, ce qui rend la visite d’autant plus trépidante.

 

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Dur de s’arracher à ce décor fantasque pour aller déjeuner. Cap sur le Kunsthal, juste à côté, où refroidissent des plats typiquement hollandais. Apparemment, les frites sont aux Pays-Bas ce que le pain est à la France. Pas de supplément : le cornet atterrit sur la table comme par magie. À l’heure du café, l’alarme est sonnée. Tous les clients se précipitent vers la porte d’entrée/sortie. Une tête blonde jaillit hors d’une Aston Martin bleu canard. La suit un homme au visage étrangement familier. Le couple s’avance lestement sur le tapis rouge déroulé à leur attention. Dans la famille 007, on voulait une James Bond girl et un méchant. Les voilà, en chair et en os, la magnifique Maryam d’Abo et le très charismatique Jeroen Krabbé, respectivement Kara Milovy et le Général Georgi Koskov dans Tuer n’est pas jouer (1987). Ambassadeurs de la saga policière la plus emblématique de tous les temps, les deux stars s’exposent aux projecteurs, flashs et questions, avant de s’immerger, les premiers, dans l’exposition commémorative « Designing 007 : Fifty Years of Bond Style ». En musique ! On se demande bien laquelle…

 

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Si la musique est un langage universel, il n’en va pas de même du néerlandais. On regrette que les légendes ne soient pas traduites. D’où l’intérêt d’être fan de James Bond. Aucune difficulté à identifier la machine à écrire d’Ian Flemming, l’auteur à qui l’agent 007 doit sa célébrité. À mi-parcours, une série de costumes contribue à la reconstitution d’une partie de poker, topos de la série. Forte de plusieurs oscars, la créatrice Lindy Hemming fait les cent pas le long de ses modèles, en quête de perfection. Vérifier les ourlets, gommer un pli, ôter une poussière que personne n’aurait certainement remarquée… autant de gestes trahissent une conscience professionnelle des plus aiguisées. Comme on aimerait se déguiser. À la sortie, on peut bien glisser sa tête dans un carton troué à hauteur de la tête de « Bond, James Bond » en vue d’une éventuelle séance photo.

 

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Ce souvenir en poche, on reprend la direction du Mainport Hotel, le seul et unique établissement à disposer d’une piscine, à Rotterdam. Impossible, par conséquent, de passer outre. De moindre profondeur, l’eau émet une chaleur revigorante après une journée de marche sous la pluie. Cocktail au restaurant du sous-sol, où le barman divulgue avec ostentation ses recettes. Un bateau à moteur attend sur le port. C’est le moment de jouer les agents secrets. On quitte la cabine du commandant de bord pour regagner l’arrière découvert de l’embarcation. Cheveux au vent, on ressent un immense sentiment de liberté. Le lendemain, il s’agira d’explorer Rotterdam, à qui Amsterdam ne volera pas encore longtemps la vedette.

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